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Convention 2005 de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité des expressions culturelles organise une formation* en Amérique latine sur la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

*La formation aura lieu en espagnol.

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), la Commission allemande pour l’UNESCO, l’organisation Creatividad y Cultura Glocal, le réseau U40 et les coalitions chilienne et paraguayenne pour la diversité culturelle

INVITENT

Artistes, créateurs, producteurs indépendants, distributeurs, diffuseurs et éditeurs dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, des arts du spectacle et des arts visuels, professionnels de la culture des secteurs public et privé et organisations de la société civile en Amérique latine à participer au programme de formation en espagnol

« Convention 2005 de l’UNESCO pour la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain »

du 6 au 28 novembre 2020.

Le programme vise à mobiliser les réseaux culturels en Amérique latine et à atteindre les personnes qui font déjà le travail de la Convention 2005 de l’UNESCO dans leur région mais qui ne le savent peut-être pas. L’objectif est de leur donner des possibilités d’étendre leurs réseaux aux niveaux national et régional, de leur faire mieux comprendre les outils dont ils disposent pour défendre et promouvoir les expressions culturelles latino-américaines et leur diversité, d’accroître la visibilité et la portée de la FICDC en Amérique latine et de rapprocher la Convention des professionnels des secteurs public, privé ou de la société civile qui travaillent déjà ou veulent travailler dans le secteur culturel.

INSCRIPTION ET SÉLECTION :

– Le programme est gratuit et le nombre de places est limité.
– Vous pouvez vous inscrire en ligne: https://bit.ly/3cPYT0W
– La date limite de réception des demandes est fixée au 23 octobre 2020
– Les participants sélectionnés seront informés par courrier électronique le 30 octobre.

FORMAT DU PROGRAMME :

Cette formation en ligne comprend huit sessions au mois de novembre. La durée de chaque session est de 2 heures, soit un total de 16 heures pour le programme. 

PROGRAMME ET MODALITÉS

PAGE DE L’ÉVÉNEMENT EN ESPAGNOL

Vidéo de l’événement « La culture, un accélérateur sous-utilisé »

Les partenaires de la campagne #ObjectifCulture2030 publient aujourd’hui une vidéo soulignant pourquoi – et comment – la culture devrait être intégrée à la fois dans les stratégies de relance post-pandémie à court terme, et dans les stratégies de développement à long terme. La vidéo reprend les moments forts de la rencontre « La culture – un accélérateur sous-utilisé ? Réaliser le potentiel de la culture pour un développement durable à court et à long terme », qui s’est tenue le 13 juillet 2020 dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies 2020 (HLPF2020) réunissant des représentants de haut niveau des Nations unies et de ses agences, ainsi que des grands réseaux culturels.

VOIR LA VIDÉO

LIRE LE COMMUNIQUÉ (en anglais)

La culture : Un accélérateur sous-utilisé ?

Le 20 avril 2020, les partenaires de la campagne #ObjectifCulture2030 ont publié une déclaration sur la culture et la pandémie COVID-19. Signé par huit réseaux culturels internationaux, la déclaration est encadrée par notre engagement dans l’Agenda 2030 et la nécessité de garantir la culture est au coeur de la Décennie d’action des Nations Unies pour les ODD.

Intitulée « Garantir que la culture réalise son potentiel dans la réponse à la pandémie COVID-19 », le préambule de la déclaration explique :
« Alors que le monde est aujourd’hui confronté à la pandémie de COVID-19 et, demain, à la nécessité de reconstruire nos sociétés, la culture doit être au coeur de la réponse. La culture apporte l’inspiration, le réconfort et l’espoir dans la vie des gens. Pour maximiser ce potentiel, le mouvement ObjectifCulture2030, engagé dans l’agenda 2030 des Nations Unies, appelle les agences de l’ONU, les gouvernements et toutes les autres parties prenantes à agir. »

La déclaration a obtenu le soutien du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Son Excellence M. Tijjani Muhammad-Bande. Voir le communiqué de presse.

