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Plateformes numériques et accords commerciaux en Asie: des enjeux en matière de culture et de régulation

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le rapport de décembre se concentre d’abord sur le Partenariat économique régional global (Regional Comprehensive Economic Partnership) signé par la Chine, le Japon et 13 autres pays d’Asie et du Pacifique. Il se penche ensuite sur les initiatives déployées par le gouvernement indien afin d’imposer de nouvelles réglementations aux plateformes numériques. Puis, il met en lumière les nouvelles lignes directrices que la Chine entend adopter pour réguler l’action de ses grandes entreprises d’Internet. Enfin, le rapport traite de Disney Plus et de son lancement en Amérique latine.

LIRE LE RAPPORT

 

Vidéo de la conférence «La diversité des expressions culturelles en Amérique latine: défis actuels et futurs»

À l’occasion du 15e anniversaire de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, la Fédération a organisé le 20 octobre une conférence en ligne sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles en Amérique Latine.

Cette conférence s’est tenue dans le cadre de ResiliArt, un mouvement mondial initié par l’UNESCO pour renforcer la résilience des artistes et des professionnels de la culture face aux énormes défis posés par la crise sanitaire actuelle.

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Plateformes numériques, cultures et enjeux de régulation en Afrique

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le rapport de novembre analyse d’abord les nouvelles propositions sur la réglementation des plateformes en ligne élaborées par l’Afrique du Sud. Ensuite, il se penche sur les nouvelles stratégies menées par Netflix sur le continent africain et la place des concurrents numériques régionaux. Puis, il met en évidence un lien dans les stratégies de Netflix en Inde et dans plusieurs pays africains. En plus, le rapport met l’accent sur les préoccupations exprimées par des groupes d’entreprises concernant la nouvelle législation sur la fiscalité numérique au Mexique. Enfin, il s’agit de présenter un état des lieux des discussions liées à l’élaboration de trois instruments internationaux : une recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle au sein de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ; les négociations sur le commerce électronique au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ; et les négociations sur la fiscalité numérique au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

LIRE LE NUMÉRO DE NOVEMBRE

Règles du jeu équitables dans le marché numérique: un enjeu transnational

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le rapport d’octobre revient sur les discussions autour du nouveau code de conduite australien pour les plateformes en ligne, en se concentrant sur de nombreuses préoccupations exprimées par des plateformes numériques. En outre, il s’agit d’analyser la confrontation politique entre les plateformes numériques mondiales, les autorités publiques et les créateurs de contenu dans d’autres contextes nationaux. Enfin, le rapport met en lumière à la fois les débats au sein de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) concernant la taxe sur les services numériques et les négociations bilatérales en cours entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

LIRE LE NUMÉRO D’OCTOBRE

Convention 2005 de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité des expressions culturelles organise une formation* en Amérique latine sur la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

*La formation aura lieu en espagnol.

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), la Commission allemande pour l’UNESCO, l’organisation Creatividad y Cultura Glocal, le réseau U40 et les coalitions chilienne et paraguayenne pour la diversité culturelle

INVITENT

Artistes, créateurs, producteurs indépendants, distributeurs, diffuseurs et éditeurs dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, des arts du spectacle et des arts visuels, professionnels de la culture des secteurs public et privé et organisations de la société civile en Amérique latine à participer au programme de formation en espagnol

« Convention 2005 de l’UNESCO pour la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain »

du 6 au 28 novembre 2020.

Le programme vise à mobiliser les réseaux culturels en Amérique latine et à atteindre les personnes qui font déjà le travail de la Convention 2005 de l’UNESCO dans leur région mais qui ne le savent peut-être pas. L’objectif est de leur donner des possibilités d’étendre leurs réseaux aux niveaux national et régional, de leur faire mieux comprendre les outils dont ils disposent pour défendre et promouvoir les expressions culturelles latino-américaines et leur diversité, d’accroître la visibilité et la portée de la FICDC en Amérique latine et de rapprocher la Convention des professionnels des secteurs public, privé ou de la société civile qui travaillent déjà ou veulent travailler dans le secteur culturel.

INSCRIPTION ET SÉLECTION :

– Le programme est gratuit et le nombre de places est limité.
– Vous pouvez vous inscrire en ligne: https://bit.ly/3cPYT0W
– La date limite de réception des demandes est fixée au 23 octobre 2020
– Les participants sélectionnés seront informés par courrier électronique le 30 octobre.

FORMAT DU PROGRAMME :

Cette formation en ligne comprend huit sessions au mois de novembre. La durée de chaque session est de 2 heures, soit un total de 16 heures pour le programme. 

PROGRAMME ET MODALITÉS

PAGE DE L’ÉVÉNEMENT EN ESPAGNOL

La diversité des expressions culturelles en Amérique latine : défis actuels et futurs

La FICDC organise une conférence virtuelle régionale* le 20 octobre de 11h à 12h30 (UTC-3) sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles en Amérique Latine. 

Cette conférence est organisée dans le cadre de ResiliArt, un mouvement mondial initié par l’UNESCO, qui vise à renforcer la résilience des artistes et des professionnels de la culture face aux énormes défis posés par la crise sanitaire actuelle.

*La conférence aura lieu en espagnol.

La FICDC souhaite profite du 15e anniversaire de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005 et de la Journée de la diversité culturelle au Chili pour sensibiliser, informer et mobiliser la société civile latino-américaine autour de la Convention.

