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Vidéos du 6e Congrès de la FICDC

Le 6ème Congrès de la FICDC s’est tenu à Lomé, au Togo, du 9 au 11 octobre 2019.

Décliné en une conférence panafricaine et une assemblée générale de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), il a rassemblé pendant trois jours 85 participants venus de 28 pays dont 16 pays africains.

Les conférenciers ont présenté leurs actions et discuté des enjeux panafricains et internationaux dans le cadre de sept panels qui ont fait chacun l’objet d’un compte-rendu consultable en ligne.

Lire les comptes rendus

 

Les vidéos des panels peuvent être visionnées en ligne :

Ouverture Jour 1 

 

 

 

 

Panel 1 : La mise en oeuvre de la Convention de 2005 dans l’espace africain

>>> Lire l’article : La mise en oeuvre de la Convention de 2005 dans l’espace africain

 

 

Panel 2 : Des politiques publiques pour la culture

>>> Lire l’article : Des politiques publiques pour la culture

 

 

 

Panel 3 : La participation de la société civile à l’élaboration des politiques publiques

>>> Lire l’article : La participation de la société civile à l’élaboration des politiques publiques

 

 

Panel 4 : Faire face aux grands défis pour la diversité des expressions culturelles

>>> Lire l’article : Faire face aux grands défis pour la diversité des expressions culturelles

 

 

Ouverture Jour 2

 

 

 

 

Panel 5 : Les défis de la société civile ailleurs dans le monde. Table-ronde avec des représentants de coalitions pour la diversité culturelle

>>> Lire l’article : Les défis de la société civile ailleurs dans le monde

 

 

Panels 6 et 7 : Les défis pour la diversité culturelle sur Internet / Affronter les enjeux de l’avenir par l’innovation

>>> Lire l’article : Les nouvelles réalités du marché mondialisé de la diffusion de contenus culturels numériques et les défis pour la diversité culturelle sur Internet

>>> Lire l’article : Affronter les enjeux de l’avenir par l’innovation

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Affronter les enjeux de l’avenir par l’innovation

Le dernier panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur les initiatives innovantes de la société civile pour affronter les enjeux de l’avenir. Il réunissait Brenda Uphopho (Women in the Arts) et Violet Maila (Music in Africa).

  • Brenda Uphopho a présenté le Festival Women in the Arts, issu du collectif du même nom qu’elle a cofondé en 2015. La première édition du festival a eu lieu du 15 au 17 novembre 2018.

Women in the arts (WIA) est un collectif de femmes qui travaillent dans les industries créatives de la mode, du théâtre, de la littérature, du cinéma, de la musique, de la danse, et qui partagent des idées communes. Le groupe s’est réuni pour la première fois en mars 2015 au Festival de Théâtre de Lagos, au Nigeria, et le nombre de ses membres est passé à plus de 250 femmes.

Le Festival WIA présente des performances féminines, des conférences, des activités de réseautage dans le but d’accroître la participation et l’autonomisation financière des femmes dans le secteur culturel. Le festival WIA met l’accent sur le réseautage, la performance artistiques  et les discussions. Il se déroule dans le cadre du Lagos Fringe (prochaine édition du 19 au 24 novembre 2019), qui lui donne une vitrine. L’une de ses principaux objectifs est de changer les perspectives pour les femmes.

Brenda Uphopho a expliqué que les financements du gouvernement étaient très insuffisants et qu’il fallait passer beaucoup de temps à chercher des fonds privés pour pouvoir mener à bien des projets culturels. Elle a déploré des conditions économiques difficiles mais aussi un problème majeur de corruption au Nigeria. Elle a expliqué que dans les années 1990 et 2000, les jeunes, et notamment les femmes, ont dû apprendre sur le tas. Il n’y avait pas de mentorat pour les jeunes filles, aucune formation. C’est dans ce contexte que s’est développé Nollywood, une industrie du cinéma qui s’autofinance aujourd’hui.

Un des objectifs du collectif WIA est justement de créer un système de mentorat pour renforcer les capacités des femmes. La première édition du festival a permis d’organiser des activités de plaidoyer contre la violence basée sur le genre et contre les différentes formes de harcèlement dont les femmes sont victimes. Brenda Uphopho a expliqué que la réglementation sur le harcèlement sexuel a été actualisée à Lagos mais qu’il y a encore beaucoup de travail à mener sur cette question. Le festival a aussi permis de mettre l’emphase sur la participation des femmes au processus électoral, notamment dans les villages. Plusieurs sketch et performances ont été présentés sur la question du genre. Ces sketchs feront l’objet d’une traduction en novembre 2019 et il y aura une adaptation en bande dessinée.  Il y a aussi un projet de bande dessinée prévu pour novembre 2019.

Présentation de Mme Uphopho (en anglais)

  • Violet Maila a ensuite parlé de Music in Africa, portail Web d’information et d’échange dédié au secteur de la musique africaine.

Music In Africa est une initiative à but non lucratif qui vise à soutenir le secteur de la musique africaine en favorisant l’échange de connaissances et en créant des opportunités et des capacités pour ceux qui y travaillent. Le portail Music In Africa appartient et est géré par la Fondation Music In Africa créée en 2013 et dont le siège est à Johannesburg, en Afrique du sud. Grâce à son réseau de contributeurs, la plateforme offre une gamme unique de contenus utiles et de qualité sur le secteur. Music in Africa permet notamment aux artistes, créateurs, professionnels de la musique, fans, de :

  1. Approfondir ses connaissances sur la scène musicale africaine ;
  2. Découvrir et écouter la musique du continent ;
  3. Trouver des acteurs de la scène musicale en Afrique ;
  4. Créer un profil et promouvoir son travail ;
  5. Échanger des informations relatives à la scène musicale africaine avec d’autres utilisateurs ;
  6. Accéder à des aides et à des outils à exploiter soi-même ;
  7. Contribuer à une source d’information complète et fiable.

Violet Maila a aussi parlé d’autres projets menés par la Fondation Music in Africa dans le cadre de partenariats : la plateforme EPK, pour les artistes qui souhaitent se produire dans le cadre du festival Sauti za Busara de Zanzibar, ou la conférence Music in Africa pour les collaborations, les échanges et les showcases (ACCESS), qui est organisée dans une ville africaine différente chaque année et qui permet aux artistes de montrer leurs œuvres au-delà de leur pays.

Comme d’autres conférenciers, Violet Maila a souligné l’importance de la collecte et du partage des données. Elle a aussi insisté sur la nécessité de créer des partenariats sur le continent et de parler de façon collective. Elle a expliqué finalement que, même si le cas de l’Afrique du Sud est unique en Afrique, avec un État qui joue un vrai rôle de promoteur culturel, il est essentiel pour la société civile africaine de faire valoir l’importance de son travail et de se mobiliser pour faire adopter des politiques de soutien à la culture.

Présentation de Mme Maila (en anglais)

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Les nouvelles réalités du marché mondialisé de la diffusion de contenus culturels numériques et les défis pour la diversité culturelle sur Internet

Dans le cadre de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019), Destiny Tchéhouali, professeur au département des Communications de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a présenté lors d’une conférence les réalités de la diffusion de contenus culturels numériques et les défis pour la diversité culturelle sur Internet.

