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Vidéo de la conférence «La diversité des expressions culturelles en Amérique latine: défis actuels et futurs»

À l’occasion du 15e anniversaire de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, la Fédération a organisé le 20 octobre une conférence en ligne sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles en Amérique Latine.

Cette conférence s’est tenue dans le cadre de ResiliArt, un mouvement mondial initié par l’UNESCO pour renforcer la résilience des artistes et des professionnels de la culture face aux énormes défis posés par la crise sanitaire actuelle.

Voir la vidéo

Convention 2005 de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité des expressions culturelles organise une formation* en Amérique latine sur la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

*La formation aura lieu en espagnol.

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), la Commission allemande pour l’UNESCO, l’organisation Creatividad y Cultura Glocal, le réseau U40 et les coalitions chilienne et paraguayenne pour la diversité culturelle

INVITENT

Artistes, créateurs, producteurs indépendants, distributeurs, diffuseurs et éditeurs dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, des arts du spectacle et des arts visuels, professionnels de la culture des secteurs public et privé et organisations de la société civile en Amérique latine à participer au programme de formation en espagnol

« Convention 2005 de l’UNESCO pour la diversité des expressions culturelles : un outil pour le secteur culturel latino-américain »

du 6 au 28 novembre 2020.

Le programme vise à mobiliser les réseaux culturels en Amérique latine et à atteindre les personnes qui font déjà le travail de la Convention 2005 de l’UNESCO dans leur région mais qui ne le savent peut-être pas. L’objectif est de leur donner des possibilités d’étendre leurs réseaux aux niveaux national et régional, de leur faire mieux comprendre les outils dont ils disposent pour défendre et promouvoir les expressions culturelles latino-américaines et leur diversité, d’accroître la visibilité et la portée de la FICDC en Amérique latine et de rapprocher la Convention des professionnels des secteurs public, privé ou de la société civile qui travaillent déjà ou veulent travailler dans le secteur culturel.

INSCRIPTION ET SÉLECTION :

– Le programme est gratuit et le nombre de places est limité.
– Vous pouvez vous inscrire en ligne: https://bit.ly/3cPYT0W
– La date limite de réception des demandes est fixée au 23 octobre 2020
– Les participants sélectionnés seront informés par courrier électronique le 30 octobre.

FORMAT DU PROGRAMME :

Cette formation en ligne comprend huit sessions au mois de novembre. La durée de chaque session est de 2 heures, soit un total de 16 heures pour le programme. 

PROGRAMME ET MODALITÉS

PAGE DE L’ÉVÉNEMENT EN ESPAGNOL

La diversité des expressions culturelles en Amérique latine : défis actuels et futurs

La FICDC organise une conférence virtuelle régionale* le 20 octobre de 11h à 12h30 (UTC-3) sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles en Amérique Latine. 

Cette conférence est organisée dans le cadre de ResiliArt, un mouvement mondial initié par l’UNESCO, qui vise à renforcer la résilience des artistes et des professionnels de la culture face aux énormes défis posés par la crise sanitaire actuelle.

*La conférence aura lieu en espagnol.

La FICDC souhaite profite du 15e anniversaire de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005 et de la Journée de la diversité culturelle au Chili pour sensibiliser, informer et mobiliser la société civile latino-américaine autour de la Convention.

La pandémie de coronavirus a eu un impact important sur les milieux culturels latino-américains. Les mesures de confinement liées à la pandémie ont gravement limité les capacités de création, de production et de distribution des expressions culturelles dans la région. Aujourd’hui, certains pays d’Amérique latine continuent de faire face à une situation sanitaire très instable, tandis que d’autres entament un processus de relance, qui promet d’être long et difficile pour la communauté créative. La crise a exacerbé les inégalités dans l’accès aux biens et services culturels. Elle a considérablement affaibli la situation professionnelle, sociale et économique de nombreux artistes et professionnels de la culture et a gravement affecté les écosystèmes culturels déjà fragiles des pays de la région. La crise a également entraîné des abus et des violations des droits culturels. Elle a finalement créé une situation très paradoxale : alors que les créateurs et les professionnels du secteur se sont retrouvés dans une situation économique dramatique, les géants du Web ont tiré d’énormes profits de la diffusion de contenus culturels en ligne.

L’objectif de la conférence est de présenter la Convention de 2005, ses clauses, ses principes, sa pertinence dans le contexte actuel de crise et les moyens de l’utiliser pour relever les défis auxquels sont confrontées les organisations culturelles de la région. La conférence s’adresse aux artistes, créateurs, professionnels de la culture et organisations de la société civile et devrait leur permettre de mieux connaître les outils dont ils disposent pour défendre et promouvoir les expressions culturelles latino-américaines. Elle vise également à stimuler la mobilisation au niveau local et régional, dans le cadre de réseaux existants tels que la FICDC, par la formation de coalitions nationales.

CONSULTER LE PROGRAMME (en espagnol)

Vidéo de l’événement « La culture, un accélérateur sous-utilisé »

Les partenaires de la campagne #ObjectifCulture2030 publient aujourd’hui une vidéo soulignant pourquoi – et comment – la culture devrait être intégrée à la fois dans les stratégies de relance post-pandémie à court terme, et dans les stratégies de développement à long terme. La vidéo reprend les moments forts de la rencontre « La culture – un accélérateur sous-utilisé ? Réaliser le potentiel de la culture pour un développement durable à court et à long terme », qui s’est tenue le 13 juillet 2020 dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies 2020 (HLPF2020) réunissant des représentants de haut niveau des Nations unies et de ses agences, ainsi que des grands réseaux culturels.

VOIR LA VIDÉO

LIRE LE COMMUNIQUÉ (en anglais)

La culture : Un accélérateur sous-utilisé ?

Le 20 avril 2020, les partenaires de la campagne #ObjectifCulture2030 ont publié une déclaration sur la culture et la pandémie COVID-19. Signé par huit réseaux culturels internationaux, la déclaration est encadrée par notre engagement dans l’Agenda 2030 et la nécessité de garantir la culture est au coeur de la Décennie d’action des Nations Unies pour les ODD.

Intitulée « Garantir que la culture réalise son potentiel dans la réponse à la pandémie COVID-19 », le préambule de la déclaration explique :
« Alors que le monde est aujourd’hui confronté à la pandémie de COVID-19 et, demain, à la nécessité de reconstruire nos sociétés, la culture doit être au coeur de la réponse. La culture apporte l’inspiration, le réconfort et l’espoir dans la vie des gens. Pour maximiser ce potentiel, le mouvement ObjectifCulture2030, engagé dans l’agenda 2030 des Nations Unies, appelle les agences de l’ONU, les gouvernements et toutes les autres parties prenantes à agir. »

La déclaration a obtenu le soutien du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Son Excellence M. Tijjani Muhammad-Bande. Voir le communiqué de presse.

Le lancement officiel de la déclaration a eu lieu le 21 mai 2020 (17h00-18h00 CEST) qui était la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. Cette date illustre l’engagement de la campagne en faveur de la réalisation de l’Agenda 2030 et la nécessité de garantir que la culture soit au cœur de la Décennie d’action des Nations unies pour les objectifs de développement durable. Consultez la note conceptuelle de la réunion (en anglais) pour plus d’informations.