La pandémie de coronavirus a eu un impact important sur les milieux culturels latino-américains. Les mesures de confinement liées à la pandémie ont gravement limité les capacités de création, de production et de distribution des expressions culturelles dans la région. Aujourd’hui, certains pays d’Amérique latine continuent de faire face à une situation sanitaire très instable, tandis que d’autres entament un processus de relance, qui promet d’être long et difficile pour la communauté créative. La crise a exacerbé les inégalités dans l’accès aux biens et services culturels. Elle a considérablement affaibli la situation professionnelle, sociale et économique de nombreux artistes et professionnels de la culture et a gravement affecté les écosystèmes culturels déjà fragiles des pays de la région. La crise a également entraîné des abus et des violations des droits culturels. Elle a finalement créé une situation très paradoxale : alors que les créateurs et les professionnels du secteur se sont retrouvés dans une situation économique dramatique, les géants du Web ont tiré d’énormes profits de la diffusion de contenus culturels en ligne.

L’objectif de la conférence est de présenter la Convention de 2005, ses clauses, ses principes, sa pertinence dans le contexte actuel de crise et les moyens de l’utiliser pour relever les défis auxquels sont confrontées les organisations culturelles de la région. La conférence s’adresse aux artistes, créateurs, professionnels de la culture et organisations de la société civile et devrait leur permettre de mieux connaître les outils dont ils disposent pour défendre et promouvoir les expressions culturelles latino-américaines. Elle vise également à stimuler la mobilisation au niveau local et régional, dans le cadre de réseaux existants tels que la FICDC, par la formation de coalitions nationales.

CONSULTER LE PROGRAMME (en espagnol)

Bataille mondiale pour une taxation numérique et des règles du jeu équitables

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le rapport de septembre se penche sur six questions interreliées: (1) les discussions sur le nouveau code de conduite australien pour les plateformes numériques ; (2) des discussions en Europe autour de la position dominante de Google et de Facebook ; (3) la confrontation politique entre l’administration des États-Unis et plusieurs gouvernements nationaux concernant l’adoption de taxes sur les services numériques ; (4) l’accord pour l’économie numérique entre l’Australie et Singapour, ainsi que (5) les négociations commerciales entre le Japon et le Royaume-Uni. (6) Enfin, Jérôme Pacouret, chercheur à l’Université du Québec à Montréal, nous livre une analyse sur le Brexit et les perspectives des acteurs culturels britanniques, en se penchant sur le droit d’auteur et le programme Europe Créative.   

LIRE LE NUMÉRO DE SEPTEMBRE

Vidéo de l’événement « La culture, un accélérateur sous-utilisé »

Les partenaires de la campagne #ObjectifCulture2030 publient aujourd’hui une vidéo soulignant pourquoi – et comment – la culture devrait être intégrée à la fois dans les stratégies de relance post-pandémie à court terme, et dans les stratégies de développement à long terme. La vidéo reprend les moments forts de la rencontre « La culture – un accélérateur sous-utilisé ? Réaliser le potentiel de la culture pour un développement durable à court et à long terme », qui s’est tenue le 13 juillet 2020 dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies 2020 (HLPF2020) réunissant des représentants de haut niveau des Nations unies et de ses agences, ainsi que des grands réseaux culturels.

VOIR LA VIDÉO

LIRE LE COMMUNIQUÉ (en anglais)

La culture : Un accélérateur sous-utilisé ?

Le 20 avril 2020, les partenaires de la campagne #ObjectifCulture2030 ont publié une déclaration sur la culture et la pandémie COVID-19. Signé par huit réseaux culturels internationaux, la déclaration est encadrée par notre engagement dans l’Agenda 2030 et la nécessité de garantir la culture est au coeur de la Décennie d’action des Nations Unies pour les ODD.

Intitulée « Garantir que la culture réalise son potentiel dans la réponse à la pandémie COVID-19 », le préambule de la déclaration explique :
« Alors que le monde est aujourd’hui confronté à la pandémie de COVID-19 et, demain, à la nécessité de reconstruire nos sociétés, la culture doit être au coeur de la réponse. La culture apporte l’inspiration, le réconfort et l’espoir dans la vie des gens. Pour maximiser ce potentiel, le mouvement ObjectifCulture2030, engagé dans l’agenda 2030 des Nations Unies, appelle les agences de l’ONU, les gouvernements et toutes les autres parties prenantes à agir. »

La déclaration a obtenu le soutien du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Son Excellence M. Tijjani Muhammad-Bande. Voir le communiqué de presse.

Le lancement officiel de la déclaration a eu lieu le 21 mai 2020 (17h00-18h00 CEST) qui était la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. Cette date illustre l’engagement de la campagne en faveur de la réalisation de l’Agenda 2030 et la nécessité de garantir que la culture soit au cœur de la Décennie d’action des Nations unies pour les objectifs de développement durable. Consultez la note conceptuelle de la réunion (en anglais) pour plus d’informations.

La déclaration fera l’objet d’un événement intitulé « La culture – un accélérateur sous-utilisé ? Réaliser le potentiel de la culture pour un développement durable à court et à long terme » et organisé dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies 2020 (HLPF2020) le 13 juillet prochain.