Les échanges de biens et de services culturels se sont multipliés avec l’arrivée des technologies du numérique. Leur développement rapide a considérablement modifié la façon dont on accède et on consomme les biens et services culturels à travers le monde. Plusieurs études se sont penchées sur le sujet au cours des cinq dernières années (rapport 2018 sur l’état de la Francophonie numérique, étude « Pour une culture en réseaux diversifiée », rapport de l’UNESCO sur le numérique, etc.) mais trop peu d’entre elles portent sur l’Afrique. Il n’y a que très peu d’indicateurs et de données sur les consommations et les usages dans les pays ACP (Afrique, Asie-Pacifique et Caraïbes) en matière de contenus culturels en ligne. Dans son Étude sur les enjeux et les retombées économiques et artistiques de la diffusion et la distribution en ligne de contenu culturel ACP (Commission européenne, 2016-2017), Destiny Tchéhouali a constaté de fortes disparités entre les pays du Nord et du Sud en termes de diffusion et de distribution de contenus culturels numériques. Les plateformes ont permis d’élargir l’accès à certains contenus culturels, elles se positionnent de plus en plus sur les marchés locaux, mais elles contrôlent, influencent et guident nos choix. Il y a une forme de dictature des algorithmes : « Si c’est gratuit, c’est vous le produit ».

La fracture numérique entre les régions du monde peut mener à une fracture culturelle. Aujourd’hui, 4 milliards de personnes vivent encore sans Internet, dont 60% en Afrique. Destiny Tchéhouali a évoqué plusieurs défis pour la diversité des expressions culturelles en ligne dans la région:

  1. Les défis politiques et réglementaires. Les politiques culturelles des pays ACP ne sont pas adaptées. Les politiques de soutien aux industries culturelles sont centrées sur l’offre et non la demande. Il faudrait que ces politiques prennent en compte des réflexions sur la distribution et la diffusion des contenus numériques ;
  2. Les défis technologiques. Il y a souvent un manque d’infrastructures et une absence de stratégie globale pour développer l’accès aux contenus en ligne ;
  3. Le manque de professionnalisation du secteur culturel.

Destiny Tchéhouali a évoqué aussi les défis de l’accessibilité et de la découvrabilité des contenus locaux et nationaux, qui concernent l’ensemble des régions du monde. Les acteurs de l’innovation numérique essayent d’imposer leur leadership sur les acteurs culturels traditionnels. Il y a un fossé entre les logiques de recommandation de contenus culturels et la présence effective, l’accessibilité et la découvrabilité de nos contenus sur le Web. Au lieu de favoriser la diversité des expressions culturelles en ligne, les algorithmes ont plutôt tendance à imposer leur dictature et à nous enfermer dans des goûts. Il faut réfléchir à un moyen de réglementer les GAFA, comme le fait l’Union européenne qui a adopté des directives en ce sens. L’enjeu est aussi d’innover au niveau local. Plusieurs plateformes ont déjà vu le jour en Afrique : Afrostream, par exemple, qui a connu un grand succès pendant trois ans, ou Musik Bi, plateforme innovante au Sénégal. À l’avenir, les efforts pourraient se concentrer sur le développement de plateformes alternatives mutualisées.

Présentation de Mr Tchéhouali

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Les défis de la société civile ailleurs dans le monde : discussion avec des représentants de coalitions pour la diversité culturelle

La seconde journée de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a débuté par une table ronde sur les défis rencontrés par la société civile ailleurs qu’en Afrique. Elle a réuni plusieurs représentants de coalitions pour la diversité culturelle : Guillaume Prieur (Coalition française), Jérôme Payette (Coalition canadienne), Alejandra Diaz (Coalition paraguayenne), Ray Argall (Coalition australienne).

Au niveau européen, les coalitions ont été mobilisées par la question de la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique avec plusieurs directives européennes :

  1. La directive sur le droit d’auteur, avec notamment un volet sur le transfert de valeur et un deuxième volet sur le triangle de transparence ;
  2. La directive sur les services de médias audiovisuels (SMA).

L’objectif de ces directives est de réguler les plateformes numériques en faveur de la création, de les intégrer à l’économie de la création. La prochaine étape, qui va être cruciale, est celle de la transposition des directives dans les États membres. Dans le futur, au-delà des réglementations obtenues, il faut aussi aller vers une régulation des algorithmes et de l’intelligence artificielle, l’objectif étant d’empêcher une uniformisation de la création culturelle.

Au Canada, la CDEC se concentre sur deux grands dossiers : le maintien de l’exemption culturelle dans les accords de libre-échange (obtenu lors de la renégociation de l’ALENA, rebaptisé ACEUM) et l’application des politiques culturelles canadiennes dans l’environnement numérique. La CDEC a produit un mémoire en janvier 2019 dans le cadre de la révision des lois canadiennes sur la radiodiffusion et les télécommunications. Il y a aussi eu une implication importante des membres de la CDEC dans le cadre de la campagne pour les élections fédérales du 21 octobre 2019. La CDEC a également suivi de près ce qu’il s’est passé en Europe sur le droit d’auteur et la directive SMA. La CDEC travaille régulièrement avec des chercheurs, des universitaires, la Chaire UNESCO, l’UQAM. Il y a une volonté de développer le travail avec les milieux de la recherche concernant les impacts de l’intelligence artificielle sur la culture.

Au niveau du Paraguay, la priorité est de réorganiser et de renforcer l’espace de confluence entre les différents secteurs artistiques. Avec le nouveau secrétariat national à la culture, il y a eu des changements. Une table ronde pour les arts de la scène a notamment été organisée pour la première fois. D’autres ont suivi pour la musique, le théâtre, le livre, et il y a un plan national culturel qui commence à être discuté. Dans une perspective plus large, l’Amérique du Sud fait face à la vague de l’économie orange. Le néolibéralisme domine et les politiques économiques des pays se ressemblent, avec d’importantes coupes budgétaires pour la culture. Les anciennes coalitions de l’Argentine et du Brésil ont été affaiblies par le démantèlement général des ressources et des plans culturels. Au Chili, la coalition chilienne a réussi à faire adopter une loi qui entérine la célébration de la journée de la diversité culturelle le 20 octobre. La coalition chilienne travaille aussi à la préparation d’un atelier à l’intention des fonctionnaires des différents ministères du gouvernement chilien pour les sensibiliser aux aspects de la Convention de 2005.

Il y a beaucoup d’organisations très actives dans la région mais elle connaît des défis politiques important et la question des droits humains pose un problème majeur dans certains pays. La Chine est devenue un géant mondial, au même titre que les États-Unis, et c’est une menace pour la diversité des expressions culturelles, surtout pour les plus petits territoires de la région. La coalition australienne a des échanges avec la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud, notamment concernant les droits d’auteur et la collecte de redevances. La défense des droits d’auteur est un enjeu prioritaire pour la coalition australienne qui s’intéresse aussi à la présence et la valorisation des contenus locaux en ligne, mais aussi à la contribution des plateformes et du secteur des télécommunications au financement de la création artistique. Parmi les actions ayant mobilisé la société civile, Ray Argall a mentionné la campagne “Why make it Australian” menée pour défendre l’industrie audiovisuelle australienne.

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Faire face aux grands défis pour la diversité des expressions culturelles

Le quatrième panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur les défis actuels et futurs pour la diversité des expressions culturelles. Il réunissait Samuel Sangwa (CISAC), Ivana Otasevic (Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles), Édith Katiji (Syndicat des musiciens du Zimbabwe), Luc Yatchokeu (REPAC).

