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Vidéo de la conférence «La diversité des expressions culturelles en Amérique latine: défis actuels et futurs»

À l’occasion du 15e anniversaire de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, la Fédération a organisé le 20 octobre une conférence en ligne sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles en Amérique Latine.

Cette conférence s’est tenue dans le cadre de ResiliArt, un mouvement mondial initié par l’UNESCO pour renforcer la résilience des artistes et des professionnels de la culture face aux énormes défis posés par la crise sanitaire actuelle.

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Convention 2005 de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité des expressions culturelles organise une formation* en Amérique latine sur la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

*La formation aura lieu en espagnol.

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), la Commission allemande pour l’UNESCO, l’organisation Creatividad y Cultura Glocal, le réseau U40 et les coalitions chilienne et paraguayenne pour la diversité culturelle

INVITENT

Artistes, créateurs, producteurs indépendants, distributeurs, diffuseurs et éditeurs dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, des arts du spectacle et des arts visuels, professionnels de la culture des secteurs public et privé et organisations de la société civile en Amérique latine à participer au programme de formation en espagnol

« Convention 2005 de l’UNESCO pour la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain »

du 6 au 28 novembre 2020.

Le programme vise à mobiliser les réseaux culturels en Amérique latine et à atteindre les personnes qui font déjà le travail de la Convention 2005 de l’UNESCO dans leur région mais qui ne le savent peut-être pas. L’objectif est de leur donner des possibilités d’étendre leurs réseaux aux niveaux national et régional, de leur faire mieux comprendre les outils dont ils disposent pour défendre et promouvoir les expressions culturelles latino-américaines et leur diversité, d’accroître la visibilité et la portée de la FICDC en Amérique latine et de rapprocher la Convention des professionnels des secteurs public, privé ou de la société civile qui travaillent déjà ou veulent travailler dans le secteur culturel.

INSCRIPTION ET SÉLECTION :

– Le programme est gratuit et le nombre de places est limité.
– Vous pouvez vous inscrire en ligne: https://bit.ly/3cPYT0W
– La date limite de réception des demandes est fixée au 23 octobre 2020
– Les participants sélectionnés seront informés par courrier électronique le 30 octobre.

FORMAT DU PROGRAMME :

Cette formation en ligne comprend huit sessions au mois de novembre. La durée de chaque session est de 2 heures, soit un total de 16 heures pour le programme. 

PROGRAMME ET MODALITÉS

PAGE DE L’ÉVÉNEMENT EN ESPAGNOL

La diversité des expressions culturelles en Amérique latine : défis actuels et futurs

La FICDC organise une conférence virtuelle régionale* le 20 octobre de 11h à 12h30 (UTC-3) sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles en Amérique Latine. 

Cette conférence est organisée dans le cadre de ResiliArt, un mouvement mondial initié par l’UNESCO, qui vise à renforcer la résilience des artistes et des professionnels de la culture face aux énormes défis posés par la crise sanitaire actuelle.

*La conférence aura lieu en espagnol.

La FICDC souhaite profite du 15e anniversaire de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005 et de la Journée de la diversité culturelle au Chili pour sensibiliser, informer et mobiliser la société civile latino-américaine autour de la Convention.

La pandémie de coronavirus a eu un impact important sur les milieux culturels latino-américains. Les mesures de confinement liées à la pandémie ont gravement limité les capacités de création, de production et de distribution des expressions culturelles dans la région. Aujourd’hui, certains pays d’Amérique latine continuent de faire face à une situation sanitaire très instable, tandis que d’autres entament un processus de relance, qui promet d’être long et difficile pour la communauté créative. La crise a exacerbé les inégalités dans l’accès aux biens et services culturels. Elle a considérablement affaibli la situation professionnelle, sociale et économique de nombreux artistes et professionnels de la culture et a gravement affecté les écosystèmes culturels déjà fragiles des pays de la région. La crise a également entraîné des abus et des violations des droits culturels. Elle a finalement créé une situation très paradoxale : alors que les créateurs et les professionnels du secteur se sont retrouvés dans une situation économique dramatique, les géants du Web ont tiré d’énormes profits de la diffusion de contenus culturels en ligne.