La déclaration fera l’objet d’un événement intitulé « La culture – un accélérateur sous-utilisé ? Réaliser le potentiel de la culture pour un développement durable à court et à long terme » et organisé dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies 2020 (HLPF2020) le 13 juillet prochain.

VOIR LE PROGRAMME

Prix de la diversité culturelle 2020

Depuis 2011, la Coalition française pour la diversité culturelle remet chaque année un prix à une association ou une initiative qui a pour vocation de favoriser l’accès à la culture et de mettre en valeur la diversité culturelle, sous toutes ses formes : musique, théâtre, cirque, cinéma, arts plastiques… Toutes les disciplines sont éligibles.

Cette année, le prix fête sa 10ème édition dans un contexte difficile.

Les membres de la Coalition française ont donc décidé de décerner deux prix dotés chacun de 5 000€.

Le dépôt des candidatures se fait en ligne par le formulaire disponible ICI et ce jusqu’au 25 septembre 2020.

Les candidatures seront examinées par un jury composé d’organisations culturelles membres de la Coalition française et le nom des organisations lauréates sera publié sur le site internet de la Coalition à l’automne 2020.

Voir les conditions et les critères d’éligibilités au prix 2020.

Lancement de la Déclaration #Culture2030Goal

La campagne #culture2030goal a publié une Déclaration sur la Culture et la pandémie du COVID-19.

Le lancement officiel de cette Déclaration se tiendra le 21 mai 2020 de 17h à 18h CEST, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Diversité Culturelle pour le Dialogue et le Développement. Cette date illustre l’engagement de la campagne envers la réalisation de l’Agenda 2030 ainsi que le besoin de garantir que la culture soit placée au coeur de la Décennie d’Action pour les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies.

La FICDC sera représentée par son président, Beat Santschi.

Consultez la note conceptuelle de la rencontre pour davantage d’informations (en anglais).

La protection de la culture dans les accords commerciaux

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) a réalisé une série de vidéos sur la protection de la culture dans les accords commerciaux. 

Les vidéos reviennent sur l’histoire de la protection de la culture dans les accords de libre-échange, le défi de la clause de traitement national, le contenu et la portée de la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, le rôle de la société civile et l’enjeu du commerce numérique. Ces courtes vidéos (entre 2 et 7 min chacune) ont été réalisées à partir d’entretiens plus longs avec trois experts de ces questions : 

  • Solange Drouin, coprésidente de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ,
  • Véronique Guèvremont, professeure titulaire à la faculté de droit de l’Université Laval, Québec (Canada), et titulaire de la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles,
  • Peter Grant, avocat-conseil et ancien président du groupe du droit de la technologie, des communications et de la propriété intellectuelle chez McCarthy Tétrault.

Histoire

La clause de traitement national

La Convention de l’UNESCO de 2005

Le rôle de la société civile

L’enjeu du commerce numérique

 

Voir les versions longues

ENTRETIEN AVEC S. DROUIN

ENTRETIEN AVEC V. GUÈVREMONT

ENTRETIEN AVEC P. GRANT

 

La diversité culturelle et le COVID-19 : quelles urgences pour quelle relance ?

L’UNESCO organise un deuxième débat ResiliArt en partenariat avec la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle le 14 mai, de 14h à 16h (heure de Paris).

Les mesures de confinement liées à la pandémie de COVID-19 ont durement affecté les secteurs créatifs, limitant les capacités de création, de production, de distribution des expressions culturelles à travers le monde. La phase de déconfinement va permettre une reprise graduelle des activités compatibles avec les mesures de distanciation physique. Les artistes, les professionnels de la culture, les établissements culturels, les petites et moyennes entreprises, les associations, organismes et gouvernements doivent réfléchir à la relance du secteur dans un contexte où la pandémie de COVID-19 reste une menace importante pour la santé des personnes. Les activités culturelles qui pourront reprendre seront soumises à des contraintes qui auront des impacts humains et financiers importants. Certaines activités ne pourront reprendre qu’à très long terme, notamment celles qui dépendent de la mobilité internationale. La situation nécessite donc un niveau de soutien public plus important qu’à l’habitude, ainsi qu’une révision des modèles d’affaires, afin de maintenir des écosystèmes culturels diversifiés, durables et dynamiques.

De grands défis se dessinent pour cette relance du secteur culturel au niveau mondial, notamment :

  • Les inégalités entre les pays risquent d’être accentuées par la crise. Les pays en développement appellent à la coopération culturelle internationale, déjà fragile et ténue avant la pandémie, pour faire face à la situation, dans un contexte où les efforts se concentrent principalement à l’échelle nationale.
  • Au niveau national, la situation fragilise les maillons les plus faibles des écosystèmes culturels. Le risque d’une accentuation des inégalités frappant notamment les femmes, les peuples autochtones et les personnes appartenant à des minorités est important.
  • Alors que la transition vers le numérique s’accélère, l’adaptation des politiques culturelles à l’environnement numérique est inégale. De grandes entreprises multinationales monopolisent le marché sans contribuer aux écosystèmes culturels, tant au niveau du financement, de la découvrabilité que du droit d’auteur.
  • La fracture numérique déjà importante entre les pays et les régions, pourrait se renforcer alors que l’ensemble de la planète doit faire face à un criant besoin d’innovation. La crise précipite la transition vers le numérique et le développement de systèmes, plateformes, objets requiert des ressources scientifiques, techniques et économiques qui sont actuellement réparties de façon très inégale.

ResiliArt

L’UNESCO a lancé le mouvement ResiliArt en avril 2020 et organisé un premier débat le 15 avril avec la CISAC. Le deuxième débat aura lieu le 14 mai et l’UNESCO a choisi de s’associer à la FICDC qui est fière de co-présenter l’événement. 

ResiliArt est un mouvement mondial qui consiste en une série de débats virtuels avec des artistes (connus et émergents) et des professionnels clés du secteur, dont l’objectif est de sensibiliser sur l’impact considérable des mesures de confinement actuelles sur le secteur de la culture ainsi que de soutenir les artistes en engageant un dialogue afin d’éclairer les États membres dans l’élaboration de politiques et de mécanismes financiers pouvant aider les individus et les communautés créatives à surmonter cette crise.

Ce deuxième grand débat ResiliArt s’articulera autour de quatre thèmes clefs :

  • Les contraintes auxquelles les professionnels, créateurs et artistes sont confrontés pour la reprise de leurs activités et les réponses mises en place;
  • L’adoption de mesures et de politiques de soutien et de promotion de la diversité des expressions culturelles, notamment dans l’environnement numérique ;
  • Les nouvelles relations internationales et modalités de coopération culturelle;
  • La pérennité des nouvelles formes de création et d’expression de la diversité culturelle.

Format

Le débat aura lieu le 14 mai, de 14h à 16h, heure de Paris. Après les interventions des panélistes, une session de questions-réponses aura lieu afin de permettre au public d’interagir avec les panélistes et les modérateurs.

Les panélistes seront encadrés par un modérateur. Ils répondront à des questions personnalisées tout en nouant un dialogue et en réagissant aux réponses des autres intervenants.