Il a d’abord rappelé le rôle des sociétés de gestion de droits d’auteur, qui permettent de rémunérer et de reconnaitre les créateurs, puis a présenté la CISAC et son action en Afrique. Avec 37 sociétés de droits d’auteurs dans 31 pays, la CISAC est présente partout sur le continent, de l’Algérie à l’Afrique du Sud en passant par le Togo. La CISAC produit chaque année un rapport des collectes au niveau mondial. En 2017, sur 9 milliards d’euros collectés à l’échelle mondiale, la part de l’Afrique ne représentait que 75 millions, soit 0,8% du total. Samuel Sangwa a déploré le fait que les créateurs africains ne sont pas rémunérés à la hauteur des exploitations de leurs œuvres. Il a énuméré les défis majeurs à la croissance des collectes en Afrique :

  1. La résistance des usagers : méconnaissance du droit d’auteur, refus délibéré du principe du paiement de la redevance ;
  2. L’efficacité opérationnelle des organisations de gestion collective : concession des licences aux usagers, maillage du territoire, gestion des droits exploitation numérique ;
  3. Les cadres législatifs désuets, inadaptés ou inadéquats

Il a aussi précisé que seuls huit pays africains parviennent aujourd’hui à collecter la taxe sur la copie privée. Samuel Sangwa a ensuite énuméré les défis et les campagnes prioritaires pour la CISAC :

  1. Le transfert de la valeur sur les plateformes ;
  2. Le droit de suite pour les créateurs d’œuvres artistiques (arts visuels et métiers d’art) ;
  3. Le droit à une rémunération équitable pour les auteurs d’œuvres audiovisuelles

Il a présenté de label « Copyright Friendly », lancé au Cap-Vert, qui pourra être décerné aux festivals, organisations, événements respectueux du droit d’auteur. Enfin, il a fait valoir que la notion de droit d’auteur a toujours fait partie de la culture africaine et il a appelé au respect des droits de créateurs, en Afrique comme ailleurs dans le monde.

Présentation de Mr Sangwa

  • Dans une deuxième intervention, Ivana Otasevic, coordinatrice de la Chaire Unesco sur la diversité des expressions culturelles, a présenté le Guide sur les clauses culturelles dans les accords de commerce élaboré par Véronique Guèvremont (titulaire de la Chaire) et Ivan Bernier (professeur émérite de la faculté de droit de l’Université Laval).

Le guide de la Chaire répond à plusieurs objectifs :

  1. Sensibiliser les États aux implications possibles des négociations commerciales pour le secteur de la culture ;
  2. Aider les États à développer leurs capacités afin qu’ils puissent choisir les clauses culturelles appropriées pour préserver leur droit souverain d’intervenir en faveur de la culture ;
  3. Présenter les meilleures pratiques qui ont été développées par certains États au cours des 15 dernières années ;
  4. Inspirer de nouvelles initiatives de protection et de promotion de la diversité culturelle dans les accords de commerce (en particulier en matière de commerce numérique).

Ce guide offre une approche basée sur la pratique des États. Il se fonde sur une étude comparative de 99 accords de libre-échange conclus depuis l’adoption de la Convention de 2005. La Chaire a identifié les clauses culturelles les plus pertinentes se trouvant dans ces accords puis a formulé des recommandations. Le guide est structuré en quatre étapes. Il invite en premier lieu les États (et les organisations de la société civile qui utilisent le guide pour faire pression sur leurs États) à bien connaître leur propre secteur culturel, à comprendre les mécanismes du libre-échange et leur impact potentiel sur le secteur de la culture, et à développer une connaissance des clauses culturelles et des instruments commerciaux existants. Dans un deuxième temps, le guide fait des recommandations concernant la préparation à la négociation d’un nouvel accord de commerce comportant des clauses culturelles. Dans un troisième temps, il donne des indications sur les principaux chapitres de l’accord pour l’incorporation des clauses culturelles. Il souligne l’importance de définir exactement ce que l’on souhaite protéger et de porter une attention particulière au commerce électronique. La dernière étape du guide concerne le suivi de l’accord de libre-échange négocié et la mise en œuvre des clauses culturelles.

Présentation de Mme Otasevic

  • Édith Katiji, présidente du Syndicat des musiciens du Zimbabwe, a ensuite abordé un troisième défi majeur pour la diversité des expressions culturelles : celui de la participation et des conditions des femmes dans le secteur de la culture.

Trois choses principales affectent les femmes dans les sphères culturelles :

  1. Les rôles définis, imposés et attendus des femmes ;
  2. Un milieu de travail souvent dangereux pour elles ;
  3. Leur exclusion de la participation à l’économie de la culture.

Édith Katiji a été membre d’un groupe de musique entièrement composé de femmes qui s’est produit partout au Zimbabwe. Elle a constaté beaucoup  de préjugés autour de leurs performances. Certains s’attendaient à ce qu’elles jouent un type de musique et pas un autre, réservé aux hommes, d’autres avaient des attentes similaires concernant les paroles. Il y avait aussi des préjugés liés à leur présence sur scène, beaucoup s’attendaient à les voir danser d’une certaine façon jugée « féminine ».

Édith Katiji a ensuite évoqué les nombreux cas de femmes confrontées à des abus de toutes sortes – émotionnels, physiques, sexuels – sur leur lieu de travail. Elle a déploré les cas de discrimination, d’attitudes sexistes et de mépris général qui découragent les femmes de continuer à travailler dans le secteur culturel. Les femmes sont facilement victimes de comportements sexistes voire d’exploitation sexuelle. Des faveurs sexuelles peuvent être exigées des artistes et créatrices en échange d’une promotion ou d’une exposition de leur travail. Les industries de la culture et de la création sont le plus souvent dirigées par des hommes et la plupart des décisions sont donc exclusivement prises par eux. Cela crée une situation où les femmes sont exclues de toute décision avantageuse.

Par ailleurs, une grande part de l’exclusion des femmes ne se produit pas au grand jour. Les hommes peuvent décider que les interprètes féminines n’ont pas leur place dans tel ou tel événement. Dans d’autres cas, ils considèrent que le type de public attendu ne convient pas à une interprète féminine. Certains promoteurs masculins peuvent aussi juger que le type de musique joué par une femme est inadapté à certains publics. Face à ces blocages, les femmes se tournent souvent vers des organisations privées pour se produire. Mais il n’y a que peu d’attention publique accordée aux événements privés et les femmes sont donc le plus souvent exclues de l’espace médiatique. Sans cette couverture médiatique, elles sont moins visibles et gagnent moins. Certaines utilisent les médias sociaux pour se faire connaître mais cela n’a pas le même impact car les médias traditionnels sont encore dominants sur le continent (au Zimbabwe, c’est la radio qui est le premier canal de diffusion).

Édith Katiji a conclu sa présentation en appelant les sociétés africaines à revoir leur histoire et à se pencher sur la façon de parvenir à un équilibre entre les hommes et les femmes, dans le secteur culturel et dans toutes les sphères de la société.

Présentation de Mme Katiji (en anglais)

  • Dernier intervenant du panel, Luc Yatchokeu, coordinateur du Regroupement des Professionnels des Arts et Culture d’Afrique Centrale (REPAC), a présenté le projet Art Connect Africa.