Le lancement officiel de la déclaration a eu lieu le 21 mai 2020 (17h00-18h00 CEST) qui était la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. Cette date illustre l’engagement de la campagne en faveur de la réalisation de l’Agenda 2030 et la nécessité de garantir que la culture soit au cœur de la Décennie d’action des Nations unies pour les objectifs de développement durable. Consultez la note conceptuelle de la réunion (en anglais) pour plus d’informations.

La déclaration fera l’objet d’un événement intitulé « La culture – un accélérateur sous-utilisé ? Réaliser le potentiel de la culture pour un développement durable à court et à long terme » et organisé dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies 2020 (HLPF2020) le 13 juillet prochain.

VOIR LE PROGRAMME

Les appuis au secteur culturel se multiplient à travers le monde… de façon inégale

Nous avons rapidement compris que le secteur culturel allait énormément souffrir de la pandémie de Covid-19. Une multitude de spectacles, représentations, festivals, tournages, salons du livre et autres manifestations culturelles ont été annulés, et nombreux sont les espaces culturels, les librairies, les salles de cinéma, les musées à avoir fermé leurs portes.

Partout dans le monde ont surgi des initiatives provenant des artistes, des organisations de la société civile, d’organismes subventionnaires et d’entreprises, suivies dans plusieurs pays par des annonces de soutien au secteur culturel.

La FICDC a dans un premier temps hésité à en dresser l’inventaire, puisque d’autres ont amorcé le travail et que la situation évolue rapidement. Si elle le fait aujourd’hui, c’est avant tout pour appuyer ses membres qui souhaitent voir leurs gouvernements mettre en place des mesures de soutien aux artistes, aux créateurs, aux professionnels et aux organisations du secteur culturel. L’analyse se limite donc aux pays où la FICDC compte des membres ou des partenaires.

Sans être parfait, ce bref tour d’horizon  permet de constater que les mesures de soutien sont rares en dehors des pays les plus riches du globe. On observe même des reculs dans certains pays. C’est une situation très préoccupante pour la diversité des expressions culturelles, au niveau local et à l’échelle internationale, et cela risque de creuser davantage les inégalités mondiales dans le domaine de la circulation des biens et services culturels. Dans un grand nombre de pays, on déplorait déjà la faiblesse ou même l’absence de politiques culturelles. Il faudra sans doute compter davantage sur la solidarité et les réseaux communautaires pour appuyer un tant soit peu le secteur culturel dans ces pays, mais aussi sur le rôle que peuvent et doivent jouer à l’échelle internationale des organisations comme l’UNESCO.

LIRE L’INVENTAIRE DES MESURES

 

La culture en temps de pandémie : un remède dont il faut prendre soin

Le 22 avril dernier, l’UNESCO organisait la première rencontre virtuelle des ministres de la Culture. La rencontre a duré plus de sept heures et a donné la parole à 130 ministres de tous les continents. L’équipe de la FICDC a assisté à cette rencontre qui lui a permis de bonifier son suivi des mesures en appui au secteur culturel, mais aussi d’identifier un certain nombre d’enjeux globaux et d’opportunités pour la culture en temps de pandémie.

  1. La reconnaissance de l’importance de la culture

La plupart des ministres ont souligné la contribution inestimable de la culture pour aider la population à traverser la crise. Plusieurs d’entre eux ont illustré la fonction sociale de la culture ou associé la culture à un droit:

  • La culture et l’art sont des outils puissants de lutte qui peuvent nous aider à surmonter le défi commun (Jordanie)
  • Le droit à la culture n’est pas un luxe, c’est un pilier pour nos économies et pour la réalisation des Objectifs de développement durable (Allemagne)
  • Nous expérimentons la thérapie par l’art, le livre, le sourire (Arménie)
  • La culture est le socle de la société (Pays-Bas)
  • La culture est un processus d’humanisation, dotée d’un pouvoir réparateur. La pandémie effraie, la culture saura nous sauver, en attendant un vaccin (Argentine)
  • La culture est un moyen de communication et de protection contre le stress. Il faut mettre en place des politiques publiques transversales pour faire de la culture un droit humain (Panama)
  • La culture est une forme de résistance (Bahreïn)
  • La culture est un bien commun, un droit pour les citoyens. Elle a un rôle de cohésion sociale. La crise démontre que la culture peut être une bouée de sauvetage. On doit reconnaître sa contribution au bien-être physique et mental (Espagne)

Plusieurs ministres ont insisté sur la contribution de la culture au développement durable, et même aux objectifs à l’horizon 2030 (Grèce, Liban, Espagne, Costa Rica, Allemagne), d’autres, comme Cuba ou l’Azerbaïdjan, perçoivent à travers cette crise une opportunité de renaissance de la création artistique et une large extension des pratiques artistiques et culturelles dans la société grâce à la diffusion et à la communication numérique.