Le débat se déroulera sur une plateforme en ligne existante permettant à un nombre illimité de personnes de suivre les discussions et de poser des questions en utilisant une fonctionnalité de chat.

Participants

Le débat sera modéré par le Sous-Directeur général pour la culture de l’UNESCO, M. Ernesto Ottone. Les participants, représentant différentes régions géographiques et disciplines artistiques, comprendront :

  • Anitta (Brésil—Chanteuse, compositrice et actrice)
  • Ferne Downey (Canada—Actrice et Présidente de la Fédération internationale des acteurs)
  • Cheick Oumar Sissoko (Mali—Réalisateur et Secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes)
  • Pascal Rogard (France—Directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques)
  • Fouzia Saeed (Pakistan—Directrice générale du Conseil national des arts du Pakistan)
  • Mohamed Saif Al-Afkham (Émirats arabes unis—Président de l’Institut international du théâtre)
  • Jana Vozarova (Slovaquie—Directrice de LITA, Société d’auteurs)

Rejoignez le débat

Vous pourrez suivre le débat à l’aide du lien ci-dessous. La page sera mise en ligne le 14 mai 2020.

http://unesco.org/resiliart-debate

LIRE LA NOTE CONCEPTUELLE

Les appuis au secteur culturel se multiplient à travers le monde… de façon inégale

Nous avons rapidement compris que le secteur culturel allait énormément souffrir de la pandémie de Covid-19. Une multitude de spectacles, représentations, festivals, tournages, salons du livre et autres manifestations culturelles ont été annulés, et nombreux sont les espaces culturels, les librairies, les salles de cinéma, les musées à avoir fermé leurs portes.

Partout dans le monde ont surgi des initiatives provenant des artistes, des organisations de la société civile, d’organismes subventionnaires et d’entreprises, suivies dans plusieurs pays par des annonces de soutien au secteur culturel.

La FICDC a dans un premier temps hésité à en dresser l’inventaire, puisque d’autres ont amorcé le travail et que la situation évolue rapidement. Si elle le fait aujourd’hui, c’est avant tout pour appuyer ses membres qui souhaitent voir leurs gouvernements mettre en place des mesures de soutien aux artistes, aux créateurs, aux professionnels et aux organisations du secteur culturel. L’analyse se limite donc aux pays où la FICDC compte des membres ou des partenaires.

Sans être parfait, ce bref tour d’horizon  permet de constater que les mesures de soutien sont rares en dehors des pays les plus riches du globe. On observe même des reculs dans certains pays. C’est une situation très préoccupante pour la diversité des expressions culturelles, au niveau local et à l’échelle internationale, et cela risque de creuser davantage les inégalités mondiales dans le domaine de la circulation des biens et services culturels. Dans un grand nombre de pays, on déplorait déjà la faiblesse ou même l’absence de politiques culturelles. Il faudra sans doute compter davantage sur la solidarité et les réseaux communautaires pour appuyer un tant soit peu le secteur culturel dans ces pays, mais aussi sur le rôle que peuvent et doivent jouer à l’échelle internationale des organisations comme l’UNESCO.

LIRE L’INVENTAIRE DES MESURES

 

La culture en temps de pandémie : un remède dont il faut prendre soin

Le 22 avril dernier, l’UNESCO organisait la première rencontre virtuelle des ministres de la Culture. La rencontre a duré plus de sept heures et a donné la parole à 130 ministres de tous les continents. L’équipe de la FICDC a assisté à cette rencontre qui lui a permis de bonifier son suivi des mesures en appui au secteur culturel, mais aussi d’identifier un certain nombre d’enjeux globaux et d’opportunités pour la culture en temps de pandémie.

  1. La reconnaissance de l’importance de la culture

La plupart des ministres ont souligné la contribution inestimable de la culture pour aider la population à traverser la crise. Plusieurs d’entre eux ont illustré la fonction sociale de la culture ou associé la culture à un droit:

  • La culture et l’art sont des outils puissants de lutte qui peuvent nous aider à surmonter le défi commun (Jordanie)
  • Le droit à la culture n’est pas un luxe, c’est un pilier pour nos économies et pour la réalisation des Objectifs de développement durable (Allemagne)
  • Nous expérimentons la thérapie par l’art, le livre, le sourire (Arménie)
  • La culture est le socle de la société (Pays-Bas)
  • La culture est un processus d’humanisation, dotée d’un pouvoir réparateur. La pandémie effraie, la culture saura nous sauver, en attendant un vaccin (Argentine)
  • La culture est un moyen de communication et de protection contre le stress. Il faut mettre en place des politiques publiques transversales pour faire de la culture un droit humain (Panama)
  • La culture est une forme de résistance (Bahreïn)
  • La culture est un bien commun, un droit pour les citoyens. Elle a un rôle de cohésion sociale. La crise démontre que la culture peut être une bouée de sauvetage. On doit reconnaître sa contribution au bien-être physique et mental (Espagne)

Plusieurs ministres ont insisté sur la contribution de la culture au développement durable, et même aux objectifs à l’horizon 2030 (Grèce, Liban, Espagne, Costa Rica, Allemagne), d’autres, comme Cuba ou l’Azerbaïdjan, perçoivent à travers cette crise une opportunité de renaissance de la création artistique et une large extension des pratiques artistiques et culturelles dans la société grâce à la diffusion et à la communication numérique.

  1. Une mobilisation importante pour la culture

Malgré les inégalités entre les divers pays, les appuis au secteur culturel sont très importants. Les mesures qui reviennent le plus souvent sont l’ajustement des contributions et des cotisations, le report des obligations (cotisations sociales, impôts), l’octroi de subventions salariales et de prêts, la réalisation de sondages et d’analyses d’impact, la mise en place de fonds d’urgence et même l’assistance alimentaire.

Le Mali voit dans la crise actuelle, malgré ses conséquences désastreuses, une opportunité d’aligner les politiques culturelles des pays africains sur les objectifs de la Charte de la renaissance culturelle africaine : « toute politique culturelle africaine doit nécessairement permettre aux peuples de s’épanouir pour assumer une responsabilité accrue dans leur propre développement ». D’autres pays, comme la Jamaïque, essaient d’encourager la transition de leur économie informelle vers l’économie formelle ce qui permettrait de mieux protéger les artistes et créateurs. Ailleurs, le mécénat apparaît comme une source de revenus réaliste pour le secteur culturel.

Parmi les nombreuses mesures énumérées par le Pérou, certaines mesures ciblent les peuples autochtones, en particulier ceux de l’Amazonie, pour les isoler de la pandémie tout en leur donnant accès à la culture. Les recommandations produites ont été traduites en vingt langues, une mesure similaire à celle mise en place au Mexique où les manuels sanitaires ont été traduits en soixante langues.

Une grande partie du secteur culturel, en particulier les sites patrimoniaux, les festivals et les musées, dépend du tourisme, qui a un impact majeur sur la fréquentation et l’affluence du public. Si la crise affecte le secteur culturel même dans les pays où aucun cas n’a été déclaré, comme le Lesotho ou les Îles Cook, c’est parce que le tourisme a été complètement foudroyé par la pandémie. Plusieurs ministres ont d’ailleurs davantage insisté sur ce secteur que sur le secteur culturel. Certains pays veulent miser sur le tourisme national, mais cela n’est pas à la portée de tous. D’autres, comme le Kazakhstan, où l’agence de tourisme nationale organise des visites virtuelles du pays, misent sur le numérique pour demeurer une destination attrayante.