Plateforme de coopération et d’échanges culturels, Art Connect Africa (www.artconnectafrica.com) a été conçue pour encourager et développer les relations culturelles entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. À l’origine du projet, il y a une volonté des acteurs culturels d’Afrique du Nord et de ceux d’Afrique subsaharienne de se rapprocher et de renforcer les échanges entre les deux régions. Les acteurs culturels ont le souci de présenter à travers les arts une Afrique unie, qui apparaissait il y a quelques années comme deux continents différents.

La plateforme met en relation plusieurs acteurs différents : artistes, professionnels, festivals, organisations professionnelles, lieux d’expression culturelle, médias, institutions culturelles. Elle concerne toutes les disciplines artistiques : musique, arts de la scène, arts visuels, sculpture, littérature, cinéma, architecture. Luc Yatchokeu est revenu sur la façon dont le projet a été élaboré avec, d’une part, la confection d’une plateforme numérique (site internet et application), et, d’autre part, la mise sur pied et l’animation d’un programme panafricain pour accompagner les initiatives de coopération et d’échange.

Les résultats attendus sont divers : construction d’une communauté artistique, partage d’informations sur les collaborations en cours et sur les opportunités, appui aux projets, production de statistiques, renforcement de la coopération et des échanges, exploration de nouveaux marchés.

Présentation de Mr Yatchokeu

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

La participation de la société civile à l’élaboration des politiques publiques

Le troisième panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur la participation de la société civile à l’élaboration des politiques publiques en Afrique. Il réunissait Annie Ngo Njock Njock (CODEC), Mohamed Diakité (Coalition malienne pour la diversité culturelle), Josh Nyapimbi (Nhimbe Trust), Malik Chaoui (GTPCA), Daves Guzha (Arterial Network).

Leur analyse s’est fondée sur un questionnaire soumis dans les deux pays aux organisations culturelles de la société civile. Sur la base des réponses à ce questionnaire, de certaines rencontres, et de l’étude de la documentation existante à ce sujet (notamment, au Mali, le document cadre qui définit la politique culturelle du pays), Annie Ngo Njock Njock et Mohamed Diakité ont montré que, dans les deux pays, il existe une implication réelle de la société civile dans l’adoption des politiques culturelles. Cependant, cette implication est encore faible et pourrait être beaucoup plus importante. Il y a beaucoup d’attentes de la part des acteurs de la société civile envers le gouvernement pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations et une meilleure implication dans les processus d’élaboration des politiques publiques. Il y a une impression générale que les initiatives en faveur de la culture restent le plus souvent au niveau des acteurs, localement, mais qu’elles ont du mal à accéder au niveau politique.

– Au Mali, la politique culturelle est pluriannuelle et le ministère de la Culture a opté pour une approche participative. L’apport des acteurs culturels a été pris en compte. Il y a cependant des acteurs plus impliqués que d’autres.

– Au Cameroun, il y a un compte d’affectation spécial pour soutenir le secteur des arts et de la culture mais cela reste insuffisant (sur un budget de 4 milliards de francs CFA pour la culture, 1 milliard seulement va aux artistes et professionnels du secteur). Il existe aussi des lois et des décrets d’application, des sociétés de gestion de droits, mais il y a un problème de financement et de management de ces sociétés de gestion.

Présentation de Mme Ngo Njock Njock et Mr Diakité

  • Josh Nyapimbi, directeur général du Nhimbe Trust, a ensuite partagé son expérience et ses réflexions concernant la rédaction des rapports périodiques quadriennaux sur la mise en oeuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO.

Il n’est pas toujours simple de mettre en oeuvre la Convention de 2005 dans certains pays ; il n’est pas simple non plus de rendre compte de ce qui a été mis en oeuvre. C’est ce qu’a expliqué Josh Nyapimbi lors de sa présentation centrée sur les défis liés à la rédaction des rapports quadriennaux fournis par les pays. Plusieurs difficultés sont à relever :

  1. Il y a un problème de gouvernance dans certains pays avec un manque de confiance de la société civile envers les gouvernements et inversement. Il y a aussi une division entre les pays occidentaux et non occidentaux, au niveau politique comme au niveau économique. L’argent dont dispose la société civile africaine provient souvent d’aides extérieures, ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions du monde.
  2. Il est difficile d’évaluer les échanges de biens et services culturels en l’absence de données. Les données sont le nouvel or mondial et elles sont de plus en plus souvent privatisées. En l’absence de données rendues publiques, il ne sera plus possible d’avoir un aperçu réaliste de ce qu’il se passe sur le terrain.
  3. L’intégration de la culture dans les objectifs de développement durable est un enjeu important. La question des changements climatiques est centrale mais tous les membres de la société civile n’ont pas les mêmes priorités sur cette question. Là encore, il y a une différence entre les régions.
  4. La promotion des droits humains et des libertés est aussi un défi important. Il faut rendre compte de ce qu’il se passe en termes de liberté artistique. Mais ce n’est pas toujours facile car les enjeux critiques sont censurés par les États.

Josh Nyapimbi s’est dit favorable à un « rapport de l’ombre ». Il a expliqué que les rapports soumis à l’UNESCO sont loin de rendre compte de la réalité et qu’il serait donc essentiel de disposer d’un rapport sur ce qu’il se passe réellement dans les pays.*

*Dans la Déclaration de Lomé pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, les participants à la conférence régionale, et notamment les organisations des pays du Sud, ont appelé à la nécessité d’établir des rapports alternatifs.

Près de soixante ans après son indépendance, l’Algérie n’est toujours pas dotée d’une politique culturelle. Les membres du GTPCA ont décidé de combler ce vide en rédigeant eux-mêmes un projet de politique. Prenant en considération l’ensemble des dimensions relatives au secteur de la culture, une centaine d’artistes, d’écrivains, d’activistes culturels, de journalistes et d’étudiants, ont engagé en 2011 un travail de concertation qui a abouti en 2013 à la publication d’une « Politique Culturelle pour l’Algérie », publiée en ligne sur le site du GTPCA. Constitué de principes clairs et de recommandations concrètes, ce projet e-participatif a pour but d’outiller l’Algérie d’une politique qui permette l’épanouissement des arts et la culture.

Malik Chaoui a évoqué aussi d’autres activités du GTPCA :

  1. Six ateliers de formation qui ont été organisés pour consolider les capacités et compétences des acteurs culturels ;
  2. Des prochaines Assises de la culture qui permettront de faire un état des lieux précis du secteur culturel algérien et qui donneront lieu à un rapport du GTPCA ;
  3. La création d’une carte culturelle de l’Algérie (www.culturemap-dz.org) lancée en 2015 pour identifier les lieux, les liens et les ressources disponibles, valoriser les talents locaux, permettre une mise en réseau des acteurs et faciliter leur mobilité. La base de données de cette plateforme est mise à jour en continu et chaque personne peut s’enregistrer et partager des informations de façon libre.

Malik Chaoui est ensuite revenu sur le contexte culturel en Algérie. Le budget de la culture a baissé de 8% entre 2017 et 2018, passant de l’équivalent de 145 millions de dollars en 2017 à 132,7 millions de dollars en 2018. Le secteur a perdu 70% de ses financements publics dans les dernières années. La Convention de 2005 n’a été ratifiée qu’en 2015. Depuis février 2019, le pays connaît d’importantes manifestations contre la corruption. Il y a un vrai appel à un renouveau culturel et une volonté d’avoir une nouvelle politique culturelle.