L’objectif de la conférence est de présenter la Convention de 2005, ses clauses, ses principes, sa pertinence dans le contexte actuel de crise et les moyens de l’utiliser pour relever les défis auxquels sont confrontées les organisations culturelles de la région. La conférence s’adresse aux artistes, créateurs, professionnels de la culture et organisations de la société civile et devrait leur permettre de mieux connaître les outils dont ils disposent pour défendre et promouvoir les expressions culturelles latino-américaines. Elle vise également à stimuler la mobilisation au niveau local et régional, dans le cadre de réseaux existants tels que la FICDC, par la formation de coalitions nationales.

CONSULTER LE PROGRAMME (en espagnol)

La protection de la culture dans les accords commerciaux

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) a réalisé une série de vidéos sur la protection de la culture dans les accords commerciaux. 

Les vidéos reviennent sur l’histoire de la protection de la culture dans les accords de libre-échange, le défi de la clause de traitement national, le contenu et la portée de la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, le rôle de la société civile et l’enjeu du commerce numérique. Ces courtes vidéos (entre 2 et 7 min chacune) ont été réalisées à partir d’entretiens plus longs avec trois experts de ces questions : 

  • Solange Drouin, coprésidente de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ,
  • Véronique Guèvremont, professeure titulaire à la faculté de droit de l’Université Laval, Québec (Canada), et titulaire de la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles,
  • Peter Grant, avocat-conseil et ancien président du groupe du droit de la technologie, des communications et de la propriété intellectuelle chez McCarthy Tétrault.

Histoire

La clause de traitement national

La Convention de l’UNESCO de 2005

Le rôle de la société civile

L’enjeu du commerce numérique

 

Voir les versions longues

ENTRETIEN AVEC S. DROUIN

ENTRETIEN AVEC V. GUÈVREMONT

ENTRETIEN AVEC P. GRANT

 

La culture en temps de pandémie : un remède dont il faut prendre soin

Le 22 avril dernier, l’UNESCO organisait la première rencontre virtuelle des ministres de la Culture. La rencontre a duré plus de sept heures et a donné la parole à 130 ministres de tous les continents. L’équipe de la FICDC a assisté à cette rencontre qui lui a permis de bonifier son suivi des mesures en appui au secteur culturel, mais aussi d’identifier un certain nombre d’enjeux globaux et d’opportunités pour la culture en temps de pandémie.

  1. La reconnaissance de l’importance de la culture

La plupart des ministres ont souligné la contribution inestimable de la culture pour aider la population à traverser la crise. Plusieurs d’entre eux ont illustré la fonction sociale de la culture ou associé la culture à un droit:

  • La culture et l’art sont des outils puissants de lutte qui peuvent nous aider à surmonter le défi commun (Jordanie)
  • Le droit à la culture n’est pas un luxe, c’est un pilier pour nos économies et pour la réalisation des Objectifs de développement durable (Allemagne)
  • Nous expérimentons la thérapie par l’art, le livre, le sourire (Arménie)
  • La culture est le socle de la société (Pays-Bas)
  • La culture est un processus d’humanisation, dotée d’un pouvoir réparateur. La pandémie effraie, la culture saura nous sauver, en attendant un vaccin (Argentine)
  • La culture est un moyen de communication et de protection contre le stress. Il faut mettre en place des politiques publiques transversales pour faire de la culture un droit humain (Panama)
  • La culture est une forme de résistance (Bahreïn)
  • La culture est un bien commun, un droit pour les citoyens. Elle a un rôle de cohésion sociale. La crise démontre que la culture peut être une bouée de sauvetage. On doit reconnaître sa contribution au bien-être physique et mental (Espagne)

Plusieurs ministres ont insisté sur la contribution de la culture au développement durable, et même aux objectifs à l’horizon 2030 (Grèce, Liban, Espagne, Costa Rica, Allemagne), d’autres, comme Cuba ou l’Azerbaïdjan, perçoivent à travers cette crise une opportunité de renaissance de la création artistique et une large extension des pratiques artistiques et culturelles dans la société grâce à la diffusion et à la communication numérique.

  1. Une mobilisation importante pour la culture

Malgré les inégalités entre les divers pays, les appuis au secteur culturel sont très importants. Les mesures qui reviennent le plus souvent sont l’ajustement des contributions et des cotisations, le report des obligations (cotisations sociales, impôts), l’octroi de subventions salariales et de prêts, la réalisation de sondages et d’analyses d’impact, la mise en place de fonds d’urgence et même l’assistance alimentaire.