  1. Vers une explosion des plateformes et de l’offre en ligne?

Il semble que dans toutes les régions du monde, des dizaines de plateformes sont en train de voir le jour grâce à l’appui des gouvernements et des institutions publiques. De nombreuses mesures ont ainsi été mises en place pour donner virtuellement accès aux musées, bibliothèques, sites patrimoniaux et galeries tandis que d’autres plateformes permettent d’accéder aux expressions culturelles.

En Azerbaïdjan, par exemple, les mesures adoptées ont permis de réorienter 80% des activités culturelles vers l’Internet, y compris la diffusion sur les médias sociaux. Après la crise, l’un des défis sera de faire en sorte que la culture ne soit pas confinée à la sphère virtuelle. Pour la ministre du Bahreïn, il faut saisir l’opportunité pour promouvoir la réalité virtuelle, les découvertes archéologiques, l’accès au patrimoine immatériel et la musique en ligne.

  1. La pandémie risque d’accroître les inégalités mondiales

Audrey Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO, l’a souligné en tout début de rencontre : les inégalités, déjà importantes, risquent de se creuser encore davantage à la faveur de la pandémie.

La ministre de la Dominique a indiqué que son pays se remet à peine des conséquences de l’ouragan Maria qui a provoqué une chute de 226% du PIB. D’autres pays, comme le Mozambique, qui a été frappé par deux cyclone l’an dernier, ou encore le Lesotho, aimeraient développer une offre de contenus en ligne qui respecte le droit d’auteur, mais auraient besoin de l’aide de partenaires internationaux.

Le besoin vital d’accélérer la transition numérique met en évidence des fractures numériques qui vont aggraver les inégalités entre les pays, mais aussi à l’intérieur des territoires. La ministre chilienne a souligné que plusieurs communautés dans son pays n’ont pas accès à l’Internet et c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays. Plusieurs autres pays ont fait état d’un déficit de formation et de compétences techniques et des difficultés rencontrées par des groupes plus vulnérables (migrants, autochtones, femmes).

  1. Un appel à la coopération internationale

De nombreux pays ont lancé un appel pour la constitution d’un appui international conséquent. Le ministre soudanais a expliqué que les pays en développement allouent déjà peu de ressource à la culture en temps normal. Actuellement, la lutte contre le virus prend tout l’espace. Le ministre tchadien a évoqué la « concurrence des urgences » dans son pays qui, comme d’autres du Sahel, est rattrapé par les problèmes de terrorisme.

Les réponses ont été moins nombreuses. L’Allemagne se distingue par le développement de partenariats en Afrique et au Moyen-Orient pour des projets culturels et le développement de plateformes numériques par l’Institut Goethe. Sa ministre a ajouté qu’aucun pays n’était seul face à ces défis et que ces approches étaient une source d’apprentissage pour eux. Le ministre de San Marino a proposé, pour sa part, de concrétiser la coopération entre les États en encourageant la circulation des œuvres d’art.

  1. Un appel à faire contribuer les géants du Web

Dans son introduction, Audrey Azoulay a suggéré d’intégrer les plateformes qui diffusent les expressions culturelles via Internet dans les politiques et mécanismes de financement de la culture. Mais assez peu de ministres ont fait référence à ce genre de mesure.

Les ministres du Canada et du Québec ont été les seuls à lancer cet appel aussi clairement. Le ministre canadien veut adopter des mesures pour que l’ensemble des joueurs contribuent aux écosystèmes culturels nationaux. La ministre québécoise souhaite que les entreprises multinationales contribuent au système, en favorisant notamment la découvrabilité des contenus, et que les créateurs retirent une meilleure part des bénéfices.

Les ministres du Liban et de la Belgique ont insisté sur l’importance des droits de propriété intellectuelle et de la juste rémunération des artistes sur les plateformes en ligne.

  1. Quel rôle pour l’UNESCO?

La ministre algérienne a souligné que la culture est devenue l’un des rares espaces de collaboration entre les États et que le rôle de l’UNESCO est de favoriser les échanges, de mettre en place des mécanismes d’entraide internationale et de développer des plateformes numériques pour favoriser l’accès au patrimoine et à la culture.

La ministre des Émirats-Arabes-Unis a proposé de son côté que l’UNESCO élabore un modèle pour la protection de la propriété intellectuelle dans le contexte de la transition numérique.

Enfin d’autres ont appelé l’UNESCO à documenter les impacts de la Covid-19 sur la culture.

Quelles perspectives pour la diversité des expressions culturelles?

Des enjeux très importants ont été soulevés lors de cette longue rencontre et il faut applaudir les efforts de l’UNESCO pour soutenir un espace mondial d’échange et de réflexion.  L’initiative ResiliArt est à ce titre tout à fait pertinente et la FICDC est très heureuse de collaborer avec l’UNESCO pour l’organisation d’un 2e débat qui aura lieu le 14 mai.

Cette discussion fait ressortir au moins deux urgences pour appuyer une relance des activités culturelles qui soit durable, plus équitable, et qui assure une diversité d’expressions. D’abord, celle de repenser la coopération culturelle à un moment où la crise sanitaire exerce une pression sur les ressources déjà ténues dans ce domaine et où les restrictions à la mobilité pourraient durer longtemps. Ensuite, celle de garantir la contribution des géants du Web aux écosystèmes culturels afin de générer de nouvelles sources de revenus et de mise en valeur des expressions culturelles locales.

Le commerce mondial à l’épreuve du néo-mercantilisme : enjeux culturels

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le troisième numéro porte sur la place de la culture dans les nouveaux partenariats économiques de l’Union européenne.

LIRE LE NUMÉRO 3

Message du Président de la FICDC

Chers membres et ami(e)s de la FICDC,

Partout dans le monde, la vie quotidienne des gens a changé de manière spectaculaire au cours des dernières semaines et des derniers jours, tout comme le paysage coloré de la diversité des expressions culturelles que nous avons connue jusqu’à récemment. Dans de nombreux pays, non seulement la liberté de circulation est restreinte, mais tous les lieux culturels sont fermés, la production cinématographique est au point mort, les concerts et les pièces de théâtre ne peuvent être appréciés que sur Internet, voire pas du tout. Et partout, les artistes, créateurs et professionnels de la culture ont été parmi les premiers à souffrir de la détresse économique parce que nous ne sommes plus autorisés à créer et à jouer comme nous le faisions auparavant. Cela exerce une pression énorme non seulement sur les organisations professionnelles dans le domaine culturel, mais aussi sur les zillions d’associations culturelles qui, dans de nombreux pays, sont à la base de la vie culturelle des gens.