Présentation de Mr Chaoui

  • Daves Guzha, président d’Arterial Network, a présenté l’expérience d’Arterial auprès de l’Union africaine et le cas de l’Accord de libre-échange continental africain.

Un Plan d’action sur les industries culturelles et créatives en Afrique a été adopté à Dakar en 1992 et actualisé en 2008. En octobre 2018, Arterial Network a été approché par l’Union Africaine pour mettre à jour ce plan d’action pour les industries créatives. L’objectif est d’aligner ce plan d’action sur les enjeux du 21e siècle (droit d’auteur, enjeu du numérique…). Ce plan est censé constituer une feuille de route pour la société civile mais Daves Guzha a constaté que sur l’ensemble des organisations présentes au Congrès, seules deux ont entendu parler de son existence. En janvier 2019, de nombreuses demandes ont été envoyées aux différents pays africains pour avoir des données ; la plupart des pays ont fourni ces données mais d’autres n’ont jamais répondu. Cette feuille de route va définir les priorités pour les dix prochaines années et Daves Guzha a déploré l’absence de réaction de certains pays. Du 6 au 9 novembre 2019, l’équipe d’Arterial Network se réunit pour finir ce plan d’action. Le document sera ensuite partagé à tous les gouvernements puis soumis pour adoption en février 2020, lors de la 13e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Daves Guzha a expliqué que ce plan a été élaboré par des professionnels de la culture qui ont mené une analyse large. Il s’est félicité de ce que, pour la première fois, le réseau Arterial a réussi à faire un lien entre la société civile et l’Union africaine.

Daves Guzha est ensuite revenu sur l’Accord de libre-échange continental africain (African Continental Free Trade Agreement – AfCFTA) qui a été négocié par l’Union africaine. Entré en vigueur en mai 2019, il définit la Zone de libre-échange d’Afrique continentale. Il y a deux mois, des artistes et des créateurs se sont rencontrés à Kigali. Il y a une volonté de certains groupes d’accélérer la mise en oeuvre de l’accord en lien avec les secteurs des technologies et de la créativité. Arterial Network va lancer un appel dans les prochaines semaines pour analyser l’accord commercial. Dans chaque région (cinq au total) un expert se penchera sur les clauses de l’accord et les enjeux qu’il soulève. Interrogé sur les clauses d’exemption culturelle et la portée de l’accord  pour la diversité des expressions culturelles, Daves Guzha s’est engagé à partager avec le secrétariat de la FICDC des éléments d’information et de contextualisation.

Arterial Network travaille aussi avec l’Union africaine sur l’Africa Day, le 20 mai. Plusieurs artistes seront invités par Arterial et l’Union africaine à cette occasion. Daves Guzha a également présenté Artwatch Africa, un autre projet d’Arterial Network qui sera lancé le 25 novembre 2019. Il s’agit d’une nouvelle approche qui vise à encourager le dialogue entre les artistes et avec ceux qui élaborent les politiques culturelles.

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Des politiques publiques pour la culture

Le second panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur les politiques publiques africaines en faveur de la culture. Étaient invités pour ce panel Donikpo Kone (UEMOA), et Komi N’kegbe Foga Tublu (CELTHO – UNA).

Créée le 10 janvier 1994 à Dakar, l’Union économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) regroupe huit États africains : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Le secteur culturel de l’UEMOA mobilise une grande partie de la population régionale mais contribue encore faiblement à l’économie de la zone. Plusieurs raisons expliquent ce paradoxe : la prédominance de l’informel, le manque de professionnalisation du secteur, l’absence d’indicateurs vérifiables pour mesurer l’impact social et économique de la culture, la rareté des ressources financières. Donikpo Kone a souligné également l’absence de leadership pour le secteur et le manque de promotion pour les ressources culturelles.

L’UEMOA s’est dotée d’une politique commune de développement culturel en octobre 2013 et d’un  Programme Régional de Développement Culturel de l’UEMOA (PRDC-UEMOA) en septembre 2014. Ce programme s’assigne comme objectif global de contribuer à valoriser la culture comme source de création de richesses et de rayonnement de l’UEMOA. Spécifiquement, le PDC-UEMOA ambitionne de développer un marché régional structuré et attractif des biens et services culturels et d’améliorer la visibilité des expressions culturelles de l’UEMOA. Les résultats attendus sont les suivants :

  1. Une meilleure protection de la propriété littéraire et artistique ;
  2. Des entreprises culturelles pourvoyeuses d’emplois et génératrices de revenus ;
  3. Un marché régional des biens et services culturels structuré et productif ;
  4. Une meilleure circulation des acteurs, biens et services culturels au sein de l’Union ;
  5. Des biens et services culturels labellisés et davantage promus dans la sous-région et au niveau international ;
  6. L’inscription de la culture dans les stratégies nationales de développement ;
  7. Un système d’information sur la culture est fonctionnel.

Concernant la promotion de la diversité culturelle, Donikpo Kone a souligné l’implication de l’UEMOA dans l’élaboration de textes réglementaires et l’appui aux manifestations culturelles et artistiques. Il a également mentionné la mise en place d’un système d’information régional sur la culture (SIRC) et l’élaboration d’un mécanisme de promotion des entreprises culturelles. Interrogé sur la présence et la visibilité de la diversité des expressions culturelles en ligne, il a expliqué que la plateforme SIRC allait favoriser la visibilité des contenus culturels mais qu’elle impliquait une responsabilité de la part des pays concernant le partage des informations et des données. Au sujet du coût élevé d’internet dans les pays de l’UEMOA, il a indiqué que plusieurs départements de l’organisation travaillent actuellement  sur cette question.

Présentation de Mr Kone

Il a expliqué que l’Union Africaine ne dispose pas de politique culturelle propre mais qu’elle s’est pourvue d’outils et d’institutions. Parmi ces outils, la Charte de la renaissance culturelle africaine a été adoptée en 2006, et sa ratification est en cours. Komi N’kegbe Foga Tublu a déploré la lenteur du processus de ratification mais annoncé que le quota venait d’être atteint pour que la Charte entre officiellement en vigueur. Il a mentionné par ailleurs L’Agenda 2063, cadre stratégique pour la réalisation de l’objectif de développement inclusif et durable de l’Afrique, qui dispose d’un volet « Patrimoine culturel, arts créatifs et entreprises ». L’Union Africaine a aussi mis en place différents organes et institutions : une division de la culture à Addis-Abeba, le CELHTO à Niamey, l’Académie africaine de langues à Bamako. Le CELHTO a pour objectif principal de contribuer au rayonnement culturel du continent, d’appuyer le développement des industries culturelles en Afrique et d’accompagner les approches de la société civile. Le CELHTO développe plusieurs programmes :

  1. Un programme de numérisation ;
  2. Un programme de collecte ;
  3. Un programme de recherche et de valorisation des résultats ;
  4. Un programme d’appui à la société civile culturelle : renforcement capacités, appui à rencontres culturelles, appui à la mobilité des artistes.

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

La mise en œuvre de la Convention de 2005 dans l’espace africain

Le premier panel de la Conférence régionale  « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (9 et 10 octobre 2019) a porté sur la mise en oeuvre de la Convention de 2005 dans l’espace africain. Il réunissait Michel Saba (CERAV), Marie Isabelle Ba (OIF) et Kodjo Cyriaque Noussouglo (Coalition togolaise pour la diversité culturelle, FICDC).