Le Mali voit dans la crise actuelle, malgré ses conséquences désastreuses, une opportunité d’aligner les politiques culturelles des pays africains sur les objectifs de la Charte de la renaissance culturelle africaine : « toute politique culturelle africaine doit nécessairement permettre aux peuples de s’épanouir pour assumer une responsabilité accrue dans leur propre développement ». D’autres pays, comme la Jamaïque, essaient d’encourager la transition de leur économie informelle vers l’économie formelle ce qui permettrait de mieux protéger les artistes et créateurs. Ailleurs, le mécénat apparaît comme une source de revenus réaliste pour le secteur culturel.

Parmi les nombreuses mesures énumérées par le Pérou, certaines mesures ciblent les peuples autochtones, en particulier ceux de l’Amazonie, pour les isoler de la pandémie tout en leur donnant accès à la culture. Les recommandations produites ont été traduites en vingt langues, une mesure similaire à celle mise en place au Mexique où les manuels sanitaires ont été traduits en soixante langues.

Une grande partie du secteur culturel, en particulier les sites patrimoniaux, les festivals et les musées, dépend du tourisme, qui a un impact majeur sur la fréquentation et l’affluence du public. Si la crise affecte le secteur culturel même dans les pays où aucun cas n’a été déclaré, comme le Lesotho ou les Îles Cook, c’est parce que le tourisme a été complètement foudroyé par la pandémie. Plusieurs ministres ont d’ailleurs davantage insisté sur ce secteur que sur le secteur culturel. Certains pays veulent miser sur le tourisme national, mais cela n’est pas à la portée de tous. D’autres, comme le Kazakhstan, où l’agence de tourisme nationale organise des visites virtuelles du pays, misent sur le numérique pour demeurer une destination attrayante.

  1. Vers une explosion des plateformes et de l’offre en ligne?

Il semble que dans toutes les régions du monde, des dizaines de plateformes sont en train de voir le jour grâce à l’appui des gouvernements et des institutions publiques. De nombreuses mesures ont ainsi été mises en place pour donner virtuellement accès aux musées, bibliothèques, sites patrimoniaux et galeries tandis que d’autres plateformes permettent d’accéder aux expressions culturelles.

En Azerbaïdjan, par exemple, les mesures adoptées ont permis de réorienter 80% des activités culturelles vers l’Internet, y compris la diffusion sur les médias sociaux. Après la crise, l’un des défis sera de faire en sorte que la culture ne soit pas confinée à la sphère virtuelle. Pour la ministre du Bahreïn, il faut saisir l’opportunité pour promouvoir la réalité virtuelle, les découvertes archéologiques, l’accès au patrimoine immatériel et la musique en ligne.

  1. La pandémie risque d’accroître les inégalités mondiales

Audrey Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO, l’a souligné en tout début de rencontre : les inégalités, déjà importantes, risquent de se creuser encore davantage à la faveur de la pandémie.

La ministre de la Dominique a indiqué que son pays se remet à peine des conséquences de l’ouragan Maria qui a provoqué une chute de 226% du PIB. D’autres pays, comme le Mozambique, qui a été frappé par deux cyclone l’an dernier, ou encore le Lesotho, aimeraient développer une offre de contenus en ligne qui respecte le droit d’auteur, mais auraient besoin de l’aide de partenaires internationaux.

Le besoin vital d’accélérer la transition numérique met en évidence des fractures numériques qui vont aggraver les inégalités entre les pays, mais aussi à l’intérieur des territoires. La ministre chilienne a souligné que plusieurs communautés dans son pays n’ont pas accès à l’Internet et c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays. Plusieurs autres pays ont fait état d’un déficit de formation et de compétences techniques et des difficultés rencontrées par des groupes plus vulnérables (migrants, autochtones, femmes).

  1. Un appel à la coopération internationale

De nombreux pays ont lancé un appel pour la constitution d’un appui international conséquent. Le ministre soudanais a expliqué que les pays en développement allouent déjà peu de ressource à la culture en temps normal. Actuellement, la lutte contre le virus prend tout l’espace. Le ministre tchadien a évoqué la « concurrence des urgences » dans son pays qui, comme d’autres du Sahel, est rattrapé par les problèmes de terrorisme.

Les réponses ont été moins nombreuses. L’Allemagne se distingue par le développement de partenariats en Afrique et au Moyen-Orient pour des projets culturels et le développement de plateformes numériques par l’Institut Goethe. Sa ministre a ajouté qu’aucun pays n’était seul face à ces défis et que ces approches étaient une source d’apprentissage pour eux. Le ministre de San Marino a proposé, pour sa part, de concrétiser la coopération entre les États en encourageant la circulation des œuvres d’art.