  1. Une mobilisation importante pour la culture

Malgré les inégalités entre les divers pays, les appuis au secteur culturel sont très importants. Les mesures qui reviennent le plus souvent sont l’ajustement des contributions et des cotisations, le report des obligations (cotisations sociales, impôts), l’octroi de subventions salariales et de prêts, la réalisation de sondages et d’analyses d’impact, la mise en place de fonds d’urgence et même l’assistance alimentaire.

Le Mali voit dans la crise actuelle, malgré ses conséquences désastreuses, une opportunité d’aligner les politiques culturelles des pays africains sur les objectifs de la Charte de la renaissance culturelle africaine : « toute politique culturelle africaine doit nécessairement permettre aux peuples de s’épanouir pour assumer une responsabilité accrue dans leur propre développement ». D’autres pays, comme la Jamaïque, essaient d’encourager la transition de leur économie informelle vers l’économie formelle ce qui permettrait de mieux protéger les artistes et créateurs. Ailleurs, le mécénat apparaît comme une source de revenus réaliste pour le secteur culturel.

Parmi les nombreuses mesures énumérées par le Pérou, certaines mesures ciblent les peuples autochtones, en particulier ceux de l’Amazonie, pour les isoler de la pandémie tout en leur donnant accès à la culture. Les recommandations produites ont été traduites en vingt langues, une mesure similaire à celle mise en place au Mexique où les manuels sanitaires ont été traduits en soixante langues.

Une grande partie du secteur culturel, en particulier les sites patrimoniaux, les festivals et les musées, dépend du tourisme, qui a un impact majeur sur la fréquentation et l’affluence du public. Si la crise affecte le secteur culturel même dans les pays où aucun cas n’a été déclaré, comme le Lesotho ou les Îles Cook, c’est parce que le tourisme a été complètement foudroyé par la pandémie. Plusieurs ministres ont d’ailleurs davantage insisté sur ce secteur que sur le secteur culturel. Certains pays veulent miser sur le tourisme national, mais cela n’est pas à la portée de tous. D’autres, comme le Kazakhstan, où l’agence de tourisme nationale organise des visites virtuelles du pays, misent sur le numérique pour demeurer une destination attrayante.

  1. Vers une explosion des plateformes et de l’offre en ligne?

Il semble que dans toutes les régions du monde, des dizaines de plateformes sont en train de voir le jour grâce à l’appui des gouvernements et des institutions publiques. De nombreuses mesures ont ainsi été mises en place pour donner virtuellement accès aux musées, bibliothèques, sites patrimoniaux et galeries tandis que d’autres plateformes permettent d’accéder aux expressions culturelles.

En Azerbaïdjan, par exemple, les mesures adoptées ont permis de réorienter 80% des activités culturelles vers l’Internet, y compris la diffusion sur les médias sociaux. Après la crise, l’un des défis sera de faire en sorte que la culture ne soit pas confinée à la sphère virtuelle. Pour la ministre du Bahreïn, il faut saisir l’opportunité pour promouvoir la réalité virtuelle, les découvertes archéologiques, l’accès au patrimoine immatériel et la musique en ligne.

  1. La pandémie risque d’accroître les inégalités mondiales

Audrey Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO, l’a souligné en tout début de rencontre : les inégalités, déjà importantes, risquent de se creuser encore davantage à la faveur de la pandémie.

La ministre de la Dominique a indiqué que son pays se remet à peine des conséquences de l’ouragan Maria qui a provoqué une chute de 226% du PIB. D’autres pays, comme le Mozambique, qui a été frappé par deux cyclone l’an dernier, ou encore le Lesotho, aimeraient développer une offre de contenus en ligne qui respecte le droit d’auteur, mais auraient besoin de l’aide de partenaires internationaux.