VOIR LE PROGRAMME

Gouverner le commerce numérique mondial à l’ère de la pandémie de la COVID-19

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le sixième numéro se penche sur six questions internationales interreliées: (1) les négociations plurilatérales sur le commerce électronique ; (2) les efforts de la part de puissantes associations professionnelles pour promouvoir de nouvelles normes dans le commerce numérique ; (3) la confrontation politique entre l’administration des États-Unis et plusieurs gouvernements nationaux concernant l’adoption de taxes sur les services numériques ; (4) les négociations multilatérales sur la taxation numérique ; (5) l’accord de partenariat pour l’économie numérique entre la Nouvelle-Zélande, le Chili et Singapour, ainsi que (6) les négociations commerciales entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

LIRE LE NUMÉRO 6

 

Plateformes numériques globales, les acteurs gagnants du grand confinement ? Le cas de l’industrie de la musique

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le cinquième numéro analyse les effets du grand confinement sur les stratégies des plateformes numériques dans l’industrie de la musique.

LIRE LE NUMÉRO 5

Plateformes numériques et culture : les acteurs gagnants du grand confinement ?

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le quatrième numéro examine comment les mesures de confinement ont renforcé le pouvoir des plateformes de vidéo à la demande sur le marché culturel mondial.

LIRE LE NUMÉRO 4

La protection de la culture dans les accords commerciaux

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) a réalisé une série de vidéos sur la protection de la culture dans les accords commerciaux. 

Les vidéos reviennent sur l’histoire de la protection de la culture dans les accords de libre-échange, le défi de la clause de traitement national, le contenu et la portée de la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, le rôle de la société civile et l’enjeu du commerce numérique. Ces courtes vidéos (entre 2 et 7 min chacune) ont été réalisées à partir d’entretiens plus longs avec trois experts de ces questions : 

  • Solange Drouin, coprésidente de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ,
  • Véronique Guèvremont, professeure titulaire à la faculté de droit de l’Université Laval, Québec (Canada), et titulaire de la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles,
  • Peter Grant, avocat-conseil et ancien président du groupe du droit de la technologie, des communications et de la propriété intellectuelle chez McCarthy Tétrault.

Histoire

La clause de traitement national

La Convention de l’UNESCO de 2005

Le rôle de la société civile

L’enjeu du commerce numérique

 

Voir les versions longues

ENTRETIEN AVEC S. DROUIN

ENTRETIEN AVEC V. GUÈVREMONT

ENTRETIEN AVEC P. GRANT

 

La diversité culturelle et le COVID-19 : quelles urgences pour quelle relance ?

L’UNESCO organise un deuxième débat ResiliArt en partenariat avec la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle le 14 mai, de 14h à 16h (heure de Paris).

Les mesures de confinement liées à la pandémie de COVID-19 ont durement affecté les secteurs créatifs, limitant les capacités de création, de production, de distribution des expressions culturelles à travers le monde. La phase de déconfinement va permettre une reprise graduelle des activités compatibles avec les mesures de distanciation physique. Les artistes, les professionnels de la culture, les établissements culturels, les petites et moyennes entreprises, les associations, organismes et gouvernements doivent réfléchir à la relance du secteur dans un contexte où la pandémie de COVID-19 reste une menace importante pour la santé des personnes. Les activités culturelles qui pourront reprendre seront soumises à des contraintes qui auront des impacts humains et financiers importants. Certaines activités ne pourront reprendre qu’à très long terme, notamment celles qui dépendent de la mobilité internationale. La situation nécessite donc un niveau de soutien public plus important qu’à l’habitude, ainsi qu’une révision des modèles d’affaires, afin de maintenir des écosystèmes culturels diversifiés, durables et dynamiques.

De grands défis se dessinent pour cette relance du secteur culturel au niveau mondial, notamment :

  • Les inégalités entre les pays risquent d’être accentuées par la crise. Les pays en développement appellent à la coopération culturelle internationale, déjà fragile et ténue avant la pandémie, pour faire face à la situation, dans un contexte où les efforts se concentrent principalement à l’échelle nationale.
  • Au niveau national, la situation fragilise les maillons les plus faibles des écosystèmes culturels. Le risque d’une accentuation des inégalités frappant notamment les femmes, les peuples autochtones et les personnes appartenant à des minorités est important.
  • Alors que la transition vers le numérique s’accélère, l’adaptation des politiques culturelles à l’environnement numérique est inégale. De grandes entreprises multinationales monopolisent le marché sans contribuer aux écosystèmes culturels, tant au niveau du financement, de la découvrabilité que du droit d’auteur.
  • La fracture numérique déjà importante entre les pays et les régions, pourrait se renforcer alors que l’ensemble de la planète doit faire face à un criant besoin d’innovation. La crise précipite la transition vers le numérique et le développement de systèmes, plateformes, objets requiert des ressources scientifiques, techniques et économiques qui sont actuellement réparties de façon très inégale.

ResiliArt

L’UNESCO a lancé le mouvement ResiliArt en avril 2020 et organisé un premier débat le 15 avril avec la CISAC. Le deuxième débat aura lieu le 14 mai et l’UNESCO a choisi de s’associer à la FICDC qui est fière de co-présenter l’événement. 