  1. Un appel à faire contribuer les géants du Web

Dans son introduction, Audrey Azoulay a suggéré d’intégrer les plateformes qui diffusent les expressions culturelles via Internet dans les politiques et mécanismes de financement de la culture. Mais assez peu de ministres ont fait référence à ce genre de mesure.

Les ministres du Canada et du Québec ont été les seuls à lancer cet appel aussi clairement. Le ministre canadien veut adopter des mesures pour que l’ensemble des joueurs contribuent aux écosystèmes culturels nationaux. La ministre québécoise souhaite que les entreprises multinationales contribuent au système, en favorisant notamment la découvrabilité des contenus, et que les créateurs retirent une meilleure part des bénéfices.

Les ministres du Liban et de la Belgique ont insisté sur l’importance des droits de propriété intellectuelle et de la juste rémunération des artistes sur les plateformes en ligne.

  1. Quel rôle pour l’UNESCO?

La ministre algérienne a souligné que la culture est devenue l’un des rares espaces de collaboration entre les États et que le rôle de l’UNESCO est de favoriser les échanges, de mettre en place des mécanismes d’entraide internationale et de développer des plateformes numériques pour favoriser l’accès au patrimoine et à la culture.

La ministre des Émirats-Arabes-Unis a proposé de son côté que l’UNESCO élabore un modèle pour la protection de la propriété intellectuelle dans le contexte de la transition numérique.

Enfin d’autres ont appelé l’UNESCO à documenter les impacts de la Covid-19 sur la culture.

Quelles perspectives pour la diversité des expressions culturelles?

Des enjeux très importants ont été soulevés lors de cette longue rencontre et il faut applaudir les efforts de l’UNESCO pour soutenir un espace mondial d’échange et de réflexion.  L’initiative ResiliArt est à ce titre tout à fait pertinente et la FICDC est très heureuse de collaborer avec l’UNESCO pour l’organisation d’un 2e débat qui aura lieu le 14 mai.

Cette discussion fait ressortir au moins deux urgences pour appuyer une relance des activités culturelles qui soit durable, plus équitable, et qui assure une diversité d’expressions. D’abord, celle de repenser la coopération culturelle à un moment où la crise sanitaire exerce une pression sur les ressources déjà ténues dans ce domaine et où les restrictions à la mobilité pourraient durer longtemps. Ensuite, celle de garantir la contribution des géants du Web aux écosystèmes culturels afin de générer de nouvelles sources de revenus et de mise en valeur des expressions culturelles locales.

Pour que la culture réalise son potentiel dans la réponse à la pandémie de Covid-19

Alors que le monde est aujourd’hui confronté à la pandémie de COVID-19 et, demain, à la nécessité de reconstruire nos sociétés, la culture doit être au coeur de la réponse. La culture apporte l’inspiration, le réconfort et l’espoir dans la vie des gens. Pour maximiser ce potentiel, le mouvement Culture2030Goal, engagé dans l’agenda 2030 des Nations Unies, appelle les agences de l’ONU, les gouvernements et toutes les autres parties prenantes à agir.

LIRE LA DÉCLARATION

La culture dans la mise en oeuvre de l’agenda 2030

Quatre ans après l’adoption de l’Agenda 2030 des Nations Unies, un nouveau rapport, coordonné par le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) et Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), avec le soutien de diverses organisations, dont la FICDC, examine les progrès réalisés pour assurer la place de la culture au cœur des politiques de développement.

Grâce à une analyse exhaustive des examens nationaux volontaires (des pays) et des examens locaux volontaires (des villes), il met en lumière d’excellents exemples de gouvernements qui accordent à la culture l’attention qu’elle mérite.

Il souligne cependant que le défi consiste maintenant à généraliser cette bonne pratique. cette fin, le rapport formule un certain nombre de recommandations tant au secteur culturel lui-même qu’aux États membres. En tête de liste se trouve une campagne revitalisée – #culture2030goal. À surveiller !

LIRE LE RÉSUMÉ EXÉCUTIF

 

Journée mondiale de la diversité culturelle

Chaque année le 21 mai, la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement célèbre la richesse des cultures du monde et le rôle essentiel du dialogue interculturel.