  • Michel Saba, délégué général du Centre régional pour les arts vivants en Afrique (CERAV), a présenté les organes du CERAV/Afrique et ses différentes missions en lien avec la Convention de 2005.

Près d’une quinzaine d’États africains bénéficient d’un appui du CERAV qui se donne notamment pour objectif d’accompagner la mise en oeuvre de la Convention de 2005. Michel Saba a souligné le rôle essentiel des coalitions nationales dans les processus de ratification (46 États africains ont ratifié la Convention à ce jour) et leur mobilisation dans la mise en oeuvre de politiques favorables à la diversité des expressions culturelles. Au niveau du CERAV, un premier atelier régional sur la Convention de 2005 a été organisé à Niamey en août 2017. L’organisation s’implique aussi dans la production des rapports quadriennaux qui rendent compte de ce qui est fait à l’échelle des pays pour respecter les engagements pris dans le cadre de la Convention. Michel Saba est revenu sur les difficultés rencontrées pour traduire la Convention dans les politiques publiques et sur l’importance de l’expertise de la société civile. Il a plaidé pour une meilleure organisation et davantage de dialogue entre les parties prenantes. Au cours des prochaines années, le CERAV prévoit de développer un centre de ressources sur la Convention de 2005 et de mettre en place une plateforme numérique d’échange entre les organisations de la société civile. Plusieurs événements seront aussi organisés autour de la Convention : célébration de la journée mondiale de la diversité des expressions culturelles, organisation d’ateliers de partage d’expériences, organisation d’un colloque sur la mobilité des artistes.

  • Marie Isabelle Ba, attachée au programme « Politiques linguistiques et stratégies de développement culturel » de la direction « Langue française, culture et diversités » de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est ensuite revenue sur le rôle de l’OIF dans l’adoption de la Convention de 2005 et dans sa mise en oeuvre aujourd’hui.

Après une présentation des domaines d’intervention et des priorités de l’OIF (mise en place d’échanges, accompagnement des États, structuration de la société civile…), Marie Isabelle Ba a détaillé les sept points de contribution de l’OIF à la mise en oeuvre de la Convention de 2005 dans l’espace africain :

  1. Renforcement des politiques publiques (lancement en 2010 d’un projet pilote d’appui aux politiques et industries culturelles) ;
  2. Mesures de soutien à la création et à l’accès à la culture (réseau mondial des Centres de lecture et d’animation culturelle CLAC) ;
  3. Participation de la société civile ;
  4. Intégration de la culture dans le développement durable ;
  5. Coopération pour le développement (MASA, Prix des 5 continents, Fonds de soutien à la circulation du spectacle vivant et des arts visuels, programmes « En scène ! », « Édition limitée » et « Images », FESPACO à Ouagadougou, Vues d’Afrique à Montréal) ;
  6. Échange, analyse et diffusion de l’information (réalisation d’une cartographie des entreprises et industries culturelles) ;
  7. Concertation et coordination internationales (complémentarité avec les autres acteurs de la coopération internationale : OMPI, UNESCO, Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture, l’UEMOA, ACP).

Interrogée sur les critères de sélection des projets financés par l’OIF, Marie Isabelle Ba a expliqué qu’ils étaient choisis en fonction de leurs objectifs et de leur viabilité. Quatre pays africains ont été aidés en 2010 et quatre autres le sont actuellement.

Présentation de Mme Ba

  • Troisième intervenant du panel, Kodjo Cyriaque Noussouglo, président de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle et Vice-président de la FICDC, a présenté les préoccupations de la société civile africaine concernant la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles sur le continent.

Kodjo Cyriaque Noussouglo a débuté son allocution par le constat suivant : malgré le dynamisme et le foisonnement des activités culturelles en Afrique, la majorité des acteurs culturels a l’impression que rien ne se fait. Le secteur culturel est dominé, les mesures de protection et de promotion manquent et il y a d’importants problèmes en termes de ressources économiques et humaines. Appelant à une amélioration rapide de l’environnement juridique et institutionnel, il a expliqué que les fonds sectoriels pour la culture ne règlent pas les problèmes liés aux défis structurels : défi de la décentralisation culturelle, défi du financement, défi du renforcement des capacités, défi de mesure et défi de la sensibilisation aux enjeux de la diversité des expressions culturelles. Kodjo Cyriaque Noussouglo est ensuite revenu sur les différents chapitres de la Convention de 2005. Il a souligné que la Convention reconnait l’importante contribution des artistes et insisté sur le fait que les États doivent respecter leurs engagements, faire en sorte que la diversité des expressions culturelle soit valorisée et protégée et permettre aux artistes de vivre mieux de leur art. Interrogé sur la structuration des industries culturelles en Afrique et sur leur capacité à créer de la richesse, il a confirmé l’existence de secteurs culturels développés et dynamiques, le livre, les arts visuels, la musique, le cinéma, mais a déploré un manque d’investissement dans des politiques innovantes pour soutenir ces industries et leur permettre de participer plus largement à l’économie des pays.*

*Pour des données sur la contribution des secteurs culturels et créatifs à l’économie mondiale par secteur et par région, voir l’étude « Un monde très culturel : Premier panorama mondial de l’économie de la culture et de la création ».

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

6e Congrès de la FICDC : Élection d’un nouveau conseil d’administration et de nouveaux officiers

À l’occasion du 6e congrès de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), les membres de la FICDC ont élu un nouveau conseil d’administration pour les quatre prochaines années. Ces nouveaux élus ont ensuite désigné les nouveaux dirigeants de la FICDC.

Voici la composition du conseil d’administration de la FICDC :

  • Beat Santschi, président
  • Mane Nett, vice-présidente, Amériques
  • Kodjo Cyriaque Noussouglo, vice-président, Afrique
  • Ray Argall, vice-président, Asie-pacifique
  • Mahamadou Adamou, trésorier
  • Guillaume Prieur, secrétaire
  • Holly Aylett, administratrice

La direction de la FICDC est complétée par Nathalie Guay, secrétaire générale.

Lors de l’Assemblée générale, les délégués ont identifié les priorités et discuté des plans d’action pour les années à venir. La FICDC travaillera au cours des trois prochaines années sur les accords de commerce, la diversité des expressions culturelles en ligne, la mobilité des artistes et les données sur la diversité des expressions culturelles. Elle se mobilisera aussi en vue de renouveler l’intérêt pour la Convention de 2005 et continuera de faire un suivi de la Convention en assurant la participation de la société civile.

Le prochain Congrès de la FICDC aura lieu en 2022-2023. Le lieu et la date seront communiqués au cours de l’année 2021.

6e Congrès de la FICDC : Retour sur la conférence régionale

Le 6ème Congrès de la FICDC s’est tenu à Lomé, au Togo, du 9 au 11 octobre 2019. Décliné en une conférence panafricaine et une assemblée générale de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), il a rassemblé pendant trois jours 85 participants venus de 28 pays dont 16 pays africains.