ResiliArt est un mouvement mondial qui consiste en une série de débats virtuels avec des artistes (connus et émergents) et des professionnels clés du secteur, dont l’objectif est de sensibiliser sur l’impact considérable des mesures de confinement actuelles sur le secteur de la culture ainsi que de soutenir les artistes en engageant un dialogue afin d’éclairer les États membres dans l’élaboration de politiques et de mécanismes financiers pouvant aider les individus et les communautés créatives à surmonter cette crise.

Ce deuxième grand débat ResiliArt s’articulera autour de quatre thèmes clefs :

  • Les contraintes auxquelles les professionnels, créateurs et artistes sont confrontés pour la reprise de leurs activités et les réponses mises en place;
  • L’adoption de mesures et de politiques de soutien et de promotion de la diversité des expressions culturelles, notamment dans l’environnement numérique ;
  • Les nouvelles relations internationales et modalités de coopération culturelle;
  • La pérennité des nouvelles formes de création et d’expression de la diversité culturelle.

Format

Le débat aura lieu le 14 mai, de 14h à 16h, heure de Paris. Après les interventions des panélistes, une session de questions-réponses aura lieu afin de permettre au public d’interagir avec les panélistes et les modérateurs.

Les panélistes seront encadrés par un modérateur. Ils répondront à des questions personnalisées tout en nouant un dialogue et en réagissant aux réponses des autres intervenants.

Le débat se déroulera sur une plateforme en ligne existante permettant à un nombre illimité de personnes de suivre les discussions et de poser des questions en utilisant une fonctionnalité de chat.

Participants

Le débat sera modéré par le Sous-Directeur général pour la culture de l’UNESCO, M. Ernesto Ottone. Les participants, représentant différentes régions géographiques et disciplines artistiques, comprendront :

  • Anitta (Brésil—Chanteuse, compositrice et actrice)
  • Ferne Downey (Canada—Actrice et Présidente de la Fédération internationale des acteurs)
  • Cheick Oumar Sissoko (Mali—Réalisateur et Secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes)
  • Pascal Rogard (France—Directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques)
  • Fouzia Saeed (Pakistan—Directrice générale du Conseil national des arts du Pakistan)
  • Mohamed Saif Al-Afkham (Émirats arabes unis—Président de l’Institut international du théâtre)
  • Jana Vozarova (Slovaquie—Directrice de LITA, Société d’auteurs)

Rejoignez le débat

Vous pourrez suivre le débat à l’aide du lien ci-dessous. La page sera mise en ligne le 14 mai 2020.

http://unesco.org/resiliart-debate

LIRE LA NOTE CONCEPTUELLE

Les appuis au secteur culturel se multiplient à travers le monde… de façon inégale

Nous avons rapidement compris que le secteur culturel allait énormément souffrir de la pandémie de Covid-19. Une multitude de spectacles, représentations, festivals, tournages, salons du livre et autres manifestations culturelles ont été annulés, et nombreux sont les espaces culturels, les librairies, les salles de cinéma, les musées à avoir fermé leurs portes.

Partout dans le monde ont surgi des initiatives provenant des artistes, des organisations de la société civile, d’organismes subventionnaires et d’entreprises, suivies dans plusieurs pays par des annonces de soutien au secteur culturel.

La FICDC a dans un premier temps hésité à en dresser l’inventaire, puisque d’autres ont amorcé le travail et que la situation évolue rapidement. Si elle le fait aujourd’hui, c’est avant tout pour appuyer ses membres qui souhaitent voir leurs gouvernements mettre en place des mesures de soutien aux artistes, aux créateurs, aux professionnels et aux organisations du secteur culturel. L’analyse se limite donc aux pays où la FICDC compte des membres ou des partenaires.

Sans être parfait, ce bref tour d’horizon  permet de constater que les mesures de soutien sont rares en dehors des pays les plus riches du globe. On observe même des reculs dans certains pays. C’est une situation très préoccupante pour la diversité des expressions culturelles, au niveau local et à l’échelle internationale, et cela risque de creuser davantage les inégalités mondiales dans le domaine de la circulation des biens et services culturels. Dans un grand nombre de pays, on déplorait déjà la faiblesse ou même l’absence de politiques culturelles. Il faudra sans doute compter davantage sur la solidarité et les réseaux communautaires pour appuyer un tant soit peu le secteur culturel dans ces pays, mais aussi sur le rôle que peuvent et doivent jouer à l’échelle internationale des organisations comme l’UNESCO.

LIRE L’INVENTAIRE DES MESURES

 

La culture en temps de pandémie : un remède dont il faut prendre soin

Le 22 avril dernier, l’UNESCO organisait la première rencontre virtuelle des ministres de la Culture. La rencontre a duré plus de sept heures et a donné la parole à 130 ministres de tous les continents. L’équipe de la FICDC a assisté à cette rencontre qui lui a permis de bonifier son suivi des mesures en appui au secteur culturel, mais aussi d’identifier un certain nombre d’enjeux globaux et d’opportunités pour la culture en temps de pandémie.