La diversité culturelle est une force motrice du développement, un moyen de mener une vie intellectuelle, affective, morale et spirituelle satisfaisante. Elle est nécessaire à l’épanouissement des individus.

L’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré cette Journée mondiale en 2002, à la suite de l’adoption par l’UNESCO en 2001 de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle, reconnaissant la nécessité de « renforcer le potentiel de la culture comme un moyen d’atteindre la prospérité, le développement durable et une coexistence mondiale dans la paix. »

« La Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement est une occasion de promouvoir la culture et de mettre en évidence l’importance de sa diversité, comme un vecteur d’inclusion et de changement constructifs. Cette journée est une opportunité pour célébrer les multiples formes de la culture, matérielles  et immatérielles, des industries créatives à la diversité des expressions culturelles, et de réfléchir sur la façon dont celles-ci contribuent au dialogue, à la compréhension mutuelle, et aux vecteurs sociaux, environnementaux et économiques de développement durable. »

Source : UNESCO

Rapport 2019 de la FICDC sur les activités de la société civile

Les membres de la FICDC ont participé activement à l’élaboration du rapport des organisations de la société civile, déposé en décembre 2017. À l’occasion, un questionnaire avait permis de recueillir les contributions d’environ 70 organisations de la société civile au cours de l’automne 2017.

À peine un an plus tard, la FICDC considère que ce rapport est toujours pertinent. Par ailleurs, la FICDC ayant adopté lors du congrès de Montréal en octobre 2018 un plan d’action ambitieux, et compte tenu des échéanciers serrés pour la production du rapport 2019, le présent rapport se veut complémentaire au rapport de 2017 et vise à compléter les recommandations déjà formulées plutôt que de s’y substituer.

Il convient également de noter qu’à ce jour, il n’y a pas eu de réponse officielle aux treize recommandations clés du premier rapport. Il n’y a pas non plus de processus en place pour la rétroaction des parties, ce sur quoi nous reviendrons plus loin.

Dans ce rapport de la FICDC, nous nous concentrerons sur des sujets qui n’ont pas fait l’objet de recommandations spécifiques dans le rapport de 2017. Nous revisiterons également les recommandations du rapport de 2017 sur les sujets qui sont prioritaires pour la FICDC et ses membres.

LIRE LE RAPPORT

Culture, machines et plateformes : l’intelligence artificielle et son impact sur la diversité des expressions culturelles

Rapport de M. Kulesz en vue de la 12ème session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

L’intelligence artificielle (IA) peut stimuler de nombreux créateurs, améliorer l’efficience des industries culturelles et accroître le nombre des œuvres d’art, ce qui est dans l’intérêt du public.

Cependant, très peu d’artistes et d’entrepreneurs sont aujourd’hui familiarisés avec l’utilisation d’outils tels que l’apprentissage automatique. En outre, la logique commerciale des grandes plateformes pourrait conduire à une concentration accrue de l’offre, des données et des revenus et, à long terme, à un appauvrissement des expressions culturelles.

Dans l’univers de la technologie dominé par les États-Unis et la Chine et, dans une moindre mesure, par l’Europe, Israël, le Canada, le Japon et la République de Corée, le risque est grand de voir apparaître une nouvelle fracture créative, qui contribuerait à renforcer le retard des pays en développement.

L’absence de prise en compte de la culture dans les stratégies nationales en matière d’IA –aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux du Sud –pourrait aboutir à priver certains pays d’expressions culturelles propres, ce qui ultimement porterait atteinte au tissu social.

Il est donc essentiel de développer des stratégies qui ne se limitent pas à l’élaboration de codes d’éthique abstraits et de concevoir des politiques publiques capables d’assurer que les systèmes IA –et les acteurs qui exploitent ces systèmes –sont auditables et responsables.

Loin de se contenter d’un rôle subalterne dans les discussions sur l’IA, le secteur créatif devrait exiger plus vigoureusement que soit reconnue sa place dans ces discussions.

LIRE LE RAPPORT

5ème Congrès de la FICDC

La FICDC s’est réunie à Montréal pour son cinquième congrès international, les 26 et 27 octobre 2018.

Fondée le 19 septembre 2007 à Séville, en Espagne, la FICDC est la voix des professionnels de la culture à travers le monde. Ses coalitions membres représentent les créateurs, les artistes, les producteurs indépendants, les distributeurs, les radiodiffuseurs et les éditeurs dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, du spectacle vivant et des arts visuels.