Le besoin vital d’accélérer la transition numérique met en évidence des fractures numériques qui vont aggraver les inégalités entre les pays, mais aussi à l’intérieur des territoires. La ministre chilienne a souligné que plusieurs communautés dans son pays n’ont pas accès à l’Internet et c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays. Plusieurs autres pays ont fait état d’un déficit de formation et de compétences techniques et des difficultés rencontrées par des groupes plus vulnérables (migrants, autochtones, femmes).

  1. Un appel à la coopération internationale

De nombreux pays ont lancé un appel pour la constitution d’un appui international conséquent. Le ministre soudanais a expliqué que les pays en développement allouent déjà peu de ressource à la culture en temps normal. Actuellement, la lutte contre le virus prend tout l’espace. Le ministre tchadien a évoqué la « concurrence des urgences » dans son pays qui, comme d’autres du Sahel, est rattrapé par les problèmes de terrorisme.

Les réponses ont été moins nombreuses. L’Allemagne se distingue par le développement de partenariats en Afrique et au Moyen-Orient pour des projets culturels et le développement de plateformes numériques par l’Institut Goethe. Sa ministre a ajouté qu’aucun pays n’était seul face à ces défis et que ces approches étaient une source d’apprentissage pour eux. Le ministre de San Marino a proposé, pour sa part, de concrétiser la coopération entre les États en encourageant la circulation des œuvres d’art.

  1. Un appel à faire contribuer les géants du Web

Dans son introduction, Audrey Azoulay a suggéré d’intégrer les plateformes qui diffusent les expressions culturelles via Internet dans les politiques et mécanismes de financement de la culture. Mais assez peu de ministres ont fait référence à ce genre de mesure.

Les ministres du Canada et du Québec ont été les seuls à lancer cet appel aussi clairement. Le ministre canadien veut adopter des mesures pour que l’ensemble des joueurs contribuent aux écosystèmes culturels nationaux. La ministre québécoise souhaite que les entreprises multinationales contribuent au système, en favorisant notamment la découvrabilité des contenus, et que les créateurs retirent une meilleure part des bénéfices.

Les ministres du Liban et de la Belgique ont insisté sur l’importance des droits de propriété intellectuelle et de la juste rémunération des artistes sur les plateformes en ligne.

  1. Quel rôle pour l’UNESCO?

La ministre algérienne a souligné que la culture est devenue l’un des rares espaces de collaboration entre les États et que le rôle de l’UNESCO est de favoriser les échanges, de mettre en place des mécanismes d’entraide internationale et de développer des plateformes numériques pour favoriser l’accès au patrimoine et à la culture.

La ministre des Émirats-Arabes-Unis a proposé de son côté que l’UNESCO élabore un modèle pour la protection de la propriété intellectuelle dans le contexte de la transition numérique.

Enfin d’autres ont appelé l’UNESCO à documenter les impacts de la Covid-19 sur la culture.

Quelles perspectives pour la diversité des expressions culturelles?

Des enjeux très importants ont été soulevés lors de cette longue rencontre et il faut applaudir les efforts de l’UNESCO pour soutenir un espace mondial d’échange et de réflexion.  L’initiative ResiliArt est à ce titre tout à fait pertinente et la FICDC est très heureuse de collaborer avec l’UNESCO pour l’organisation d’un 2e débat qui aura lieu le 14 mai.

Cette discussion fait ressortir au moins deux urgences pour appuyer une relance des activités culturelles qui soit durable, plus équitable, et qui assure une diversité d’expressions. D’abord, celle de repenser la coopération culturelle à un moment où la crise sanitaire exerce une pression sur les ressources déjà ténues dans ce domaine et où les restrictions à la mobilité pourraient durer longtemps. Ensuite, celle de garantir la contribution des géants du Web aux écosystèmes culturels afin de générer de nouvelles sources de revenus et de mise en valeur des expressions culturelles locales.