Le coup d’envoi du congrès a été donné le 9 octobre par Kodjo Cyriaque Noussouglo, président de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle et vice-président de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC), qui a ouvert la conférence régionale « Perspectives panafricaines pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ». Éric Adja, directeur du Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest (BRAO) de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), et Donikpo Kone, chargé des affaires culturelles à la Direction de la culture de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ont ensuite fait une allocution avant de laisser la parole à Philippe Alarie, attaché aux affaires éducatives et culturelles à la Délégation générale du Québec à Dakar, qui a clos l’ouverture protocolaire du congrès par un mot de bienvenue aux participants.

Les premiers panels de la conférence ont été animés par Kangni Alemdjrodo, écrivain, professeur d’université et représentant du Chef de l’État togolais au Conseil permanent de la Francophonie (CPF), qui a notamment interpellé les représentants des différentes institutions sur leurs programmes en faveur de la diversité des expressions culturelles. Le deuxième jour de la conférence a été ouvert par le ministre de la culture, du tourisme et des loisirs du Togo, Mr Kossivi Egbetonyo, qui a réaffirmé le soutien du gouvernement togolais à l’organisation du Congrès.

Les conférenciers ont présenté leurs actions et discuté des enjeux panafricains et internationaux dans le cadre de sept panels qui ont fait chacun l’objet d’un compte-rendu consultable en ligne :

 

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

 

 

Bourses de participation au Congrès : appel à candidatures

La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) offre un nombre limité de bourses de participation au congrès de la FICDC.

Deux catégories de bourses sont proposées :

  • Une bourse de participation à la conférence régionale (9 et 10 octobre);
  • Une bourse de participation à la conférence régionale et à l’assemblée générale de la FICDC (9, 10 et 11 octobre) réservée aux membres de la FICDC dont l’adhésion est en règle.

CRITÈRES D’ADMISSIBILITÉ (POUR LES BOURSES SEULEMENT)

  • Être membre d’une coalition nationale pour la diversité culturelle (toutes régions du monde);
  • Être représentant d’une organisation ayant adhéré à la Fédération à titre de membre associé (les nouvelles adhésions en prévision du congrès seront considérées) (toutes régions du monde);
  • Être observateur représentant une organisation de professionnels de la culture en Afrique;
  • Comprendre le français ou l’anglais, les deux langues du congrès, ou avoir la possibilité d’être accompagné d’un interprète. Le secrétariat tentera, dans la mesure du possible, d’aider des participants à entrer en contact avec des interprètes locaux, mais ne pourra pas prendre en charge les frais.

DOSSIER DE CANDIDATURE

  • Un curriculum vitae;
  • Une lettre de motivation de deux pages avec les éléments suivants :
    • Vos expériences professionnelles les plus pertinentes;
    • Votre action au sein de la coalition nationale pour la diversité culturelle et/ou du milieu associatif de la culture;
    • Ce qui motive votre participation au congrès de la FICDC (pertinence par rapport à votre activité, perspectives d’action à l’issue du congrès);
  • Un court dossier présentant l’organisation représentée et résumant ses activités. L’objectif de démontrer que l’organisation déploie une action, même modeste, dans le secteur culturel (courte description des activités de l’organisation, rapport d’activité récent, publications, liens vers le site web, page Facebook ou autre réseaux sociaux, programmes ou parutions liées à un événement organisé, etc.). Pour les observateurs, tout autre document attestant de votre implication en faveur de la diversité des expressions culturelle;
  • Lettre d’appui de la coalition nationale pour la diversité culturelle ou de l’association professionnelle représentée.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

  • Possession ou possibilité d’obtenir un visa valide pour le Togo : notez que toutes les dépenses avancées pour l’obtention d’un visa doivent être approuvés au préalable par le secrétariat, sans quoi ils ne pourront être remboursés. Dans tous les cas, une pièce justificative devra être présentée pour obtenir le remboursement de toutes les dépenses avancées;
  • Si une lettre d’invitation est nécessaire, le mentionner.

CRITÈRES DE SÉLECTION

  • Diversité de provenance géographique;
  • Diversité de genre;
  • Expérience et ancrage de la personne candidate;
  • Mission et réalisation de l’organisation représentée;
  • Diversité entre les générations.

SOUTIEN FINANCIER OFFERT

  • Coût du transport international
  • Hébergement
  • Per Diem pour la durée du séjour
  • Coût du visa

* Selon les dates prévues dans chaque catégorie de bourse.

** Le prolongement des dates de voyage sera possible, mais les frais de séjour au-delà de l’activité seront à la charge du participant.

DATE LIMITE POUR SOUMETTRE VOTRE CANDIDATURE

Mardi 18 juin 2019 à minuit, heure de Montréal

Les candidatures sont à envoyer en français, anglais ou espagnol, les trois langues parlées par le secrétariat de la FICDC, par courriel à l’adresse coalition@cdc-ccd.org

Objet du courriel : Candidature FICDC congrès de Montréal + nom de votre organisation.

POUR INFORMATION

Céline de Dianous : cdedianous@cdc-ccd.org

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie et de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Présentation du 6e Congrès de la FICDC

Le 6e Congrès de la FICDC à Lomé, Togo, se déclinera en une conférence panafricaine ainsi qu’une assemblée générale de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle.

Ce congrès permettra :

  • D’offrir aux associations culturelles africaines un forum d’analyse, de prospective, de dialogue et de proposition pour l’élaboration et la mise en œuvre de politiques culturelles;
  • De faire connaître la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, le rôle des principales organisations internationales actives, comme l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), les enjeux actuels pour la mise en œuvre de la Convention, ainsi que certaines innovations émanant de la société civile;
  • D’accroître la participation de la société civile africaine à la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles;
  • De favoriser la participation de la société civile africaine à la FICDC et de contribuer ainsi à une meilleure prise en compte de la réalité plurielle de la diversité des expressions culturelles à l’échelle mondiale, ainsi qu’à une meilleure représentativité de la FICDC;
  • De renouveler le conseil d’administration de la FICDC et d’établir les grandes orientations de l’organisation pour la période 2019-2023.

Conférence régionale : Perspectives panafricaines pour des politiques qui protègent et promeuvent la diversité des expressions culturelles

La consultation avec les membres africains de la FICDC a permis d’identifier l’objectif principal de cette conférence, qui sera d’appuyer le rôle des organisations de la société civile du continent africain pour la mise en œuvre de la Convention de 2005, dont l’une des conditions principales est l’adoption de politiques culturelles.

La conférence s’intéressera à la mise en œuvre de la Convention dans l’espace africain, aux avancées concernant les politiques culturelles, soit au niveau national ou régional, aux enjeux émergents de la diversité des expressions culturelles, aux innovations mises en œuvre pour affronter les défis actuels et futurs, et au rôle de la société civile.

Cette conférence d’une durée d’une journée et demie sera suivie par l’assemblée générale de la FICDC, ce qui offrira la possibilité d’une table-ronde avec des représentants Africains et non-Africains permettant de faire ressortir les meilleures pratiques en termes d’élaboration de politiques publiques. Une cinquantaine de participants et d’invités sont attendus pour cette conférence.

CONSULTER LE PROGRAMME

Assemblée générale de la FICDC

Cette activité sera ouverte aux membres réguliers ou associés de la FICDC. Comme plusieurs discussions d’orientation ont eu lieu au congrès de Montréal, il s’agira de confirmer ces orientations, d’aborder les actions à court terme, les enjeux administratifs et de renouveler le CA de la FICDC. L’assemblée se déroulera sur deux demi-journées et devrait rassembler environ 30 personnes.

Avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, de la Coalition française pour la diversité culturelle, de la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (Canada), du gouvernement du Togo, du gouvernement du Canada, de la Délégation générale du Québec à Dakar, et de la Coalition autrichienne pour la diversité culturelle.

Devenez membre de la FICDC et participez à son prochain Congrès

Si vous êtes membre d’une organisation culturelle, vous pouvez rejoindre la FICDC en tant que membre associé. Vous pouvez aussi vous regrouper avec d’autres organisations pour former une coalition nationale. Chaque personne peut également apporter son soutien individuel à la cause que nous défendons.

Le prochain Congrès de la FICDC aura lieu du 9 au 11 octobre 2019 à Lomé, au Togo. Le congrès donnera lieu à une rencontre régionale pour appuyer la concertation entre les acteurs culturels à l’échelle africaine et pour que soient mises en place des actions qui répondent aux défis du continent. Nous invitons tous les acteurs de la culture à y participer.

Envoyez nous un courriel si vous souhaitez devenir membre et participer au Congrès :
coalition@cdc-ccd.org

EN SAVOIR PLUS

5ème Congrès de la FICDC

La FICDC s’est réunie à Montréal pour son cinquième congrès international, les 26 et 27 octobre 2018.

Fondée le 19 septembre 2007 à Séville, en Espagne, la FICDC est la voix des professionnels de la culture à travers le monde. Ses coalitions membres représentent les créateurs, les artistes, les producteurs indépendants, les distributeurs, les radiodiffuseurs et les éditeurs dans les secteurs du livre, du cinéma, de la télévision, de la musique, du spectacle vivant et des arts visuels.

Depuis sa fondation à Séville, la Fédération a réuni son congrès international à Salvador de Bahia (Brésil) en 2009, Bratislava (Slovaquie) en 2012, Mons (Belgique) en 2015. Cette année, c’est le Canada qui a accueilli l’événement réunissant dix-huit délégués sur place et quatre à distance. Dix-neuf pays étaient représentés : Cameroun, Gabon, Mali, Niger, Ouganda, Sénégal, Tchad, Togo (Afrique), Argentine, Canada, Chili, Mexique, Paraguay (Amériques), Australie (Asie-Pacifique), Belgique, France, Royaume-Uni, Slovaquie, Suisse (Europe).

Ce qu’il faut retenir du Congrès de Montréal

La FICDC avait connu un ralentissement de son activité depuis le Congrès de Mons en 2015, son secrétariat ayant été vacant pendant presque deux ans. Organisé pour relancer les travaux de la FICDC, le Congrès de Montréal a permis de dégager de nombreuses pistes de réflexions et axes de travail pour les années à venir.

Au cours de la première journée, les membres de la FICDC ont évoqué la composition de l’organisation, ses moyens d’action, les possibilités de soutien aux coalitions nationales et leur nécessaire remobilisation au niveau régional autour d’actions ciblées. Ils ont aussi exprimé leur souhait de rebâtir la relation avec le secrétariat de l’Unesco et de s’investir dans les activités entourant la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Lors d’un tour de table, chacun a présenté les enjeux de la diversité culturelle dans son pays, les évolutions depuis la ratification de la Convention de l’Unesco, les avancées, les blocages, et la situation actuelle de chaque coalition.

L’Amérique du Sud, particulièrement mobilisée au moment de l’adoption de la Convention, a connu des changements politiques qui ont marqué le secteur culturel et affaibli les coalitions en place au cours des dernières années. Le manque de ressources complique la coordination entre les organisations de la société civile dans le domaine de la culture. Néanmoins, les membres de la FICDC saisissent chacune des opportunités qui se présentent pour participer aux révisions des lois, ou pour instaurer, comme au Chili, une journée nationale de la diversité culturelle.

En Afrique, la situation est aussi très liée au contexte politique de chaque pays. Pour plusieurs, l’enjeu est de dépolitiser la culture. Il y a un manque de moyens dans la région mais aussi un problème de gestion des fonds, qui ne sont pas toujours alloués à bon escient. Les échanges ont aussi permis de constater que la Convention est largement méconnue dans la plupart des pays et que les gouvernements doivent être sensibilisés à l’importance des clauses d’exemption culturelle dans les traités de commerce.

La situation de l’Asie-Pacifique, faiblement représentée lors de ce congrès, a permis d’exposer la problématique liée aux régimes autoritaires et aux enjeux de liberté d’expression qui touchent de nombreux artistes. L’enjeu territorial et linguistique rend l’action commune difficile mais plusieurs organisations maintiennent un dynamisme   et une activité certaine dans leur pays.

En Europe, l’accent est mis sur un renforcement des coalitions nationales pour une meilleure action en réseau. Comme au Canada, le développement du numérique et son impact sur la culture sont au cœur des préoccupations. Les coalitions se mobilisent aussi pour la reconnaissance de la spécificité des biens et services culturels dans les accords de commerce.

Un dialogue avec des représentants des  gouvernements du Québec et du Canada

Le congrès s’est poursuivi en présence de représentants des gouvernements canadien et québécois, venus rencontrer les membres de la FICDC.

Le gouvernement du Québec a identifié trois grandes priorités concernant la diversité des expressions culturelles : la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO dans le cadre du numérique, les enjeux du commerce international,  et la coopération internationale, notamment via le Fonds international pour la diversité culturelle (FICD) de l’UNESCO.

La présence de représentants du gouvernement canadien a ouvert une discussion sur le maintien de l’exemption culturelle dans le nouvel accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada. La déclaration France-Canada sur la diversité culturelle et l’espace numérique a aussi été évoquée.

L’échange a permis de souligner que l’appui des gouvernements à la CDEC et au travail de la FICDC est précieux et extrêmement bénéfique pour l’ensemble des organisations à travers le monde, et devrait être un exemple à être suivi dans les autres pays.

Enfin, cet échange a aussi été l’occasion de discuter de la mobilité des artistes et des moyens à mettre en œuvre pour améliorer leur circulation.

Le travail avec les milieux de la recherche

Des chercheurs ont été invités à se joindre aux délégués pour alimenter leur réflexion au cours de la deuxième journée du congrès. Véronique Guèvremont, de la Chaire Unesco sur la diversité des expressions culturelles, a présenté l’Étude sur la coopération internationale avec les pays africains francophones en vue de mettre en œuvre la Convention sur la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique, commandée par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec et menée dans cinq pays d’Afrique : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal.

Destiny Tchéhouali, chercheur au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM – Université du Québec à Montréal) a ensuite abordé ses travaux avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, en lien avec la gouvernance internationale d’Internet et la diversité des expressions culturelles à l’ère numérique.

La discussion s’est poursuivie sur l’importance d’une collaboration avec les chercheurs, notamment sur le partage de l’information (données statistiques, rapports nationaux) et les ponts à établir entre la FICDC et les différentes chaires de l’UNESCO, le milieu universitaire et des réseaux comme le Réseau international de juristes pour la diversité des expressions culturelles.

Les membres de la FICDC ont ensuite synthétisé leurs priorités et défini plusieurs axes de travail et projets pour l’année 2018-2019.

Le Congrès s’est clos par l’élection du conseil d’administration qui a maintenu les instances actuelles pour mieux préparer l’avenir. Le prochain Congrès de la FICDC se tiendra dans un pays africain à l’automne 2019.