Depuis sa fondation à Séville, la Fédération a réuni son congrès international à Salvador de Bahia (Brésil) en 2009, Bratislava (Slovaquie) en 2012, Mons (Belgique) en 2015. Cette année, c’est le Canada qui a accueilli l’événement réunissant dix-huit délégués sur place et quatre à distance. Dix-neuf pays étaient représentés : Cameroun, Gabon, Mali, Niger, Ouganda, Sénégal, Tchad, Togo (Afrique), Argentine, Canada, Chili, Mexique, Paraguay (Amériques), Australie (Asie-Pacifique), Belgique, France, Royaume-Uni, Slovaquie, Suisse (Europe).

Ce qu’il faut retenir du Congrès de Montréal

La FICDC avait connu un ralentissement de son activité depuis le Congrès de Mons en 2015, son secrétariat ayant été vacant pendant presque deux ans. Organisé pour relancer les travaux de la FICDC, le Congrès de Montréal a permis de dégager de nombreuses pistes de réflexions et axes de travail pour les années à venir.

Au cours de la première journée, les membres de la FICDC ont évoqué la composition de l’organisation, ses moyens d’action, les possibilités de soutien aux coalitions nationales et leur nécessaire remobilisation au niveau régional autour d’actions ciblées. Ils ont aussi exprimé leur souhait de rebâtir la relation avec le secrétariat de l’Unesco et de s’investir dans les activités entourant la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Lors d’un tour de table, chacun a présenté les enjeux de la diversité culturelle dans son pays, les évolutions depuis la ratification de la Convention de l’Unesco, les avancées, les blocages, et la situation actuelle de chaque coalition.

L’Amérique du Sud, particulièrement mobilisée au moment de l’adoption de la Convention, a connu des changements politiques qui ont marqué le secteur culturel et affaibli les coalitions en place au cours des dernières années. Le manque de ressources complique la coordination entre les organisations de la société civile dans le domaine de la culture. Néanmoins, les membres de la FICDC saisissent chacune des opportunités qui se présentent pour participer aux révisions des lois, ou pour instaurer, comme au Chili, une journée nationale de la diversité culturelle.

En Afrique, la situation est aussi très liée au contexte politique de chaque pays. Pour plusieurs, l’enjeu est de dépolitiser la culture. Il y a un manque de moyens dans la région mais aussi un problème de gestion des fonds, qui ne sont pas toujours alloués à bon escient. Les échanges ont aussi permis de constater que la Convention est largement méconnue dans la plupart des pays et que les gouvernements doivent être sensibilisés à l’importance des clauses d’exemption culturelle dans les traités de commerce.

La situation de l’Asie-Pacifique, faiblement représentée lors de ce congrès, a permis d’exposer la problématique liée aux régimes autoritaires et aux enjeux de liberté d’expression qui touchent de nombreux artistes. L’enjeu territorial et linguistique rend l’action commune difficile mais plusieurs organisations maintiennent un dynamisme   et une activité certaine dans leur pays.

En Europe, l’accent est mis sur un renforcement des coalitions nationales pour une meilleure action en réseau. Comme au Canada, le développement du numérique et son impact sur la culture sont au cœur des préoccupations. Les coalitions se mobilisent aussi pour la reconnaissance de la spécificité des biens et services culturels dans les accords de commerce.

Un dialogue avec des représentants des  gouvernements du Québec et du Canada

Le congrès s’est poursuivi en présence de représentants des gouvernements canadien et québécois, venus rencontrer les membres de la FICDC.

Le gouvernement du Québec a identifié trois grandes priorités concernant la diversité des expressions culturelles : la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO dans le cadre du numérique, les enjeux du commerce international,  et la coopération internationale, notamment via le Fonds international pour la diversité culturelle (FICD) de l’UNESCO.

La présence de représentants du gouvernement canadien a ouvert une discussion sur le maintien de l’exemption culturelle dans le nouvel accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada. La déclaration France-Canada sur la diversité culturelle et l’espace numérique a aussi été évoquée.

L’échange a permis de souligner que l’appui des gouvernements à la CDEC et au travail de la FICDC est précieux et extrêmement bénéfique pour l’ensemble des organisations à travers le monde, et devrait être un exemple à être suivi dans les autres pays.

Enfin, cet échange a aussi été l’occasion de discuter de la mobilité des artistes et des moyens à mettre en œuvre pour améliorer leur circulation.