Notre devoir en tant que protecteurs et promoteurs de la diversité des expressions culturelles sera de faire tout ce qui est possible et de faire pression sur les gouvernements pour que notre précieuse diversité culturelle puisse être préservée jusqu’à la période d’après-crise. Nous savons tous combien il est facile de fermer un orchestre, une compagnie de théâtre ou de danse, une société de production de films, etc., mais combien il faut de temps et de travail pour les (re)construire. Dans certains pays, les gouvernements ont annoncé d’énormes paquets de mesures pour sauver l’économie, mais ils n’incluent pas toujours, ou insuffisamment, les besoins des industries créatives, et encore moins ceux des artistes et interprètes – souvent indépendants. Les organisations professionnelles peuvent apporter leur aide, à la fois directement et en faisant pression pour obtenir une aide publique et/ou privée (fonds).

Le secrétariat de la FICDC reste fonctionnel, Nathalie Guay et Céline de Dianous travaillant toutes deux à domicile. Le grand projet de cette année devait prendre la forme d’une série de rassemblements en Amérique latine. Il est évident que nous devrons y réfléchir et faire preuve de créativité sur ce que nous pouvons faire dans le contexte actuel pour développer notre action et notre réseau dans cette région.

Je vous invite à nous envoyer des informations sur la situation dans vos pays respectifs et sur le soutien que vos gouvernements apportent, ou non, au secteur culturel, sur les actions que vous ou d’autres organisations de la société civile avez menées, sur les propositions, etc. Nos amis de CGLU ont créé une page de ressources très intéressante. Nous sommes en communication avec eux et d’autres associations internationales pour partager notre situation actuelle et éventuellement nous engager dans des initiatives communes. Nous vous tiendrons informés de tout développement à cet égard.

À une époque où les fermetures de frontières et les restrictions à l’immigration sont omniprésentes, nous sommes appelés à la solidarité non seulement avec tous les artistes de nos propres pays mais aussi avec ceux du reste du monde, et nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rétablir et améliorer la libre circulation des artistes et des biens et services culturels, ainsi que la libre circulation des expressions et des idées, lorsque la crise actuelle sera terminée. C’est pourquoi il faut maintenir une vigilance sur les pouvoirs d’urgence ou les technologies de surveillance qui sont mis en œuvre dans de nombreux pays.

Le virus sera vaincu, mais pour remédier à ses vastes implications, nous serons tous nécessaires. La diversité des expressions culturelles est essentiellement en nous, dans nos cerveaux, nos corps et nos âmes, et c’est là que nous devons la soigner et la cultiver, même si nous ne pouvons pas l’exprimer au monde extérieur pendant un certain temps. C’est pourquoi nous devons veiller à rester en bonne santé physique et psychologique pendant les semaines d’enfermement qui peuvent être longues.

Nous vous souhaitons à tous de rester en bonne santé !

Beat Santschi et Nathalie Guay

Des négociations sur le commerce électronique à la zone de libre-échange africaine : un état des lieux

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le second numéro traite des négociations plurilatérales sur le commerce électronique et se penche en particulier sur la Zone de libre-échange continentale africaine.

LIRE LE NUMÉRO 2

 

Réforme de la politique audiovisuelle en Europe : entre souveraineté culturelle et globalisation numérique

La FICDC a noué depuis janvier 2020 un partenariat avec le Groupe de recherche sur l’intégration continentale, attaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) afin de produire une veille internationale sur la culture et le commerce électronique.

Le premier numéro de cette veille traite de la réforme de la politique audiovisuelle de l’Union européenne.

LIRE LE NUMÉRO 1

 

La FICDC assure une veille internationale sur la culture et le commerce numérique

La protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles dans les accords de commerce et dans les forums internationaux est l’une des priorités de la FICDC. La multiplication des accords de commerce à l’échelle internationale rend difficile le suivi des tendances et des variations selon les zones géographiques. De plus en plus d’accords incluent des chapitres sur le commerce électronique et certains pays comme les États-Unis poussent pour l’inclusion de clauses empêchant la discrimination en faveur des contenus culturels nationaux. Pour maintenir son expertise sur le sujet, la FICDC a décidé de nouer un partenariat avec les chercheurs du Groupe de recherche sur l’intégration continentale, rattaché au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Une veille portant sur les accords de commerce dans l’ensemble des régions du monde a été mise en place, qui donnera lieu à des publications mensuelles disponibles en ligne et reprises dans l’infolettre de la FICDC.

13ème session du Comité intergouvernemental de la Convention de 2005

Le Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles se réunit au Siège de l’UNESCO du 11 au 14 février 2020.

Au cours de sa treizième session, le Comité décidera de son plan de travail pour 2020-2021, y compris les activités de suivi des politiques et de renforcement des capacités, ainsi que les activités pour mettre en œuvre le Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC). Le Comité approuvera le financement de nouveaux projets par le FIDC dans le cadre de son 10ème appel. Il examinera également les conclusions de la 2ème édition du Forum des organisations de la société civile et les synergies potentielles avec la Recommandation de 1980 relative à la condition de l’artiste.

Plusieurs événements importants auront lieu en marge de cette session. Notamment, la directrice générale Audrey Azoulay et la réalisatrice Naomi Kawase dévoileront le 13 février à 15h les noms des dix jeunes réalisatrices africaines sélectionnées pour le nouveau programme de résidence cinématographique UNESCO/Nara. Par ailleurs, deux « Débats Créer | 2030 » seront organisés afin de mettre en lumière les liens entre les travaux du Comité et les Objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Ces débats porteront sur l’impact de l’environnement numérique sur l’accès aux contenus créatifs et sur les résultats des premiers projets financés par le Fonds international pour la diversité culturelle.

TRANSMISSION EN DIRECT

INTERVENTION DE BEAT SANTSCHI

INTERVENTION DE NATHALIE GUAY

INTERVENTION DE LAURE GICQUEL

INTERVENTION DE MAHAMADOU ADAMOU

INTERVENTION DE MANE NETT

INTERVENTION FINALE DE LAURE GICQUEL

 

Affronter les enjeux de l’avenir par l’innovation

Le dernier panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur les initiatives innovantes de la société civile pour affronter les enjeux de l’avenir. Il réunissait Brenda Uphopho (Women in the Arts) et Violet Maila (Music in Africa).

  • Brenda Uphopho a présenté le Festival Women in the Arts, issu du collectif du même nom qu’elle a cofondé en 2015. La première édition du festival a eu lieu du 15 au 17 novembre 2018.

Women in the arts (WIA) est un collectif de femmes qui travaillent dans les industries créatives de la mode, du théâtre, de la littérature, du cinéma, de la musique, de la danse, et qui partagent des idées communes. Le groupe s’est réuni pour la première fois en mars 2015 au Festival de Théâtre de Lagos, au Nigeria, et le nombre de ses membres est passé à plus de 250 femmes.

Le Festival WIA présente des performances féminines, des conférences, des activités de réseautage dans le but d’accroître la participation et l’autonomisation financière des femmes dans le secteur culturel. Le festival WIA met l’accent sur le réseautage, la performance artistiques  et les discussions. Il se déroule dans le cadre du Lagos Fringe (prochaine édition du 19 au 24 novembre 2019), qui lui donne une vitrine. L’une de ses principaux objectifs est de changer les perspectives pour les femmes.