Pour que la culture réalise son potentiel dans la réponse à la pandémie de Covid-19

Alors que le monde est aujourd’hui confronté à la pandémie de COVID-19 et, demain, à la nécessité de reconstruire nos sociétés, la culture doit être au coeur de la réponse. La culture apporte l’inspiration, le réconfort et l’espoir dans la vie des gens. Pour maximiser ce potentiel, le mouvement Culture2030Goal, engagé dans l’agenda 2030 des Nations Unies, appelle les agences de l’ONU, les gouvernements et toutes les autres parties prenantes à agir.

LIRE LA DÉCLARATION

Faire face aux grands défis pour la diversité des expressions culturelles

Le quatrième panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles. Il réunissait Samuel Sangwa (CISAC), Ivana Otasevic (Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles), Édith Katiji (Syndicat des musiciens du Zimbabwe), Luc Yatchokeu (REPAC).

Il a d’abord rappelé le rôle des sociétés de gestion de droits d’auteur, qui permettent de rémunérer et de reconnaitre les créateurs, puis a présenté la CISAC et son action en Afrique. Avec 37 sociétés de droits d’auteurs dans 31 pays, la CISAC est présente partout sur le continent, de l’Algérie à l’Afrique du Sud en passant par le Togo. La CISAC produit chaque année un rapport des collectes au niveau mondial. En 2017, sur 9 milliards d’euros collectés à l’échelle mondiale, la part de l’Afrique ne représentait que 75 millions, soit 0,8% du total. Samuel Sangwa a déploré le fait que les créateurs africains ne sont pas rémunérés à la hauteur des exploitations de leurs œuvres. Il a énuméré les défis majeurs à la croissance des collectes en Afrique :

  1. La résistance des usagers : méconnaissance du droit d’auteur, refus délibéré du principe du paiement de la redevance ;
  2. L’efficacité opérationnelle des organisations de gestion collective : concession des licences aux usagers, maillage du territoire, gestion des droits exploitation numérique ;
  3. Les cadres législatifs désuets, inadaptés ou inadéquats

Il a aussi précisé que seuls huit pays africains parviennent aujourd’hui à collecter la taxe sur la copie privée. Samuel Sangwa a ensuite énuméré les défis et les campagnes prioritaires pour la CISAC :

  1. Le transfert de la valeur sur les plateformes ;
  2. Le droit de suite pour les créateurs d’œuvres artistiques (arts visuels et métiers d’art) ;
  3. Le droit à une rémunération équitable pour les auteurs d’œuvres audiovisuelles

Il a présenté de label « Copyright Friendly », lancé au Cap-Vert, qui pourra être décerné aux festivals, organisations, événements respectueux du droit d’auteur. Enfin, il a fait valoir que la notion de droit d’auteur a toujours fait partie de la culture africaine et il a appelé au respect des droits de créateurs, en Afrique comme ailleurs dans le monde.

Présentation de Mr Sangwa

  • Dans une deuxième intervention, Ivana Otasevic, coordinatrice de la Chaire Unesco sur la diversité des expressions culturelles, a présenté le Guide sur les clauses culturelles dans les accords de commerce élaboré par Véronique Guèvremont (titulaire de la Chaire) et Ivan Bernier (professeur émérite de la faculté de droit de l’Université Laval).

Le guide de la Chaire répond à plusieurs objectifs :

  1. Sensibiliser les États aux implications possibles des négociations commerciales pour le secteur de la culture ;
  2. Aider les États à développer leurs capacités afin qu’ils puissent choisir les clauses culturelles appropriées pour préserver leur droit souverain d’intervenir en faveur de la culture ;
  3. Présenter les meilleures pratiques qui ont été développées par certains États au cours des 15 dernières années ;
  4. Inspirer de nouvelles initiatives de protection et de promotion de la diversité culturelle dans les accords de commerce (en particulier en matière de commerce numérique).