Le travail avec les milieux de la recherche

Des chercheurs ont été invités à se joindre aux délégués pour alimenter leur réflexion au cours de la deuxième journée du congrès. Véronique Guèvremont, de la Chaire Unesco sur la diversité des expressions culturelles, a présenté l’Étude sur la coopération internationale avec les pays africains francophones en vue de mettre en œuvre la Convention sur la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique, commandée par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec et menée dans cinq pays d’Afrique : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal.

Destiny Tchéhouali, chercheur au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM – Université du Québec à Montréal) a ensuite abordé ses travaux avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, en lien avec la gouvernance internationale d’Internet et la diversité des expressions culturelles à l’ère numérique.

La discussion s’est poursuivie sur l’importance d’une collaboration avec les chercheurs, notamment sur le partage de l’information (données statistiques, rapports nationaux) et les ponts à établir entre la FICDC et les différentes chaires de l’UNESCO, le milieu universitaire et des réseaux comme le Réseau international de juristes pour la diversité des expressions culturelles.

Les membres de la FICDC ont ensuite synthétisé leurs priorités et défini plusieurs axes de travail et projets pour l’année 2018-2019.

Le Congrès s’est clos par l’élection du conseil d’administration qui a maintenu les instances actuelles pour mieux préparer l’avenir. Le prochain Congrès de la FICDC se tiendra dans un pays africain à l’automne 2019.

Étude sur la coopération internationale avec les pays africains francophones

Étude sur la coopération internationale avec les pays africains francophones en vue de mettre en oeuvre la Convention sur la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique

Cette étude réalisée par la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles est le fruit d’un travail collectif. Six étudiants associés à la Chaire ont réalisé des recherches approfondies sur les cinq pays visés par l’étude : Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal. Cette recherche a été réalisée sous la direction de Véronique Guèvremont (Professeure à la Faculté de droit de l’Université Laval et Titulaire de la Chaire) et d’Ivana Otašević (Doctorante à la Faculté de droit de l’Université Laval et Directrice adjointe de la Chaire). Elle a été complétée par une quarantaine d’entrevues avec des experts africains ou détenant une connaissance poussée du contexte culturel africain.

Tel qu’énoncé dans le Plan culturel numérique du Québec, les objectifs de cette étude sont les suivants :

  • alimenter la réflexion sur les enjeux de la coopération internationale liés au numérique; de documenter les répercussions des technologies numériques sur la diversité des expressions culturelles, plus particulièrement dans les pays du Sud,
  • alimenter la réflexion sur la fracture numérique dans les pays de l’espace francophone africain et définir des priorités d’action en vue de la coopération pour le développement,
  • répondre favorablement aux engagements du Québec en matière de coopération pour le développement, qui sont inclus dans l’article 14 de la Convention de 20059

Sur la base d’échanges menés avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec et le Ministère des Relations internationales et de la Francophonie, il a été convenu que l’étude viserait principalement cinq pays de l’Afrique francophone, soit le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal.

L’étude se divise en trois parties. Dans un premier temps, elle présente un état des lieux des les cinq pays visés et identifie les principales contraintes ou difficultés rencontrées par ces derniers pour mettre en œuvre la Convention de 2005 dans l’environnement numérique (Partie I). Dans un deuxième temps, elle répertorie trente-­cinq exemples de projets novateurs de coopération culturelle fondés sur l’usage des technologies numériques et impliquant, d’une part, des pays développés et, d’autre part, au moins l’un des cinq pays visés, ou encore d’autres pays du continent africain (Partie II). Enfin, cette étude formule dix recommandations en vue de guider les actions du Gouvernement du Québec, mais également d’autres Parties à la Convention de 2005, en matière de coopération culturelle internationale dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention de 2005 dans l’environnement numérique (Partie III).

LIRE L’ÉTUDE

Directives opérationnelles sur la mise en oeuvre de la Convention dans l’environnement numérique

Directives opérationnelles sur la mise en oeuvre de la Convention
dans l’environnement numérique approuvées par la Conférence des Parties lors de sa sixième session (Paris, 12-15 juin 2017)

Les présentes directives offrent un cadre stratégique pour la compréhension, l’interprétation et la mise en oeuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, dans un environnement numérique où les biens et services culturels sont créés, produits, distribués, diffusés, consommés et/ou stockés par voie électronique.