Brenda Uphopho a expliqué que les financements du gouvernement étaient très insuffisants et qu’il fallait passer beaucoup de temps à chercher des fonds privés pour pouvoir mener à bien des projets culturels. Elle a déploré des conditions économiques difficiles mais aussi un problème majeur de corruption au Nigeria. Elle a expliqué que dans les années 1990 et 2000, les jeunes, et notamment les femmes, ont dû apprendre sur le tas. Il n’y avait pas de mentorat pour les jeunes filles, aucune formation. C’est dans ce contexte que s’est développé Nollywood, une industrie du cinéma qui s’autofinance aujourd’hui.

Un des objectifs du collectif WIA est justement de créer un système de mentorat pour renforcer les capacités des femmes. La première édition du festival a permis d’organiser des activités de plaidoyer contre la violence basée sur le genre et contre les différentes formes de harcèlement dont les femmes sont victimes. Brenda Uphopho a expliqué que la réglementation sur le harcèlement sexuel a été actualisée à Lagos mais qu’il y a encore beaucoup de travail à mener sur cette question. Le festival a aussi permis de mettre l’emphase sur la participation des femmes au processus électoral, notamment dans les villages. Plusieurs sketch et performances ont été présentés sur la question du genre. Ces sketchs feront l’objet d’une traduction en novembre 2019 et il y aura une adaptation en bande dessinée.  Il y a aussi un projet de bande dessinée prévu pour novembre 2019.

Présentation de Mme Uphopho (en anglais)

  • Violet Maila a ensuite parlé de Music in Africa, portail Web d’information et d’échange dédié au secteur de la musique africaine.

Music In Africa est une initiative à but non lucratif qui vise à soutenir le secteur de la musique africaine en favorisant l’échange de connaissances et en créant des opportunités et des capacités pour ceux qui y travaillent. Le portail Music In Africa appartient et est géré par la Fondation Music In Africa créée en 2013 et dont le siège est à Johannesburg, en Afrique du sud. Grâce à son réseau de contributeurs, la plateforme offre une gamme unique de contenus utiles et de qualité sur le secteur. Music in Africa permet notamment aux artistes, créateurs, professionnels de la musique, fans, de :

  1. Approfondir ses connaissances sur la scène musicale africaine ;
  2. Découvrir et écouter la musique du continent ;
  3. Trouver des acteurs de la scène musicale en Afrique ;
  4. Créer un profil et promouvoir son travail ;
  5. Échanger des informations relatives à la scène musicale africaine avec d’autres utilisateurs ;
  6. Accéder à des aides et à des outils à exploiter soi-même ;
  7. Contribuer à une source d’information complète et fiable.

Violet Maila a aussi parlé d’autres projets menés par la Fondation Music in Africa dans le cadre de partenariats : la plateforme EPK, pour les artistes qui souhaitent se produire dans le cadre du festival Sauti za Busara de Zanzibar, ou la conférence Music in Africa pour les collaborations, les échanges et les showcases (ACCESS), qui est organisée dans une ville africaine différente chaque année et qui permet aux artistes de montrer leurs œuvres au-delà de leur pays.

Comme d’autres conférenciers, Violet Maila a souligné l’importance de la collecte et du partage des données. Elle a aussi insisté sur la nécessité de créer des partenariats sur le continent et de parler de façon collective. Elle a expliqué finalement que, même si le cas de l’Afrique du Sud est unique en Afrique, avec un État qui joue un vrai rôle de promoteur culturel, il est essentiel pour la société civile africaine de faire valoir l’importance de son travail et de se mobiliser pour faire adopter des politiques de soutien à la culture.

Présentation de Mme Maila (en anglais)

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Les nouvelles réalités du marché mondialisé de la diffusion de contenus culturels numériques et les défis pour la diversité culturelle sur Internet

Dans le cadre de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019), Destiny Tchéhouali, professeur au département des Communications de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a présenté lors d’une conférence les réalités de la diffusion de contenus culturels numériques et les défis pour la diversité culturelle sur Internet.

Les échanges de biens et de services culturels se sont multipliés avec l’arrivée des technologies du numérique. Leur développement rapide a considérablement modifié la façon dont on accède et on consomme les biens et services culturels à travers le monde. Plusieurs études se sont penchées sur le sujet au cours des cinq dernières années (rapport 2018 sur l’état de la Francophonie numérique, étude « Pour une culture en réseaux diversifiée », rapport de l’UNESCO sur le numérique, etc.) mais trop peu d’entre elles portent sur l’Afrique. Il n’y a que très peu d’indicateurs et de données sur les consommations et les usages dans les pays ACP (Afrique, Asie-Pacifique et Caraïbes) en matière de contenus culturels en ligne. Dans son Étude sur les enjeux et les retombées économiques et artistiques de la diffusion et la distribution en ligne de contenu culturel ACP (Commission européenne, 2016-2017), Destiny Tchéhouali a constaté de fortes disparités entre les pays du Nord et du Sud en termes de diffusion et de distribution de contenus culturels numériques. Les plateformes ont permis d’élargir l’accès à certains contenus culturels, elles se positionnent de plus en plus sur les marchés locaux, mais elles contrôlent, influencent et guident nos choix. Il y a une forme de dictature des algorithmes : « Si c’est gratuit, c’est vous le produit ».

La fracture numérique entre les régions du monde peut mener à une fracture culturelle. Aujourd’hui, 4 milliards de personnes vivent encore sans Internet, dont 60% en Afrique. Destiny Tchéhouali a évoqué plusieurs défis pour la diversité des expressions culturelles en ligne dans la région:

  1. Les défis politiques et réglementaires. Les politiques culturelles des pays ACP ne sont pas adaptées. Les politiques de soutien aux industries culturelles sont centrées sur l’offre et non la demande. Il faudrait que ces politiques prennent en compte des réflexions sur la distribution et la diffusion des contenus numériques ;
  2. Les défis technologiques. Il y a souvent un manque d’infrastructures et une absence de stratégie globale pour développer l’accès aux contenus en ligne ;
  3. Le manque de professionnalisation du secteur culturel.

Destiny Tchéhouali a évoqué aussi les défis de l’accessibilité et de la découvrabilité des contenus locaux et nationaux, qui concernent l’ensemble des régions du monde. Les acteurs de l’innovation numérique essayent d’imposer leur leadership sur les acteurs culturels traditionnels. Il y a un fossé entre les logiques de recommandation de contenus culturels et la présence effective, l’accessibilité et la découvrabilité de nos contenus sur le Web. Au lieu de favoriser la diversité des expressions culturelles en ligne, les algorithmes ont plutôt tendance à imposer leur dictature et à nous enfermer dans des goûts. Il faut réfléchir à un moyen de réglementer les GAFA, comme le fait l’Union européenne qui a adopté des directives en ce sens. L’enjeu est aussi d’innover au niveau local. Plusieurs plateformes ont déjà vu le jour en Afrique : Afrostream, par exemple, qui a connu un grand succès pendant trois ans, ou Musik Bi, plateforme innovante au Sénégal. À l’avenir, les efforts pourraient se concentrer sur le développement de plateformes alternatives mutualisées.