  1. La reconnaissance de l’importance de la culture

La plupart des ministres ont souligné la contribution inestimable de la culture pour aider la population à traverser la crise. Plusieurs d’entre eux ont illustré la fonction sociale de la culture ou associé la culture à un droit:

  • La culture et l’art sont des outils puissants de lutte qui peuvent nous aider à surmonter le défi commun (Jordanie)
  • Le droit à la culture n’est pas un luxe, c’est un pilier pour nos économies et pour la réalisation des Objectifs de développement durable (Allemagne)
  • Nous expérimentons la thérapie par l’art, le livre, le sourire (Arménie)
  • La culture est le socle de la société (Pays-Bas)
  • La culture est un processus d’humanisation, dotée d’un pouvoir réparateur. La pandémie effraie, la culture saura nous sauver, en attendant un vaccin (Argentine)
  • La culture est un moyen de communication et de protection contre le stress. Il faut mettre en place des politiques publiques transversales pour faire de la culture un droit humain (Panama)
  • La culture est une forme de résistance (Bahreïn)
  • La culture est un bien commun, un droit pour les citoyens. Elle a un rôle de cohésion sociale. La crise démontre que la culture peut être une bouée de sauvetage. On doit reconnaître sa contribution au bien-être physique et mental (Espagne)

Plusieurs ministres ont insisté sur la contribution de la culture au développement durable, et même aux objectifs à l’horizon 2030 (Grèce, Liban, Espagne, Costa Rica, Allemagne), d’autres, comme Cuba ou l’Azerbaïdjan, perçoivent à travers cette crise une opportunité de renaissance de la création artistique et une large extension des pratiques artistiques et culturelles dans la société grâce à la diffusion et à la communication numérique.

  1. Une mobilisation importante pour la culture

Malgré les inégalités entre les divers pays, les appuis au secteur culturel sont très importants. Les mesures qui reviennent le plus souvent sont l’ajustement des contributions et des cotisations, le report des obligations (cotisations sociales, impôts), l’octroi de subventions salariales et de prêts, la réalisation de sondages et d’analyses d’impact, la mise en place de fonds d’urgence et même l’assistance alimentaire.

Le Mali voit dans la crise actuelle, malgré ses conséquences désastreuses, une opportunité d’aligner les politiques culturelles des pays africains sur les objectifs de la Charte de la renaissance culturelle africaine : « toute politique culturelle africaine doit nécessairement permettre aux peuples de s’épanouir pour assumer une responsabilité accrue dans leur propre développement ». D’autres pays, comme la Jamaïque, essaient d’encourager la transition de leur économie informelle vers l’économie formelle ce qui permettrait de mieux protéger les artistes et créateurs. Ailleurs, le mécénat apparaît comme une source de revenus réaliste pour le secteur culturel.

Parmi les nombreuses mesures énumérées par le Pérou, certaines mesures ciblent les peuples autochtones, en particulier ceux de l’Amazonie, pour les isoler de la pandémie tout en leur donnant accès à la culture. Les recommandations produites ont été traduites en vingt langues, une mesure similaire à celle mise en place au Mexique où les manuels sanitaires ont été traduits en soixante langues.

Une grande partie du secteur culturel, en particulier les sites patrimoniaux, les festivals et les musées, dépend du tourisme, qui a un impact majeur sur la fréquentation et l’affluence du public. Si la crise affecte le secteur culturel même dans les pays où aucun cas n’a été déclaré, comme le Lesotho ou les Îles Cook, c’est parce que le tourisme a été complètement foudroyé par la pandémie. Plusieurs ministres ont d’ailleurs davantage insisté sur ce secteur que sur le secteur culturel. Certains pays veulent miser sur le tourisme national, mais cela n’est pas à la portée de tous. D’autres, comme le Kazakhstan, où l’agence de tourisme nationale organise des visites virtuelles du pays, misent sur le numérique pour demeurer une destination attrayante.

  1. Vers une explosion des plateformes et de l’offre en ligne?

Il semble que dans toutes les régions du monde, des dizaines de plateformes sont en train de voir le jour grâce à l’appui des gouvernements et des institutions publiques. De nombreuses mesures ont ainsi été mises en place pour donner virtuellement accès aux musées, bibliothèques, sites patrimoniaux et galeries tandis que d’autres plateformes permettent d’accéder aux expressions culturelles.

En Azerbaïdjan, par exemple, les mesures adoptées ont permis de réorienter 80% des activités culturelles vers l’Internet, y compris la diffusion sur les médias sociaux. Après la crise, l’un des défis sera de faire en sorte que la culture ne soit pas confinée à la sphère virtuelle. Pour la ministre du Bahreïn, il faut saisir l’opportunité pour promouvoir la réalité virtuelle, les découvertes archéologiques, l’accès au patrimoine immatériel et la musique en ligne.

  1. La pandémie risque d’accroître les inégalités mondiales

Audrey Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO, l’a souligné en tout début de rencontre : les inégalités, déjà importantes, risquent de se creuser encore davantage à la faveur de la pandémie.

La ministre de la Dominique a indiqué que son pays se remet à peine des conséquences de l’ouragan Maria qui a provoqué une chute de 226% du PIB. D’autres pays, comme le Mozambique, qui a été frappé par deux cyclone l’an dernier, ou encore le Lesotho, aimeraient développer une offre de contenus en ligne qui respecte le droit d’auteur, mais auraient besoin de l’aide de partenaires internationaux.

Le besoin vital d’accélérer la transition numérique met en évidence des fractures numériques qui vont aggraver les inégalités entre les pays, mais aussi à l’intérieur des territoires. La ministre chilienne a souligné que plusieurs communautés dans son pays n’ont pas accès à l’Internet et c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays. Plusieurs autres pays ont fait état d’un déficit de formation et de compétences techniques et des difficultés rencontrées par des groupes plus vulnérables (migrants, autochtones, femmes).