La nature spécifique des activités, biens et services culturels en tant que porteurs d’identité, de valeurs et de sens reste la même dans l’environnement numérique. Par conséquent, la reconnaissance de la double nature (culturelle et économique) des biens et services culturels vaut également pour les expressions culturelles dans l’environnement numérique ou celles produites au moyen d’outils numériques.

L’expansion accélérée des réseaux sociaux et des contenus générés par les utilisateurs, l’explosion des données, la complexification des modèles de distribution et la prolifération des appareils multimédia connectés à la disposition des utilisateurs ont eu un immense impact sur le secteur de la création partout dans le monde. Les évolutions technologiques ont également mené à l’émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles logiques et continueront d’engendrer de nouveaux défis ainsi que de nouvelles opportunités de promotion de la diversité des expressions culturelles et, en particulier, d’élaboration des politiques publiques pertinentes.

Rappelant que la neutralité technologique est affirmée en tant que principe dans la Convention, les présentes directives doivent être interprétées et appliquées en relation avec la Convention dans son ensemble, assurant ainsi la promotion d’une approche transversale de la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique. Elles complètent toutes les dispositions pertinentes de la Convention ainsi que les directives déjà en vigueur faisant référence au numérique et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

LIRE LES DIRECTIVES

Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

La Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est entrée en vigueur le 18 mars 2007

La Convention

  • Reconnaît la nature spécifique des biens et services culturels en tant que porteurs d’identité, de valeurs et de sens;
  • Réaffirme le droit souverain des États d’élaborer des politiques culturelles, tout en assurant la libre circulation des idées et des œuvres;
  • Redéfinit de nouvelles modalités de la coopération internationale, clef de voûte de la Convention.
  • Vise à créer les conditions permettant aux cultures de s’épanouir et d’interagir librement de manière à s’enrichir mutuellement;
  • Accorde un rôle majeur à la société civile dans la mise en œuvre de la Convention.

Les États Parties qui ont ratifié la Convention

  • S’efforcent d’une part de favoriser et promouvoir la création, la production, la diffusion et la distribution des expressions culturelles, et, d’autre part, de garantir l’accès pour leurs citoyens aux diverses expressions culturelles de leur territoire ainsi qu’à celles des autres pays du monde;
  • Reconnaissent le rôle fondamental de la société civile en encourageant une participation active de celle-ci aux efforts des Parties pour atteindre les objectifs de la Convention (article 11);
  • Respectent leur engagement et agissent avec cohérence lors de la signature de nouveaux accords de libre-échange (Articles 20 et 21);
  • Veillent au partage de l’information et à la transparence en fournissant, dans leurs rapports à l’UNESCO, l’information appropriée sur les mesures prises en vue de protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles;
  • Favorisent la compréhension du public sur l’importance de la diversité des expressions culturelles par le biais de programmes d’éducation et de sensibilisation;
  • Intègrent la culture dans le développement durable et renforcent la coopération internationale en faveur des pays en développement à travers plusieurs moyens, par exemple : le renforcement de leurs industries culturelles, le renforcement de leurs capacités dans l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques culturelles, le transfert de technologies, le soutien financier, et le traitement préférentiel de leurs artistes et autres professionnels de la culture ainsi que de leurs biens et services culturels.

Les organes de suivi de la Convention

  • La Conférence des Parties, composée des États signataires, est l’organe souverain et plénier de la Convention. Les États sont tenus de se réunir tous les deux ans. En juin 2007, La Conférence des Parties a eu lieu pour la première fois à Paris après l’entrée en vigueur de la Convention le 18 mars 2007. Cette Conférence a notamment permis de désigner le Comité intergouvernemental de la Convention composé de 24 délégués. La prochaine Conférence se tiendra en mars 2009.
  • Le Comité intergouvernemental a la charge de promouvoir les objectifs de la Convention ainsi que d’encourager et d’assurer le suivi de sa mise en oeuvre dans un esprit de transparence et de vigilance. En décembre 2007, le Comité s’est réuni pour la première fois à Ottawa marquant le coup d’envoi de la mise en œuvre de la Convention. Quatre réunions ont suivi au cours desquelles le Comité s’est penché sur les deux objectifs majeurs de la Convention, à savoir la coopération internationale en faveur des pays en développement et l’implication de la société civile dans le processus de mise en œuvre de la Convention.

À ce jour, 145 États membres de l’UNESCO ont ratifié la Convention.

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