Présentation de Mr Tchéhouali

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Les défis de la société civile ailleurs dans le monde : discussion avec des représentants de coalitions pour la diversité culturelle

La seconde journée de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a débuté par une table ronde sur les défis rencontrés par la société civile ailleurs qu’en Afrique. Elle a réuni plusieurs représentants de coalitions pour la diversité culturelle : Guillaume Prieur (Coalition française), Jérôme Payette (Coalition canadienne), Alejandra Diaz (Coalition paraguayenne), Ray Argall (Coalition australienne).

Au niveau européen, les coalitions ont été mobilisées par la question de la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique avec plusieurs directives européennes :

  1. La directive sur le droit d’auteur, avec notamment un volet sur le transfert de valeur et un deuxième volet sur le triangle de transparence ;
  2. La directive sur les services de médias audiovisuels (SMA).

L’objectif de ces directives est de réguler les plateformes numériques en faveur de la création, de les intégrer à l’économie de la création. La prochaine étape, qui va être cruciale, est celle de la transposition des directives dans les États membres. Dans le futur, au-delà des réglementations obtenues, il faut aussi aller vers une régulation des algorithmes et de l’intelligence artificielle, l’objectif étant d’empêcher une uniformisation de la création culturelle.

Au Canada, la CDEC se concentre sur deux grands dossiers : le maintien de l’exemption culturelle dans les accords de libre-échange (obtenu lors de la renégociation de l’ALENA, rebaptisé ACEUM) et l’application des politiques culturelles canadiennes dans l’environnement numérique. La CDEC a produit un mémoire en janvier 2019 dans le cadre de la révision des lois canadiennes sur la radiodiffusion et les télécommunications. Il y a aussi eu une implication importante des membres de la CDEC dans le cadre de la campagne pour les élections fédérales du 21 octobre 2019. La CDEC a également suivi de près ce qu’il s’est passé en Europe sur le droit d’auteur et la directive SMA. La CDEC travaille régulièrement avec des chercheurs, des universitaires, la Chaire UNESCO, l’UQAM. Il y a une volonté de développer le travail avec les milieux de la recherche concernant les impacts de l’intelligence artificielle sur la culture.

Au niveau du Paraguay, la priorité est de réorganiser et de renforcer l’espace de confluence entre les différents secteurs artistiques. Avec le nouveau secrétariat national à la culture, il y a eu des changements. Une table ronde pour les arts de la scène a notamment été organisée pour la première fois. D’autres ont suivi pour la musique, le théâtre, le livre, et il y a un plan national culturel qui commence à être discuté. Dans une perspective plus large, l’Amérique du Sud fait face à la vague de l’économie orange. Le néolibéralisme domine et les politiques économiques des pays se ressemblent, avec d’importantes coupes budgétaires pour la culture. Les anciennes coalitions de l’Argentine et du Brésil ont été affaiblies par le démantèlement général des ressources et des plans culturels. Au Chili, la coalition chilienne a réussi à faire adopter une loi qui entérine la célébration de la journée de la diversité culturelle le 20 octobre. La coalition chilienne travaille aussi à la préparation d’un atelier à l’intention des fonctionnaires des différents ministères du gouvernement chilien pour les sensibiliser aux aspects de la Convention de 2005.

Il y a beaucoup d’organisations très actives dans la région mais elle connaît des défis politiques important et la question des droits humains pose un problème majeur dans certains pays. La Chine est devenue un géant mondial, au même titre que les États-Unis, et c’est une menace pour la diversité des expressions culturelles, surtout pour les plus petits territoires de la région. La coalition australienne a des échanges avec la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud, notamment concernant les droits d’auteur et la collecte de redevances. La défense des droits d’auteur est un enjeu prioritaire pour la coalition australienne qui s’intéresse aussi à la présence et la valorisation des contenus locaux en ligne, mais aussi à la contribution des plateformes et du secteur des télécommunications au financement de la création artistique. Parmi les actions ayant mobilisé la société civile, Ray Argall a mentionné la campagne “Why make it Australian” menée pour défendre l’industrie audiovisuelle australienne.

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

La participation de la société civile à l’élaboration des politiques publiques

Le troisième panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur la participation de la société civile à l’élaboration des politiques publiques en Afrique. Il réunissait Annie Ngo Njock Njock (CODEC), Mohamed Diakité (Coalition malienne pour la diversité culturelle), Josh Nyapimbi (Nhimbe Trust), Malik Chaoui (GTPCA), Daves Guzha (Arterial Network).

Leur analyse s’est fondée sur un questionnaire soumis dans les deux pays aux organisations culturelles de la société civile. Sur la base des réponses à ce questionnaire, de certaines rencontres, et de l’étude de la documentation existante à ce sujet (notamment, au Mali, le document cadre qui définit la politique culturelle du pays), Annie Ngo Njock Njock et Mohamed Diakité ont montré que, dans les deux pays, il existe une implication réelle de la société civile dans l’adoption des politiques culturelles. Cependant, cette implication est encore faible et pourrait être beaucoup plus importante. Il y a beaucoup d’attentes de la part des acteurs de la société civile envers le gouvernement pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations et une meilleure implication dans les processus d’élaboration des politiques publiques. Il y a une impression générale que les initiatives en faveur de la culture restent le plus souvent au niveau des acteurs, localement, mais qu’elles ont du mal à accéder au niveau politique.

– Au Mali, la politique culturelle est pluriannuelle et le ministère de la Culture a opté pour une approche participative. L’apport des acteurs culturels a été pris en compte. Il y a cependant des acteurs plus impliqués que d’autres.

– Au Cameroun, il y a un compte d’affectation spécial pour soutenir le secteur des arts et de la culture mais cela reste insuffisant (sur un budget de 4 milliards de francs CFA pour la culture, 1 milliard seulement va aux artistes et professionnels du secteur). Il existe aussi des lois et des décrets d’application, des sociétés de gestion de droits, mais il y a un problème de financement et de management de ces sociétés de gestion.

Présentation de Mme Ngo Njock Njock et Mr Diakité

  • Josh Nyapimbi, directeur général du Nhimbe Trust, a ensuite partagé son expérience et ses réflexions concernant la rédaction des rapports périodiques quadriennaux sur la mise en oeuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO.

Il n’est pas toujours simple de mettre en oeuvre la Convention de 2005 dans certains pays ; il n’est pas simple non plus de rendre compte de ce qui a été mis en oeuvre. C’est ce qu’a expliqué Josh Nyapimbi lors de sa présentation centrée sur les défis liés à la rédaction des rapports quadriennaux fournis par les pays. Plusieurs difficultés sont à relever :

  1. Il y a un problème de gouvernance dans certains pays avec un manque de confiance de la société civile envers les gouvernements et inversement. Il y a aussi une division entre les pays occidentaux et non occidentaux, au niveau politique comme au niveau économique. L’argent dont dispose la société civile africaine provient souvent d’aides extérieures, ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions du monde.
  2. Il est difficile d’évaluer les échanges de biens et services culturels en l’absence de données. Les données sont le nouvel or mondial et elles sont de plus en plus souvent privatisées. En l’absence de données rendues publiques, il ne sera plus possible d’avoir un aperçu réaliste de ce qu’il se passe sur le terrain.
  3. L’intégration de la culture dans les objectifs de développement durable est un enjeu important. La question des changements climatiques est centrale mais tous les membres de la société civile n’ont pas les mêmes priorités sur cette question. Là encore, il y a une différence entre les régions.
  4. La promotion des droits humains et des libertés est aussi un défi important. Il faut rendre compte de ce qu’il se passe en termes de liberté artistique. Mais ce n’est pas toujours facile car les enjeux critiques sont censurés par les États.