  1. Un appel à la coopération internationale

De nombreux pays ont lancé un appel pour la constitution d’un appui international conséquent. Le ministre soudanais a expliqué que les pays en développement allouent déjà peu de ressource à la culture en temps normal. Actuellement, la lutte contre le virus prend tout l’espace. Le ministre tchadien a évoqué la « concurrence des urgences » dans son pays qui, comme d’autres du Sahel, est rattrapé par les problèmes de terrorisme.

Les réponses ont été moins nombreuses. L’Allemagne se distingue par le développement de partenariats en Afrique et au Moyen-Orient pour des projets culturels et le développement de plateformes numériques par l’Institut Goethe. Sa ministre a ajouté qu’aucun pays n’était seul face à ces défis et que ces approches étaient une source d’apprentissage pour eux. Le ministre de San Marino a proposé, pour sa part, de concrétiser la coopération entre les États en encourageant la circulation des œuvres d’art.

  1. Un appel à faire contribuer les géants du Web

Dans son introduction, Audrey Azoulay a suggéré d’intégrer les plateformes qui diffusent les expressions culturelles via Internet dans les politiques et mécanismes de financement de la culture. Mais assez peu de ministres ont fait référence à ce genre de mesure.

Les ministres du Canada et du Québec ont été les seuls à lancer cet appel aussi clairement. Le ministre canadien veut adopter des mesures pour que l’ensemble des joueurs contribuent aux écosystèmes culturels nationaux. La ministre québécoise souhaite que les entreprises multinationales contribuent au système, en favorisant notamment la découvrabilité des contenus, et que les créateurs retirent une meilleure part des bénéfices.

Les ministres du Liban et de la Belgique ont insisté sur l’importance des droits de propriété intellectuelle et de la juste rémunération des artistes sur les plateformes en ligne.

  1. Quel rôle pour l’UNESCO?

La ministre algérienne a souligné que la culture est devenue l’un des rares espaces de collaboration entre les États et que le rôle de l’UNESCO est de favoriser les échanges, de mettre en place des mécanismes d’entraide internationale et de développer des plateformes numériques pour favoriser l’accès au patrimoine et à la culture.

La ministre des Émirats-Arabes-Unis a proposé de son côté que l’UNESCO élabore un modèle pour la protection de la propriété intellectuelle dans le contexte de la transition numérique.

Enfin d’autres ont appelé l’UNESCO à documenter les impacts de la Covid-19 sur la culture.

Quelles perspectives pour la diversité des expressions culturelles?

Des enjeux très importants ont été soulevés lors de cette longue rencontre et il faut applaudir les efforts de l’UNESCO pour soutenir un espace mondial d’échange et de réflexion.  L’initiative ResiliArt est à ce titre tout à fait pertinente et la FICDC est très heureuse de collaborer avec l’UNESCO pour l’organisation d’un 2e débat qui aura lieu le 14 mai.

Cette discussion fait ressortir au moins deux urgences pour appuyer une relance des activités culturelles qui soit durable, plus équitable, et qui assure une diversité d’expressions. D’abord, celle de repenser la coopération culturelle à un moment où la crise sanitaire exerce une pression sur les ressources déjà ténues dans ce domaine et où les restrictions à la mobilité pourraient durer longtemps. Ensuite, celle de garantir la contribution des géants du Web aux écosystèmes culturels afin de générer de nouvelles sources de revenus et de mise en valeur des expressions culturelles locales.

Pour que la culture réalise son potentiel dans la réponse à la pandémie de Covid-19

Alors que le monde est aujourd’hui confronté à la pandémie de COVID-19 et, demain, à la nécessité de reconstruire nos sociétés, la culture doit être au coeur de la réponse. La culture apporte l’inspiration, le réconfort et l’espoir dans la vie des gens. Pour maximiser ce potentiel, le mouvement Culture2030Goal, engagé dans l’agenda 2030 des Nations Unies, appelle les agences de l’ONU, les gouvernements et toutes les autres parties prenantes à agir.

LIRE LA DÉCLARATION

Le commerce mondial à l’épreuve du néo-mercantilisme : enjeux culturels

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le troisième numéro porte sur la place de la culture dans les nouveaux partenariats économiques de l’Union européenne.

LIRE LE NUMÉRO 3

Des négociations sur le commerce électronique à la zone de libre-échange africaine : un état des lieux

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le second numéro traite des négociations plurilatérales sur le commerce électronique et se penche en particulier sur la Zone de libre-échange continentale africaine.

LIRE LE NUMÉRO 2

 

Réforme de la politique audiovisuelle en Europe : entre souveraineté culturelle et globalisation numérique

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le premier numéro de cette veille traite de la réforme de la politique audiovisuelle de l’Union européenne.