Ce guide offre une approche basée sur la pratique des États. Il se fonde sur une étude comparative de 99 accords de libre-échange conclus depuis l’adoption de la Convention de 2005. La Chaire a identifié les clauses culturelles les plus pertinentes se trouvant dans ces accords puis a formulé des recommandations. Le guide est structuré en quatre étapes. Il invite en premier lieu les États (et les organisations de la société civile qui utilisent le guide pour faire pression sur leurs États) à bien connaître leur propre secteur culturel, à comprendre les mécanismes du libre-échange et leur impact potentiel sur le secteur de la culture, et à développer une connaissance des clauses culturelles et des instruments commerciaux existants. Dans un deuxième temps, le guide fait des recommandations concernant la préparation à la négociation d’un nouvel accord de commerce comportant des clauses culturelles. Dans un troisième temps, il donne des indications sur les principaux chapitres de l’accord pour l’incorporation des clauses culturelles. Il souligne l’importance de définir exactement ce que l’on souhaite protéger et de porter une attention particulière au commerce électronique. La dernière étape du guide concerne le suivi de l’accord de libre-échange négocié et la mise en œuvre des clauses culturelles.

Présentation de Mme Otasevic

  • Édith Katiji, présidente du Syndicat des musiciens du Zimbabwe, a ensuite abordé un troisième défi majeur pour la diversité des expressions culturelles : celui de la participation et des conditions des femmes dans le secteur de la culture.

Trois choses principales affectent les femmes dans les sphères culturelles :

  1. Les rôles définis, imposés et attendus des femmes ;
  2. Un milieu de travail souvent dangereux pour elles ;
  3. Leur exclusion de la participation à l’économie de la culture.

Édith Katiji a été membre d’un groupe de musique entièrement composé de femmes qui s’est produit partout au Zimbabwe. Elle a constaté beaucoup  de préjugés autour de leurs performances. Certains s’attendaient à ce qu’elles jouent un type de musique et pas un autre, réservé aux hommes, d’autres avaient des attentes similaires concernant les paroles. Il y avait aussi des préjugés liés à leur présence sur scène, beaucoup s’attendaient à les voir danser d’une certaine façon jugée « féminine ».

Édith Katiji a ensuite évoqué les nombreux cas de femmes confrontées à des abus de toutes sortes – émotionnels, physiques, sexuels – sur leur lieu de travail. Elle a déploré les cas de discrimination, d’attitudes sexistes et de mépris général qui découragent les femmes de continuer à travailler dans le secteur culturel. Les femmes sont facilement victimes de comportements sexistes voire d’exploitation sexuelle. Des faveurs sexuelles peuvent être exigées des artistes et créatrices en échange d’une promotion ou d’une exposition de leur travail. Les industries de la culture et de la création sont le plus souvent dirigées par des hommes et la plupart des décisions sont donc exclusivement prises par eux. Cela crée une situation où les femmes sont exclues de toute décision avantageuse.

Par ailleurs, une grande part de l’exclusion des femmes ne se produit pas au grand jour. Les hommes peuvent décider que les interprètes féminines n’ont pas leur place dans tel ou tel événement. Dans d’autres cas, ils considèrent que le type de public attendu ne convient pas à une interprète féminine. Certains promoteurs masculins peuvent aussi juger que le type de musique joué par une femme est inadapté à certains publics. Face à ces blocages, les femmes se tournent souvent vers des organisations privées pour se produire. Mais il n’y a que peu d’attention publique accordée aux événements privés et les femmes sont donc le plus souvent exclues de l’espace médiatique. Sans cette couverture médiatique, elles sont moins visibles et gagnent moins. Certaines utilisent les médias sociaux pour se faire connaître mais cela n’a pas le même impact car les médias traditionnels sont encore dominants sur le continent (au Zimbabwe, c’est la radio qui est le premier canal de diffusion).

Édith Katiji a conclu sa présentation en appelant les sociétés africaines à revoir leur histoire et à se pencher sur la façon de parvenir à un équilibre entre les hommes et les femmes, dans le secteur culturel et dans toutes les sphères de la société.

Présentation de Mme Katiji (en anglais)

  • Dernier intervenant du panel, Luc Yatchokeu, coordinateur du Regroupement des Professionnels des Arts et Culture d’Afrique Centrale (REPAC), a présenté le projet Art Connect Africa.

Plateforme de coopération et d’échanges culturels, Art Connect Africa (www.artconnectafrica.com) a été conçue pour encourager et développer les relations culturelles entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. À l’origine du projet, il y a une volonté des acteurs culturels d’Afrique du Nord et de ceux d’Afrique subsaharienne de se rapprocher et de renforcer les échanges entre les deux régions. Les acteurs culturels ont le souci de présenter à travers les arts une Afrique unie, qui apparaissait il y a quelques années comme deux continents différents.