Josh Nyapimbi s’est dit favorable à un « rapport de l’ombre ». Il a expliqué que les rapports soumis à l’UNESCO sont loin de rendre compte de la réalité et qu’il serait donc essentiel de disposer d’un rapport sur ce qu’il se passe réellement dans les pays.*

*Dans la Déclaration de Lomé pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, les participants à la conférence régionale, et notamment les organisations des pays du Sud, ont appelé à la nécessité d’établir des rapports alternatifs.

Près de soixante ans après son indépendance, l’Algérie n’est toujours pas dotée d’une politique culturelle. Les membres du GTPCA ont décidé de combler ce vide en rédigeant eux-mêmes un projet de politique. Prenant en considération l’ensemble des dimensions relatives au secteur de la culture, une centaine d’artistes, d’écrivains, d’activistes culturels, de journalistes et d’étudiants, ont engagé en 2011 un travail de concertation qui a abouti en 2013 à la publication d’une « Politique Culturelle pour l’Algérie », publiée en ligne sur le site du GTPCA. Constitué de principes clairs et de recommandations concrètes, ce projet e-participatif a pour but d’outiller l’Algérie d’une politique qui permette l’épanouissement des arts et la culture.

Malik Chaoui a évoqué aussi d’autres activités du GTPCA :

  1. Six ateliers de formation qui ont été organisés pour consolider les capacités et compétences des acteurs culturels ;
  2. Des prochaines Assises de la culture qui permettront de faire un état des lieux précis du secteur culturel algérien et qui donneront lieu à un rapport du GTPCA ;
  3. La création d’une carte culturelle de l’Algérie (www.culturemap-dz.org) lancée en 2015 pour identifier les lieux, les liens et les ressources disponibles, valoriser les talents locaux, permettre une mise en réseau des acteurs et faciliter leur mobilité. La base de données de cette plateforme est mise à jour en continu et chaque personne peut s’enregistrer et partager des informations de façon libre.

Malik Chaoui est ensuite revenu sur le contexte culturel en Algérie. Le budget de la culture a baissé de 8% entre 2017 et 2018, passant de l’équivalent de 145 millions de dollars en 2017 à 132,7 millions de dollars en 2018. Le secteur a perdu 70% de ses financements publics dans les dernières années. La Convention de 2005 n’a été ratifiée qu’en 2015. Depuis février 2019, le pays connaît d’importantes manifestations contre la corruption. Il y a un vrai appel à un renouveau culturel et une volonté d’avoir une nouvelle politique culturelle.

Présentation de Mr Chaoui

  • Daves Guzha, président d’Arterial Network, a présenté l’expérience d’Arterial auprès de l’Union africaine et le cas de l’Accord de libre-échange continental africain.

Un Plan d’action sur les industries culturelles et créatives en Afrique a été adopté à Dakar en 1992 et actualisé en 2008. En octobre 2018, Arterial Network a été approché par l’Union Africaine pour mettre à jour ce plan d’action pour les industries créatives. L’objectif est d’aligner ce plan d’action sur les enjeux du 21e siècle (droit d’auteur, enjeu du numérique…). Ce plan est censé constituer une feuille de route pour la société civile mais Daves Guzha a constaté que sur l’ensemble des organisations présentes au Congrès, seules deux ont entendu parler de son existence. En janvier 2019, de nombreuses demandes ont été envoyées aux différents pays africains pour avoir des données ; la plupart des pays ont fourni ces données mais d’autres n’ont jamais répondu. Cette feuille de route va définir les priorités pour les dix prochaines années et Daves Guzha a déploré l’absence de réaction de certains pays. Du 6 au 9 novembre 2019, l’équipe d’Arterial Network se réunit pour finir ce plan d’action. Le document sera ensuite partagé à tous les gouvernements puis soumis pour adoption en février 2020, lors de la 13e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Daves Guzha a expliqué que ce plan a été élaboré par des professionnels de la culture qui ont mené une analyse large. Il s’est félicité de ce que, pour la première fois, le réseau Arterial a réussi à faire un lien entre la société civile et l’Union africaine.

Daves Guzha est ensuite revenu sur l’Accord de libre-échange continental africain (African Continental Free Trade Agreement – AfCFTA) qui a été négocié par l’Union africaine. Entré en vigueur en mai 2019, il définit la Zone de libre-échange d’Afrique continentale. Il y a deux mois, des artistes et des créateurs se sont rencontrés à Kigali. Il y a une volonté de certains groupes d’accélérer la mise en oeuvre de l’accord en lien avec les secteurs des technologies et de la créativité. Arterial Network va lancer un appel dans les prochaines semaines pour analyser l’accord commercial. Dans chaque région (cinq au total) un expert se penchera sur les clauses de l’accord et les enjeux qu’il soulève. Interrogé sur les clauses d’exemption culturelle et la portée de l’accord  pour la diversité des expressions culturelles, Daves Guzha s’est engagé à partager avec le secrétariat de la FICDC des éléments d’information et de contextualisation.

Arterial Network travaille aussi avec l’Union africaine sur l’Africa Day, le 20 mai. Plusieurs artistes seront invités par Arterial et l’Union africaine à cette occasion. Daves Guzha a également présenté Artwatch Africa, un autre projet d’Arterial Network qui sera lancé le 25 novembre 2019. Il s’agit d’une nouvelle approche qui vise à encourager le dialogue entre les artistes et avec ceux qui élaborent les politiques culturelles.

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Prix 2019 de la diversité culturelle

Cette année, la Coalition française pour la diversité culturelle a décidé de mettre à l’honneur le cinéaste et président de la Cinémathèque française Costa-Gavras pour saluer tout particulièrement son engagement permanent en faveur de la protection et de la promotion de la création et de la diversité culturelle.

Elle récompense également l’association Clowns Sans Frontières, pour le soutien apporté à travers le spectacle vivant partout dans le monde à des populations victimes de crises humanitaires ou en situation de grande précarité, en premier lieu les enfants.

LIRE LE COMMUNIQUÉ

La culture dans la mise en oeuvre de l’agenda 2030

Quatre ans après l’adoption de l’Agenda 2030 des Nations Unies, un nouveau rapport, coordonné par le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) et Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), avec le soutien de diverses organisations, dont la FICDC, examine les progrès réalisés pour assurer la place de la culture au cœur des politiques de développement.

Grâce à une analyse exhaustive des examens nationaux volontaires (des pays) et des examens locaux volontaires (des villes), il met en lumière d’excellents exemples de gouvernements qui accordent à la culture l’attention qu’elle mérite.

Il souligne cependant que le défi consiste maintenant à généraliser cette bonne pratique. cette fin, le rapport formule un certain nombre de recommandations tant au secteur culturel lui-même qu’aux États membres. En tête de liste se trouve une campagne revitalisée – #culture2030goal. À surveiller !

LIRE LE RÉSUMÉ EXÉCUTIF