LIRE LE NUMÉRO 1

 

La FICDC assure une veille internationale sur la culture et le commerce numérique

La protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles dans les accords de commerce et dans les forums internationaux est l’une des priorités de la FICDC. La multiplication des accords de commerce à l’échelle internationale rend difficile le suivi des tendances et des variations selon les zones géographiques. De plus en plus d’accords incluent des chapitres sur le commerce électronique et certains pays comme les États-Unis poussent pour l’inclusion de clauses empêchant la discrimination en faveur des contenus culturels nationaux. Pour maintenir son expertise sur le sujet, la FICDC a décidé de nouer un partenariat avec les chercheurs du Groupe de recherche sur l’intégration continentale, rattaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Une veille portant sur les accords de commerce dans l’ensemble des régions du monde a été mise en place, qui donnera lieu à des publications mensuelles disponibles en ligne et reprises dans l’infolettre de la FICDC.

13ème session du Comité intergouvernemental de la Convention de 2005

Le Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles se réunit au Siège de l’UNESCO du 11 au 14 février 2020.

Au cours de sa treizième session, le Comité décidera de son plan de travail pour 2020-2021, y compris les activités de suivi des politiques et de renforcement des capacités, ainsi que les activités pour mettre en œuvre le Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC). Le Comité approuvera le financement de nouveaux projets par le FIDC dans le cadre de son 10ème appel. Il examinera également les conclusions de la 2ème édition du Forum des organisations de la société civile et les synergies potentielles avec la Recommandation de 1980 relative à la condition de l’artiste.

Plusieurs événements importants auront lieu en marge de cette session. Notamment, la directrice générale Audrey Azoulay et la réalisatrice Naomi Kawase dévoileront le 13 février à 15h les noms des dix jeunes réalisatrices africaines sélectionnées pour le nouveau programme de résidence cinématographique UNESCO/Nara. Par ailleurs, deux « Débats Créer | 2030 » seront organisés afin de mettre en lumière les liens entre les travaux du Comité et les Objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Ces débats porteront sur l’impact de l’environnement numérique sur l’accès aux contenus créatifs et sur les résultats des premiers projets financés par le Fonds international pour la diversité culturelle.

TRANSMISSION EN DIRECT

INTERVENTION DE BEAT SANTSCHI

INTERVENTION DE NATHALIE GUAY

INTERVENTION DE LAURE GICQUEL

INTERVENTION DE MAHAMADOU ADAMOU

INTERVENTION DE MANE NETT

INTERVENTION FINALE DE LAURE GICQUEL

 

Affronter les enjeux de l’avenir par l’innovation

Le dernier panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur les initiatives innovantes de la société civile pour affronter les enjeux de l’avenir. Il réunissait Brenda Uphopho (Women in the Arts) et Violet Maila (Music in Africa).

  • Brenda Uphopho a présenté le Festival Women in the Arts, issu du collectif du même nom qu’elle a cofondé en 2015. La première édition du festival a eu lieu du 15 au 17 novembre 2018.

Women in the arts (WIA) est un collectif de femmes qui travaillent dans les industries créatives de la mode, du théâtre, de la littérature, du cinéma, de la musique, de la danse, et qui partagent des idées communes. Le groupe s’est réuni pour la première fois en mars 2015 au Festival de Théâtre de Lagos, au Nigeria, et le nombre de ses membres est passé à plus de 250 femmes.

Le Festival WIA présente des performances féminines, des conférences, des activités de réseautage dans le but d’accroître la participation et l’autonomisation financière des femmes dans le secteur culturel. Le festival WIA met l’accent sur le réseautage, la performance artistiques  et les discussions. Il se déroule dans le cadre du Lagos Fringe (prochaine édition du 19 au 24 novembre 2019), qui lui donne une vitrine. L’une de ses principaux objectifs est de changer les perspectives pour les femmes.

Brenda Uphopho a expliqué que les financements du gouvernement étaient très insuffisants et qu’il fallait passer beaucoup de temps à chercher des fonds privés pour pouvoir mener à bien des projets culturels. Elle a déploré des conditions économiques difficiles mais aussi un problème majeur de corruption au Nigeria. Elle a expliqué que dans les années 1990 et 2000, les jeunes, et notamment les femmes, ont dû apprendre sur le tas. Il n’y avait pas de mentorat pour les jeunes filles, aucune formation. C’est dans ce contexte que s’est développé Nollywood, une industrie du cinéma qui s’autofinance aujourd’hui.

Un des objectifs du collectif WIA est justement de créer un système de mentorat pour renforcer les capacités des femmes. La première édition du festival a permis d’organiser des activités de plaidoyer contre la violence basée sur le genre et contre les différentes formes de harcèlement dont les femmes sont victimes. Brenda Uphopho a expliqué que la réglementation sur le harcèlement sexuel a été actualisée à Lagos mais qu’il y a encore beaucoup de travail à mener sur cette question. Le festival a aussi permis de mettre l’emphase sur la participation des femmes au processus électoral, notamment dans les villages. Plusieurs sketch et performances ont été présentés sur la question du genre. Ces sketchs feront l’objet d’une traduction en novembre 2019 et il y aura une adaptation en bande dessinée.  Il y a aussi un projet de bande dessinée prévu pour novembre 2019.

Présentation de Mme Uphopho (en anglais)

  • Violet Maila a ensuite parlé de Music in Africa, portail Web d’information et d’échange dédié au secteur de la musique africaine.