La plateforme met en relation plusieurs acteurs différents : artistes, professionnels, festivals, organisations professionnelles, lieux d’expression culturelle, médias, institutions culturelles. Elle concerne toutes les disciplines artistiques : musique, arts de la scène, arts visuels, sculpture, littérature, cinéma, architecture. Luc Yatchokeu est revenu sur la façon dont le projet a été élaboré avec, d’une part, la confection d’une plateforme numérique (site internet et application), et, d’autre part, la mise sur pied et l’animation d’un programme panafricain pour accompagner les initiatives de coopération et d’échange.

Les résultats attendus sont divers : construction d’une communauté artistique, partage d’informations sur les collaborations en cours et sur les opportunités, appui aux projets, production de statistiques, renforcement de la coopération et des échanges, exploration de nouveaux marchés.

Présentation de Mr Yatchokeu

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Lettre ouverte au Président Sebastián Piñera

Lettre ouverte des travailleurs de la culture, artistes et organismes du secteur au Chili regroupés en Cabildo (forum) artistique et culturel.

En tant qu’organisations culturelles, nous rejetons et condamnons les violations répétées des droits humains commises par des agents de l’État, qui ont affecté la communauté qui s’exprime de façon légitime et authentique. Parmi les milliers de personnes touchées, on compte malheureusement plusieurs artistes et travailleurs du secteur culturel.

Depuis le vendredi 18 octobre, nous avons vu s’additionner jour après jour un nombre inexplicable de cas de violations des droits humains dans le cadre de manifestations sociales, dans un pays pourtant démocratique. À ce jour, l’Institut national des droits de l’homme (Instituto Nacional de Derechos Humanos) a recensé 964 blessés par balle, 222 personnes blessées aux yeux, 384 actions en justice, dont 273 pour torture, 66 pour violences sexuelles et 6 pour meurtre, parmi d’autres crimes très graves perpétrés par des agents de l’État. Les citoyens ont été témoin d’innombrables excès et abus dans l’usage de la force pendant les mobilisations.

Face à cela, nous ne pouvons que nous demander quel genre de policiers nous avons, qui peuvent aller jusqu’à attaquer ainsi leurs propres concitoyens ? Qu’est-ce qui peut justifier le recours à la torture ? Qu’enseigne-t-on aux Carabineros (carabiniers – institution militaro-policière chilienne) pour qu’ils frappent de façon absolument injustifiée des enfants, des adolescents et des personnes âgées ?

Entre les mains de qui sommes-nous ? Rien dans ce que nous avons vu n’indique des cas d’excès individuels, mais plutôt une action coordonnée de la part des forces de l’ordre.

Face à ces faits graves, les organisations ayant convoqué le Cabildo Artistique et Culturel, et par mandat de ce dernier, exigent la cessation immédiate des violations des droits humains par les Carabineros et une réforme structurelle de cette institution qui semble avoir normalisé la violence. Nous exigeons la démission du général Mario Rozas, qui est directement responsable de ces faits et qui n’a pas reconnu les preuves dont le Chili et le monde ont malheureusement été témoins : les droits humains sont violés dans notre pays.

Les artistes et les travailleurs culturels ont été et seront toujours préoccupés par la défense des droits de la personne, et cette fois-ci, nous ne cesserons d’exiger qu’ils soient respectés par tous les moyens dont nous disposons.

CABILDO ARTISTIQUE ET CULTUREL

Organisateurs du Cabildo : Sindicato de Actores, SIDARTE / Unión Nacional de Artistas, UNA / RED Nacional DanzaSur / Asociación Nacional de Trabajadores y Trabajadoras del Ministerio de las Culturas, las Artes y el Patrimonio, AFUCAP / Arte Asociado Contemporáneo, ACA / Asociación de Cantantes Líricos de Chile, ACLICH / Asociación Nacional de Diseñadores Escénicas / ADTRES / Asociación Nacional de trabajadores del Patrimonio / ANATRAP / Coalición Chilena para la Diversidad Cultural / Sindicato del Cine, SINTECI / El Circo del Mundo

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