Music In Africa est une initiative à but non lucratif qui vise à soutenir le secteur de la musique africaine en favorisant l’échange de connaissances et en créant des opportunités et des capacités pour ceux qui y travaillent. Le portail Music In Africa appartient et est géré par la Fondation Music In Africa créée en 2013 et dont le siège est à Johannesburg, en Afrique du sud. Grâce à son réseau de contributeurs, la plateforme offre une gamme unique de contenus utiles et de qualité sur le secteur. Music in Africa permet notamment aux artistes, créateurs, professionnels de la musique, fans, de :

  1. Approfondir ses connaissances sur la scène musicale africaine ;
  2. Découvrir et écouter la musique du continent ;
  3. Trouver des acteurs de la scène musicale en Afrique ;
  4. Créer un profil et promouvoir son travail ;
  5. Échanger des informations relatives à la scène musicale africaine avec d’autres utilisateurs ;
  6. Accéder à des aides et à des outils à exploiter soi-même ;
  7. Contribuer à une source d’information complète et fiable.

Violet Maila a aussi parlé d’autres projets menés par la Fondation Music in Africa dans le cadre de partenariats : la plateforme EPK, pour les artistes qui souhaitent se produire dans le cadre du festival Sauti za Busara de Zanzibar, ou la conférence Music in Africa pour les collaborations, les échanges et les showcases (ACCESS), qui est organisée dans une ville africaine différente chaque année et qui permet aux artistes de montrer leurs œuvres au-delà de leur pays.

Comme d’autres conférenciers, Violet Maila a souligné l’importance de la collecte et du partage des données. Elle a aussi insisté sur la nécessité de créer des partenariats sur le continent et de parler de façon collective. Elle a expliqué finalement que, même si le cas de l’Afrique du Sud est unique en Afrique, avec un État qui joue un vrai rôle de promoteur culturel, il est essentiel pour la société civile africaine de faire valoir l’importance de son travail et de se mobiliser pour faire adopter des politiques de soutien à la culture.

Présentation de Mme Maila (en anglais)

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Les nouvelles réalités du marché mondialisé de la diffusion de contenus culturels numériques et les défis pour la diversité culturelle sur Internet

Dans le cadre de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019), Destiny Tchéhouali, professeur au département des Communications de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a présenté lors d’une conférence les réalités de la diffusion de contenus culturels numériques et les défis pour la diversité culturelle sur Internet.

Les échanges de biens et de services culturels se sont multipliés avec l’arrivée des technologies du numérique. Leur développement rapide a considérablement modifié la façon dont on accède et on consomme les biens et services culturels à travers le monde. Plusieurs études se sont penchées sur le sujet au cours des cinq dernières années (rapport 2018 sur l’état de la Francophonie numérique, étude « Pour une culture en réseaux diversifiée », rapport de l’UNESCO sur le numérique, etc.) mais trop peu d’entre elles portent sur l’Afrique. Il n’y a que très peu d’indicateurs et de données sur les consommations et les usages dans les pays ACP (Afrique, Asie-Pacifique et Caraïbes) en matière de contenus culturels en ligne. Dans son Étude sur les enjeux et les retombées économiques et artistiques de la diffusion et la distribution en ligne de contenu culturel ACP (Commission européenne, 2016-2017), Destiny Tchéhouali a constaté de fortes disparités entre les pays du Nord et du Sud en termes de diffusion et de distribution de contenus culturels numériques. Les plateformes ont permis d’élargir l’accès à certains contenus culturels, elles se positionnent de plus en plus sur les marchés locaux, mais elles contrôlent, influencent et guident nos choix. Il y a une forme de dictature des algorithmes : « Si c’est gratuit, c’est vous le produit ».

La fracture numérique entre les régions du monde peut mener à une fracture culturelle. Aujourd’hui, 4 milliards de personnes vivent encore sans Internet, dont 60% en Afrique. Destiny Tchéhouali a évoqué plusieurs défis pour la diversité des expressions culturelles en ligne dans la région:

  1. Les défis politiques et réglementaires. Les politiques culturelles des pays ACP ne sont pas adaptées. Les politiques de soutien aux industries culturelles sont centrées sur l’offre et non la demande. Il faudrait que ces politiques prennent en compte des réflexions sur la distribution et la diffusion des contenus numériques ;
  2. Les défis technologiques. Il y a souvent un manque d’infrastructures et une absence de stratégie globale pour développer l’accès aux contenus en ligne ;
  3. Le manque de professionnalisation du secteur culturel.

Destiny Tchéhouali a évoqué aussi les défis de l’accessibilité et de la découvrabilité des contenus locaux et nationaux, qui concernent l’ensemble des régions du monde. Les acteurs de l’innovation numérique essayent d’imposer leur leadership sur les acteurs culturels traditionnels. Il y a un fossé entre les logiques de recommandation de contenus culturels et la présence effective, l’accessibilité et la découvrabilité de nos contenus sur le Web. Au lieu de favoriser la diversité des expressions culturelles en ligne, les algorithmes ont plutôt tendance à imposer leur dictature et à nous enfermer dans des goûts. Il faut réfléchir à un moyen de réglementer les GAFA, comme le fait l’Union européenne qui a adopté des directives en ce sens. L’enjeu est aussi d’innover au niveau local. Plusieurs plateformes ont déjà vu le jour en Afrique : Afrostream, par exemple, qui a connu un grand succès pendant trois ans, ou Musik Bi, plateforme innovante au Sénégal. À l’avenir, les efforts pourraient se concentrer sur le développement de plateformes alternatives mutualisées.

Présentation de Mr Tchéhouali

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.